Les travaux de fabrication par les maître-verriers de l’Atelier Simon-Marq des vitraux illustrant la Pentecôte, conçus par Claire Tabouret pour six chapelles du bas-côté sud de la nef de la cathédrale Notre-Dame de Paris, ont été présentés à Reims à Madame Catherine Pégard, ministre de la Culture. Leur avancement, conforme au calendrier prévu, permet de confirmer leur installation dans la cathédrale en fin d’année 2026.

Catherine Pégard, ministre de la Culture, accompagnée de Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris et de Philippe Jost, président de l’établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris, s’est rendue à Reims pour visiter l’Atelier Simon-Marq. Accueillie par Pierre-Emmanuel Taittinger et Philippe Varin, président et vice-président de l’Atelier Simon-Marq, et par l’artiste Claire Tabouret, elle s’est fait présenter par les maîtres-verriers les travaux de fabrication des nouveaux vitraux prévus pour six chapelles du bas-côté sud de la nef de Notre-Dame de Paris. L’installation des vitraux dans la cathédrale est confirmée en fin d’année 2026.
- Financé par l’État, ce projet associe création contemporaine, métiers d’art et savoir-faire patrimoniaux qu’il contribue à pérenniser.
- En parallèle, les opérations de désamiantage des six verrières déposées, de leurs remplages et des serrureries des baies, a débuté au pied de la cathédrale. Ces verrières seront ensuite restaurées puis exposées au public pour quatre d’entre elles au château de Pierrefonds (Oise) et pour deux autres à la Cité de l’architecture et du patrimoine (Paris 16e).
Lors de sa visite du chantier de Notre-Dame de Paris, le 8 décembre 2023, le président de la République a fait savoir qu’il donnait une suite favorable à la demande de Monseigneur Laurent Ulrich, archevêque de Paris, d’installer des vitraux contemporains illustrant la Pentecôte dans six chapelles du bas-côté sud de la nef.
Ces six nouvelles verrières remplaceront à la fin de l’année six verrières non figuratives – dites grisailles – datant des années 1860, qui, après restauration, seront présentées au public pour quatre d’entre elles au château de Pierrefonds (Oise) et pour deux autres à la Cité de l’architecture et du patrimoine (Paris 16e).
Cette commande publique, financée par l’État, a été engagée en avril 2024 par le ministère de la Culture. L’établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris, maître d’ouvrage, accompagné d’un comité artistique présidé par Bernard Blistène, ancien président du Musée national d’art moderne, composé de représentants de l’État, du diocèse de Paris et de personnalités qualifiées, a mené une consultation à partir d’un cahier des charges particulièrement détaillé. Ce cahier des charges, d’une part, a défini, en coopération avec les équipes du diocèse de Paris, le programme iconographique visant à incarner au mieux le sens et la portée de la Pentecôte, et, d’autre part, en lien avec les architectes, les prescriptions patrimoniales visant à garantir une insertion réussie dans le plein respect du monument. Ces prescriptions portent notamment sur l’emploi des techniques traditionnelles de vitrail, telles qu’un réseau de plomb et le maintien de la serrurerie existante, ainsi que sur l’équilibre des couleurs et des prop ortions.
Le 18 décembre 2024, le groupement constitué de l’Atelier Simon-Marq, fondé en 1640, à Reims, et de l’artiste Claire Tabouret est choisi pour réaliser les six nouveaux vitraux illustrant la Pentecôte qui orneront six chapelles du bas-côté sud de la nef de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Le groupement a pleinement pris en compte les prescriptions détaillées du cahier des charges, tant iconographiques que patrimoniales, garantissant la signification et la portée religieuses du projet et son insertion respectueuse du monument.
Les maquettes à l’échelle 1 de chacune des six verrières ont été réalisées au premier semestre 2025 par Claire Tabouret, permettant leur entrée en fabrication, à l’automne 2025, au sein de l’Atelier Simon-Marq, à Reims. Elles seront installées dans la cathédrale à la fin de l’année 2026. Elles dialogueront avec le vitrail représentant l’arbre de Jessé (1864), présent dans l’une des sept chapelles du bas-côté sud de la nef.
