Alexis Tsipras sworn in as Greek Prime Minister this afternoon


Syriza, le parti d’extrême-gauche qui a remporté hier les élections grecques, a conclu un accord de coalition avec le parti très à droite Grecs Indépendants (ANEL).

Le parti Grecs Indépendants est né de la séparation du parti de centre-droit Nouvelle Démocratie après des tensions internes et des désaccords majeurs sur les conditions d’austérités attachées aux aides financières accordées par la Banque Centrale Européenne (BCE), l’Union Européenne (UE) et le Fond Monétaire International (FMI).

Cette nouvelle coalition signifie que la Grèce va avoir un gouvernement sans les socio-démocrates du Pasok et sans la droite de Nouvelle Démocratie, une première depuis la fin de la junte militaire en 1974.

Syriza et le Parti Grecs Indépendants sont tous les deux opposés à l’austérité mais c’est à peu près tout. Le parti de droite a des vues conservatrices sur la majeure partie des questions sociales et a adopté une ligne très dure sur l’immigration notamment.

Panos Kammenos, le leader du parti Grecs Indépendant a annoncé à la presse que les deux partis avaient formé un accord de coalition mais que Syriza devait encore l’officialiser. Le parti d’extrême-gauche a prévu de l’annoncer après que Alexis Tsipras ait rencontré le président grec Karolos Papoulias.

Après avoir remporté 149 sièges au Parlement Syriza échoue à obtenir la majorité absolue à 2 sièges près. Le parti Grecs Indépendants gagne, quant-à-lui, 13 sièges. La coalition Syriza-Grecs Indépendant va très probablement rendre encore plus difficile les négociations avec les bailleurs de fonds de la Grèce : l’UE, le FMI et la BCE.

L’unique député européen du parti Grec Indépendants, Notis Marias, qui est le Vice-président du groupe ECR (Conservateur et Réformiste Européens) a démissionné du parti Grecs Indépendants plus tôt dans le mois (mais reste à l’ECR, selon le groupe). Les députés européens Syriza sont membres du groupe d’extrême-gauche GUE/NGL au Parlement Européen.

Devant ses militants, hier soir, Alexis Tsipras a déclaré que l’austérité était maintenant une chose du passé et que le programme des bailleurs de fonds (UE-BCE-FMI) allait être contesté. Ces déclarations mettent la Grèce sur une trajectoire conflictuelle avec ses créanciers qui ont avertis les politiciens du pays cherchant à se défaire des mesures d’austérités et des réformes structurelles à entreprendre en échange de deux renflouements de 240 milliards d’euros.

Alexis Tsipras a décrit les résultats des élections comme étant « une défaite pour la Grèce des élites et de l’oligarchie». Il a également tenté de minimiser les possibilités de conflits avec les créanciers de la Grèce.

Antonis Samaras, premier ministre depuis 2012, a reconnu hier la défaite de son parti de centre-droit Nouvelle Démocratie et a exprimé le souhait que le nouveau gouvernement respecte les engagements pris par la Grèce.

Alexis Tsipras ayant à plusieurs reprises promis de défaire des réformes importantes initiée par Samaras afin de percevoir les renflouements financiers. Il veut, par exemple, augmenter le salaire minimum ainsi que les droits à la retraite. Syriza veut également demander une dépréciation de la dette extérieure de la Grèce.

Cependant, bien que plusieurs ministres des finances de la zone euros aient indiqué qu’ils étaient prêts à accorder des ajustements mineurs, ils ont exclu tous changements majeurs. Les Etats de la zone euros détiennent aujourd’hui la majorité de la dette extérieure de la Grèce, qui représente 175% de son PIB.

La victoire de Syriza a été reçu par Gianni Pitella, le président du groupe des socio-démocrate au Parlement Européen par ces mots : « Le peuple grecs à clairement choisi d’arrêter l’austérité qui leur est imposée ». « La renégociation de la dette grecque et en particulier les conditions de ses renflouements ne devraient plus être considérés comme tabou. »

Manfred Weber, le président du groupe Parti Populaire Européen (EPP) au Parlement Européen a appelé la Grèce à honorer ses engagements aussi bien sur les mesures d’austérité que sur les réformes structurelles.

Affaire à suivre…

Pierre Fruitier-Roth


WUKALI 26/01/2015


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