Accueil Livres, Arts, ScènesHistoireLa bataille des Polices (Tome 3). Complots, viols, assassinats, poisons et trafics à la cour de Louis XIV

La bataille des Polices (Tome 3). Complots, viols, assassinats, poisons et trafics à la cour de Louis XIV

par Pierre-Alain Lévy

J’avais déjà écrit dans WUKALI, tout le bien que je pensais de la série « Les fantômes de Versailles » de Jacques Forgeas. Il faut dire que j’apprécie les romans policiers historiques quand l’auteur se base sur une documentation historique solide et, en plus, quand sont abordés des événements peu connus, c’est encore mieux !

Sous Louis XIV, qui n’a pas entendu parler de l’affaire des poisons, peu de personnes je pense ? Ce roman ne porte pas sur les empoisonnements de la marquise de Brinvilliers ou sur ceux de la Voisin, mais il n’empêche qu’à Versailles (et même à Paris), des femmes prennent une mystérieuse poudre blanche (dans des bonbonnières luxueuses en porcelaine), dépérissent et finissent par mourir, ce qui n’est pas sans rendre le roi particulièrement irrité. Soit, Versailles est dédié à la fête, à la joie, à l’insouciance, mais ces dames pour faire bonne mesure veulent retrouver l’éclat de leurs vingt ans ce qui leur est hélas fatal. 

Devant l’incurie totale de la police du roi dirigée par le marquis de Souches, et des fantômes sous l’autorité de Monsieur de Mareuil, Louis XIV, toujours inspiré par un Colbert malade voulant une vraie unification de la police, fait appel au lieutenant de police de Paris, Nicolas de la Reynie. Et bien sûr, avec leur chef, le commissaire Delamarre, nos deux inspecteurs Laruche et Torsac sont chargés de l’enquête. Le moins que l’on puisse dire c’est que leur venue à Versailles fait l’effet d’un cheveu dans une assiette de soupe, et personne n’est prêt à collaborer avec eux, voire font tout pour qu’ils quittent rapidement le château. En plus cette mission les détourne d’une enquête dans laquelle des jeunes filles sont retrouvées assassinées après avoir été violées. Leurs investigations les mènent dangereusement vers quelques « puissants » débauchés.

 A cela s’ajoute quelques espions au sein même du Châtelet qui surveillent leurs avancées, les fantômes de Versailles qui ont régulièrement une pointe d’avance et un mystérieux comte qui se prend pour un publiciste et qui diffuse des lettres, jusqu’au roi, dénonçant les turpitudes et la corruption à la cour. 

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Après bien des rebondissements dignes des meilleurs romans feuilletons du XIXè siècle, nos deux inspecteurs de choc verront leurs efforts couronnés de succès et le triomphe de la police du Châtelet sur celle de Versailles.

Mais revenons au début de cette recension, la vérité, enfin l’anecdote historique autour de ce pauvre Louis de Bourbon, comte de Vermandois, fils adultérin de Louis XIV et de Louise de la Vallières qui se rapprocha, dans tous les sens du terme de Monsieur, frère du roi et surtout du favori de ce dernier le chevalier de Lorraine. Sa participation à la « confrérie des italianisants » lui valut sa disgrâce, son exil en Normandie avant de mourir de maladie, à la guerre devant Courtrai à 16 ans. Anecdote historique loin d’être aussi connue que l’Affaire des poisons ! Mais anecdote bien mise en valeur avec bien entendu la marge d’imagination que doit se donner le romancier Jacques Forgeas. 

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