« Tout au long de ses plus de 860 ans d’histoire, Notre-Dame de Paris s’est enrichie des apports artistiques et religieux selon la sensibilité des époques qui se sont succédé, témoignant de sa vocation et de sa place unique à Paris, en France et dans le monde. Ce projet de six nouvelles verrières inscrit une nouvelle page dans cette histoire. Nous avons veillé à réunir toutes les conditions de sa réussite. Je me réjouis de constater aujourd’hui que les talents conjugués de Claire Tabouret et des équipes de l’Atelier Simon-Marq sont à la hauteur de cette ambition et en tiendront les promesses. » Philippe Jost, président de l’établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris
L’emplacement des verrières

Le calendrier
- 8 décembre 2023 : lors de la visite du chantier de Notre-Dame de Paris, le Président de la République annonce qu’il donne une suite favorable à la demande de Monseigneur Laurent Ulrich, archevêque de Paris, d’installer des vitraux contemporains illustrant la Pentecôte dans six chapelles du bas-côté sud de la nef
- Début 2024 : lancement du projet par le ministère de la Culture, dans le cadre d’une commande publique pilotée par l’établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris, maître d’ouvrage
- Décembre 2024 : désignation du projet lauréat, porté conjointement par l’artiste Claire Tabouret et l’Atelier Simon-Marq
- Automne 2025-Automne 2026 : réalisation des vitraux au sein de l’Atelier Simon-Marq, à Reims
- Octobre-novembre 2026 : installation des vitraux au sein de la cathédrale
- Décembre 2026 : dévoilement des vitraux
Les différentes étapes de fabrication des vitraux
- Le tracé à grandeur réelle (reproduction au sol de l’intégralité de la verrière)
Chacune des six maquettes dessinées par Claire Tabouret a été imprimée à l’échelle 1. Les mesures de chacune des baies (emplacement de la serrurerie, positionnement des pannetons axe à axe, écartements de pierre, etc.), prises sur place, dans la cathédrale, y ont été reportées. Les gabarits de forme de l’ensemble des pièces du réseau ainsi que les lancettes ont été positionnés les uns par rapport aux autres pour reproduire fidèlement la verrière au sol.
- Le chemin de plomb
Le chemin de plomb a une double fonction : technique (maintien des pièces) et esthétique (accompagnement des lignes de force du dessin). Un calque a été posé sur l’intégralité du carton. Le chemin de plomb a été dessiné sur le calque, à l’échelle 1, après avoir été conçu à l’échelle 1/20e. Cette étape a permis d’affiner les tracés.
- Le report sur un papier épais dit « papier à gabarit » et la découpe des calibres
Un papier épais dit « papier à gabarit » est positionné sous le calque. Le tracé du chemin de plomb a ainsi été reporté sur le papier à gabarit ainsi que, pour chaque pièce, les indications de couleurs. Les gabarits ont ensuite été découpés et regroupés par panneau (plusieurs panneaux composent une verrière), en prévision de la découpe des feuilles de verre.
- La découpe des pièces de verre
Chaque gabarit sert à couper les pièces de verre. Ce travail est réalisé à la main à l’aide d’un coupe-verre, muni d’une roulette en tungstène. Les éléments de sol des verrières sont quant à eux réalisés avec une machine de découpe au jet d’eau permettant des « mises en chef-d’œuvre » (l’insertion d’une pièce de verre dans une autre).
- La gravure
Les verres « plaqués » utilisés pour le projet sont constitués d’une tranche transparente dont les surfaces sont colorées à l’émail. Une fois coupée, chaque pièce de verre est gravée. La gravure consiste à nuancer la couche colorée pour obtenir, par exemple, un dégradé de couleur ou un effet de matière. Pour ce faire, chaque pièce est préalablement annotée. L’acide fluorhydrique est appliqué au pinceau dans des cabines sécurisées. Des verres « double-plaqués » peuvent être utilisés pour aller d’une couleur à une autre sans ajout de plomb entre les couleurs.
- La peinture
Les verres sont ensuite peints de manière à retranscrire fidèlement les maquettes dessinées par Claire Tabouret. Plusieurs couches de peinture sont appliquées sur le face interne de chaque pièce de verre. Une couche de peinture à la grisaille (appelée « dépoli ») est appliquée sur la face externe de chaque pièce de verre. Chaque couche nécessite une cuisson.
- Le montage (sertissage au plomb, masticage et séchage)
La dernière étape consiste à sertir au plomb l’ensemble des pièces de verre, en respectant scrupuleusement le chemin de plomb défini. Les pièces sont serties au plomb, soudées à chaque intersection, de chaque côté (interne et externe). Le masticage, réalisé au pinceau ou au pouce, assure l’étanchéité et la solidité du panneau. Le mastic est composé d’huile de lin, du siccatif, de craie et de suie selon une recette propre à l’Atelier Simon-Marq. Le mastic doit ensuite sécher un mois avant de permettre au panneau d’être mis en caisse ou d’être posé.
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