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Histoire d’une statuette viking découverte au Canada

par Pierre-Alain Lévy

On dit des Français qu’ils sont nuls en géographie, on dit aussi qu’ils sont experts en politique… A voir les événements récents qui secouent notre actualité, nous serions plutôt enclins à considérer qu’encore une fois ces pseudo considérations sur les nations ne sont en fait que des fables pour les nuls voire des mystifications ! Mais c’est d’un tout autre sujet que nous souhaitons aborder et qui fait coexister côte à côte tout autant la recherche en géographie, l’art et la sociologie civilisationnelle.

Voyageons donc au Canada qui avec le Groenland apparaissent de plus en plus dans les débats géostratégiques dont nous sommes très friands et percutent nos analyses. Certes le sujet qui nous intéresse a trait à l’art, soit les arts premiers ou les arts autochtones.

Il s’agit d’une figurine en bois découverte en 1977 dans une ancienne habitation construite par les ancêtres des Inuits sur l’île de Baffin, dans le nord est du Canada. Wikipédia nous apprend ainsi que i’île de Baffin, « aussi nommée terre de Baffin (en inuktitut : ᕿᑭᖅᑖᓗᒃ, Qikiqtaaluk ; en vieux norrois : Helluland, « terre de la pierre plate ») est une des îles de l’archipel Arctique dans le passage du Nord-Ouest. » 

Cette sculpture unique représente une personne vêtue à l’européenne et portant une croix sur la poitrine. Datée de 1350, cette figurine est la plus ancienne représentation autochtone d’un Européen dans tout l’hémisphère occidental et représente probablement un Viking.

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Cette minuscule sculpture en bois flotté, actuellement exposée au Musée canadien de l’histoire dans la ville de Gatineau au Québec, ne mesure que 5,4 centimètres de haut. Selon le musée, le visage sans traits distinctifs et les bras trapus sont caractéristiques des sculptures inuites du XIVe siècle, mais la représentation d’un personnage non inuit est unique.

Vers l’an 1000, des explorateurs nordiques ont débarqué sur le territoire de l’actuelle Terre-Neuve et ont établi un campement sur un site que les archéologues appellent « l’Anse aux Meadows ». Des analyses basées sur le rayonnement cosmique et les cernes de croissance du bois (dendrochronologie) ont prouvé de manière absolue que des Vikings coupaient du bois sur ce site en l’an 1021. Des bâtiments en bois et des vestiges liés à la production de fer sont tout ce qui reste de la toute première colonie européenne sur le continent américain.

Les Vikings ont probablement effectué de multiples voyages entre le Groenland et le Canada au fil des siècles afin d’échanger du métal et du tissu avec les ancêtres des Inuits, connus sous le nom de Thuléens, et d’obtenir en échange de l’ivoire de morse, comme en témoignent les objets d’origine européenne découverts dans d’anciennes habitations inuites sur l’île de Baffin. Mais les Vikings ont fini par abandonner leurs routes commerciales vers l’ouest, peut-être en raison de la résistance des peuples autochtones et de la grande distance à parcourir.

Cette figurine en bois pourrait commémorer une rencontre entre les Inuits et les Vikings ; elle revêt une importance particulière car, selon le musée, elle a été réalisée bien avant l’établissement de contacts réguliers à la fin du XVe siècle. Elle constitue également le plus ancien témoignage du regard que portaient les peuples autochtones sur ces visiteurs venus de l’est, révélant ainsi quelles caractéristiques des Vikings l’artisan avait observées et jugé importantes de représenter.

C’est un navigateur viking du nom de Leif Erikson ( soit le fils d‘Erik le Rouge d’où son nom ) qui a découvert le premier la côte est de l’Amérique du Nord, celle ci à l’époque bénéficiant d’un climat plutôt chaud permettant la culture de la vigne et pour cette raison nommée Vinland.

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