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JEFF KOONS, vente aux enchères à New York, collection privée et Big Money

par Pierre-Alain Lévy

Grandeur et servitude d’un artiste d’aujourd’hui

Pour certains il est l’homme au petit caniche de Versailles ou l’homme à la langouste selon les préférences, ce qui est sûr c’est que Jeff Koons, s’il sait faire parler de lui, est un artiste de notre temps et un homme de goût comme peuvent en attester les peintures et oeuvres de sa collection personnelle qu’il s’apprête à vendre en novembre prochain chez Christie’s à New York. Précisons cependant que l’artiste s’est voulu discret et qu’officiellement son nom n’apparait pas dans l’intitulé de la vente, coquetterie de star, peut-être ? Rappelons que Jeff Koons est l’artiste contemporain le plus coté.

Jeff Koons

Qu’est ce qu’un artiste, qu’est ce qu’un philosophe au demeurant ? Ne seraient-ce point les questions légitimes qu’on devrait se poser face au tohu bohu du mouvements des idées. La marchandisation de l’art comme investissement financier ( le bon vieux « père de famille») et produit (ô l’atroce mot !) de référence et image réflexe de celui qui la possède, plus encore les sommets vertigineux des prix atteints aux enchères, l’épisode peu glorieux s’il en fut du Salvatore Mundi de Léonard de Vinci dont nous avons abondamment parlé dans WUKALI, bref … ! «Dis-moi qui tu fréquentes je te dirais qui tu es », sagesse d’un proverbe français !

Hercule et Achéloos (1590) Cornelis Corneliszoon van Haarlem,

Les ventes de collections privées sont toujours intéressantes, elles sont en quelque sorte un focus qui met en lumière autant la personne qui se défait de ce qu’elle avait avec patience acquis au fil du temps, que bien entendu des artistes contemporains ou passés que cette dernière appréciait et des oeuvres il va de soi . Ainsi restent en mémoire les ventes des collections personnelles Picasso, Yves Saint Laurent et Pierre Bergé ou Gérard Depardieu pour ne citer en France que les plus fameuses.

C’est une vieille habitude et de tous les siècles de voir un artiste collectionner tout à la fois des oeuvres de ses contemporains, de se frotter ainsi à des sensibilités, des techniques ou des visions différentes. C’est aussi parfois une marque de révérence et de respect pour« l’autre », un adoubement en quelque sorte, et dans certains cas même un soutien financier discret. Ces collections sont incontournables de l’histoire de l’art, de la société et des hommes et quelles que soient les époques

Olécio partenaire de Wukali
Femme au tub (1878-1879).Édouard Manet. Pastel sur toile

Dans cette vente aux enchères new-yorkaise prévue pour le 17 novembre prochain et qui sans le moindre doute attirera du monde quelques records vont tomber… C’est en tous cas ce que laissent supposer les commentateurs les plus avertis. Le marketing des grandes maisons de vente est ainsi subtil ! Ainsi on estime à plus de 100 millions de dollars pour des oeuvres de Pablo Picasso, Édouard Manet, Tilman Riemenschneider, un sculpteur allemand de la Renaissance et Cornelis van Haarlem

On attend dans cette vente à venir à New York 40 millions de dollars pour Le Baiser, une peinture de Picasso datant de 1969. Koons avait acheté cette oeuvre chez Sotheby’s à New York en 2008 pour 17,4 millions de dollars. Un Hercule et Achéloos de 1590 du peintre hollandais Cornelis Corneliszoon van Haarlem, plus connu en français sous le nom de Corneille de Haarlem (1562-1638), devrait aussi atteindre un bon prix tout comme une Femme au tub (1878-1879) , un pastel sur toile de Édouard Manet.

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