The famous André Campra was born in Aix

« Les Muses rassemblées par l’Amour » est une oeuvre composée par le compositeur aixois [**André Campra*], en l’honneur de sa ville en 1723. Elle fut joliment recréée par les Solistes, Grand-chœur & Orchestre baroque des Festes d’Orphée en 2014, et rejouée ce mardi 2 mai 2017 au théâtre du Jeu de Paume, petit théâtre à l’italienne inauguré en 1787, assurément le cadre idéal pour présenter l’œuvre de Campra. Une heure de musique, joyeuse, festive, irrésistible. A la direction, le spécialiste des maîtres baroques Provençaux, [**Guy Laurent*], un musicien passionné qui, depuis 1986, a entrepris avec les Festes d’Orphée, de redonner vie aux répertoires oubliés de la Provence historique.

Le plus célèbre compositeur aixois de l’ère baroque, Campra, dirigeait ses muses à [**Aix*], en 1723. Le ballet mis en musique est repris aux Tuileries à Paris, en 1728. Puis, la partition fut égarée, perdue, oubliée et fort heureusement ramenée à la vie grâce à un musicologue nîmois, [**Jean-Philippe Goujon,*] qui la retrouva dans un carton mal archivé, sans étiquette, parmi les joyaux du fonds musical de la Bibliothèque de l’Arsenal à Paris. Trois cent ans plus tard, la voici, plus belle que jamais ! Un miracle.

Un formidable travail a été effectué pour faire revivre cette musique et les mélomanes ont su apprécier à sa juste valeur cette merveille du passé ressuscitée. Aujourd’hui encore, Campra sait plaire au grand public. Pourquoi ne pas la jouer au Festival d’Aix ? Une telle œuvre jouée, dansée en costumes d’époque y aurait sa place, assurément.
Une musique d’hier qui sonne tellement juste de nos jours. On y célèbre l’amour, la fête, la danse, la vie. Une vie qui revient, après la mort. Cela fait écho en nous, en ces temps troublés ! À l’époque, c’était la peste qui infestait la Provence.

Venue de Marseille, elle ravage la Provence en 1720 : Aix – ville natale d’André Campra – n’est pas épargnée. En 1723, afin de célébrer la fin du fléau, l’Académie d’Aix commande une idylle en musique à deux de ses membres : [**Perrin*] et [**Campra*].
Les auteurs y exaltent la paix et le bonheur retrouvés, en cette capitale des arts et de l’amour, convoquant de grandes figures mythologiques au service du monde idéal de la « pastorale ». Des personnages hauts en couleurs, L’Amour, Mars, Erato, Euterpe, Apollon… Choeur de Musiciens et de Musiciennes, Chœur de Muses, les voix s’élèvent pour célébrer la vie.

En première partie du concert étaient proposés des Extraits de l’ Orfeo nell’inferi du Carnaval de Venise de Campra, une musique fraîche, légère, inventive qui donne le ton sur ce qui nous attend. « Les Muses rassemblées par l’amour » donnée à la suite, est une œuvre élégante, raffinée, pleine de charme et de gaîté. On s’est réjoui du bis de l’ouverture de la scène première, offert à l’issu du concert, plus joliment interprété encore, plus assuré. Les voix des chanteurs solistes, figures mythologiques nous enchantent. On est aussi impressionné par les chœurs qui proposent une interprétation pleine de couleur, de caractère. L’esprit Campra est là. Certes, il y a quelques petites imperfections, mais nous n’écoutons pas le CD, certes un précieux objet qui gomme les défauts, nous sommes en concert, et le moment magique. L’engagement quasi « physique » des Festes d’Orphée est à la hauteur de nos espérances. Il a chez tous ces chanteurs et solistes, cette capacité à nous émouvoir, plus forts encore de leur expérience, nous le disions, suite à l’enregistrement qui pérennisait l’œuvre, il y a deux ans, « Tout est resté frais dans notre mémoire. Le texte et la musique nous sont revenus, les répétitions se sont déroulées tout naturellement » confie une choriste. On apprécie encore des passages instrumentaux, bien ciselés, climat de douceur accompagné de flûtes apaisantes. Les violons, les cuivres, les cordes, sans oublier des instruments rares, des instruments anciens qui donnent à l’ensemble des couleurs et vibrations somptueuses, tous excellents sous la conduite de leur chef. Ces muses auraient pu se danser. On aurait adoré !

[**Pétra Wauters*]

[( Les Festes d’Orphée ont fait renaître ces Muses (re-créées en Juillet 2014). Nous recommandons le CD, que l’on peut écouter en boucle, sans jamais se lasser ! Enregistrement (2015). En première partie : Extraits de l’Orfeo nell’inferi du Carnaval de Venise (1699) d’André Campra : Sinfonia / Danses / Chœur final Si canti

Solistes, Grand-chœur & Orchestre baroque des Festes d’Orphée
Solistes : Laure Bonnaure, Nathalie Di Fusco, Catherine Soubrouillard, Céline Urbaniak (dessus) Maximin Marchand (alto), Rémi Beer-Demander (taille), Gilles Schneider (concordant) Grand-chœur
Orchestre baroque : Vingt-quatre instrumentistes (instruments copies d’ancien – diapason 415) Myriam Cambreling (premier violon) / Franck Lépinasse (premier violoncelle) Corinne Bétirac & Brigitte Tramier (clavecins)

Présentée dans le cadre idéal du Théâtre du Jeu de Paume, elle rassemble Les Festes d’Orphée au grand complet, pour une heure de musique festive, joyeuse & colorée.
Solistes : Laure Bonnaure, Nathalie Di Fusco, Catherine Soubrouillard, Céline Urbaniak (dessus) Maximin Marchand (alto), Rémi Beer-Demander (taille), Gilles Schneider (concordant) Grand-chœur
Orchestre baroque : Vingt-quatre instrumentistes (instruments copies d’ancien – diapason 415) Myriam Cambreling (premier violon) / Franck Lépinasse (premier violoncelle) Corinne Bétirac & Brigitte Tramier (clavecins)

Les Muses rassemblées par l’Amour – André Campra, est le fruit d’un partenariat exemplaire entre Aix-Marseille Université & Les Festes d’Orphée, collaboration entre chercheurs-praticiens, au bénéfice de la formation des étudiants (conférences, ateliers… ) pour une culture en mouvement, en direction du plus grand nombre. Monsieur Ferrando, porteur du projet, a chaleureusement félicité les acteurs de cette aventure.

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Contact : redaction@wukali.com
WUKALI 04/05/2017

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