The flutist and the pianist playing on stage in Aix en Provence

Un concert qui fera date, ce mardi 3 avril 2018 au Conservatoire Darius Milhaud d’Aix en Provence. [**Khatia Buniatishvili*] était en duo avec un autre habitué des soirées musicales du Festival d’Aix, le flûtiste [**Emmanuel Pahud*]. La pianiste est connue pour son tempérament de feu qui l’a propulsé très jeune sur les plus grandes scènes du monde ; Emmanuel Pahud est admis à 22 ans au prestigieux Philharmonique de Berlin. Ce flûtiste hors-pair fait également une carrière internationale. Retrouver les deux musiciens en tandem, c’est phénoménal !

Quel duo, quel beau couple de musiciens! Ils ont offert un récital saisissant de maîtrise. Et puis, il faut la voir faire son entrée sur scène la belle Khatia Buniatishvili ! Dans sa robe rouge moulante qui brille de mille feux. Elle est pétillante radieuse et quelle présence ! Justement, d’aucuns pensent que la pianiste est souvent trop présente dans son jeu et très libre dans ces interprétations, mais ce soir-là, on ne peut en aucun cas lui reprocher une mise en avant de sa personnalité de braise. Mardi soir, les deux musiciens ont dévoilé en chœur et à l’unisson l’étendue de leur virtuosité au service des œuvres musicales. Tout était accompli pour livrer la pensée du compositeur dont ils se faisaient les interprètes. Khatia Buniastishvili est une grande pianiste, habitée par sa musique et surtout, à l’écoute de ses partenaires de duo. Et ce soir-là, Emmanuel Pahud, a gagné, si besoin était, le cœur des mélomanes. Leur complicité s’entendait, se voyait, se sentait, et cette alchimie est assurément le fruit d’un formidable travail. Emmanuel Pahud est le digne héritier de [**Roger Bourdin*] ou encore de [**Jean-Pierre Rampal*] et l’un des meilleurs flûtistes du monde. Il est aussi à l’origine de transcriptions pour son instrument qui n’ont pas fait subir de métamorphoses à l’œuvre, mais qui, et c’est un trait de génie, ont su laisser tout le mérite à la création.


Le programme avait de quoi nous réjouir. Oeuvres virtuoses ou encore poétiques et romantiques, il y en avait pour tous les appétits musicaux.

Le répertoire [**Schumann*] leur va bien, la Fantasiestücke, op.73 est une œuvre touchante qui donne les frissons. Même bonheur à l’écoute des Variations pour piano et flûte en mi mineur sur un thème de «  La Belle Meunière « , D 802. La flûte et le piano se partagent la vedette. Belle expressivité apportée par la flûte. On aime la douceur d’interprétation. Des échanges se tissent. De la grande virtuosité du piano, on passe à une agilité extraordinaire du flûtiste.

Prélude à l’après midi d’un faune est un véritable tableau sonore, une belle retranscription du poème de Mallarmé. On est dans la forêt, atmosphère magique et jeux de lumière apportés par ces sons lumineux et ces notes tourbillonnantes. Et c’est ce que l’on aime chez [**Debussy*]. Il traite les instruments de son orchestre comme un peintre sa palette. Chaque couleur est posée avec soin.

Dans le Syrinx pour flûte seule, Syrinx, du nom de la nymphe, le musicien semble avoir une rapport privilégié avec son instrument. Il nous livre toute la richesse expressive que peut apporter sa flûte dans ce solo au lyrisme intense et sensuel. De plus, joué dans le noir, c’ est féérique !

Les sons s’envolent littéralement. Et justement, on les capte d’autant plus que nous sommes plongés dans l’obscurité. Ils se font tour à tour vifs, indolents, purs, spirituels, légers, joyeux… C’est remarquable d’expressivité et traduit l’atmosphère alanguie qui régnait déjà dans le prélude à l’après midi d’un faune.

[**César Franck*], sonate pour en la majeur, FWV 8. Le sommet. l’Everest de la soirée ! C’est sans doute une des œuvres les plus connues du répertoire, ici, transcrite pour flûte et piano. C’est une œuvre complexe et tellement riche. On admire la grande beauté et fluidité de la mélodie. Lorsque des thèmes s’opposent, ils se réunissent joliment, dans une atmosphère de grande sérénité. Oui, cette sonate apaise et réconforte même si on passe par quelques séquences musicales douloureuses ou encore mélancoliques.
On est encore sous le charme de l’interprétation du tandem, soucieux de rendre le délicat équilibre souhaité par César Franck. C’est remarquable d’élégance, de passion et de tendresse. Ce soir-là, on a oublié que cette œuvre était à l’origine pour piano et violon. La flûte nous a irrésistiblement séduits, enivrés.

[**Pétra Wauters*]


Festival de Pâques d’Aix-en-Provence: Programme

Illustration de l’entête: photo Caroline Doutre


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WUKALI 05/04/2018)]

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