Poème de Goëthe, traduction en français en bas de page, suivie de l’interprétation par Dietrich Fischer-Dieskau du lied de Schubert

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Der Erlkönig

Wer reitet so spät durch Nacht und Wind ?

Es ist der Vater mit seinem Kind ;

Er hat den Knaben wohl in dem Arm,

Er faßt ihn sicher, er hält ihn warm.


Mein Sohn, was birgst du so bang dein Gesicht ?-

Siehst Vater, du den Erlkönig nicht ?

Den Erlenkönig mit Kron und Schweif ?-

Mein Sohn, es ist ein Nebelstreif. –


« Du liebes Kind, komm, geh mit mir !

Gar schöne Spiele spiel ich mit dir ;

Manch bunte Blumen sind an dem Strand,

Meine Mutter hat manch gülden Gewand. »


Mein Vater, mein Vater, und hörest du nicht,

Was Erlenkönig mir leise verspricht ?-

Sei ruhig, bleibe ruhig, mein Kind !

In dürren Blättern säuselt der Wind.-


« Willst, feiner Knabe, du mit mir gehn ?

Meine Töchter sollen dich warten schön ;

Meine Töchter führen den nächtlichen Reihn

Und wiegen und tanzen und singen dich ein. »


Mein Vater, mein Vater, und siehst du nicht dort

Erlkönigs Töchter am düstern Ort ?-

Mein Sohn, mein Sohn, ich seh es genau :

Es scheinen die alten Weiden so grau.-


« Ich liebe dich, mich reizt deine schöne Gestalt ;

Und bist du nicht willig, so brauch ich Gewalt. »

Mein Vater, mein Vater, jetzt faßt er mich an !

Erlkönig hat mir ein Leids getan !


Dem Vater grauset’s, er reitet geschwind,

Er hält in den Armen das ächzende Kind,

Erreicht den Hof mit Mühe und Not ;

In seinen Armen das Kind war tot.


Johann Wolfgang von Goethe. (1749-1832)


Le Roi des Aulnes


Quel est ce cavalier qui file si tard dans la nuit et le vent ?

C’est le père avec son enfant ;

Il serre le jeune garçon dans son bras,

Il le serre bien, il lui tient chaud.


Mon fils, pourquoi caches-tu avec tant d’effroi ton visage ?

Père, ne vois-tu pas le Roi des Aulnes ?

Le Roi des Aulnes avec sa traîne et sa couronne ?

Mon fils, c’est un banc de brouillard.


« Cher enfant, viens donc avec moi !

Je jouerai à de très beaux jeux avec toi,

Il y a de nombreuses fleurs de toutes les couleurs sur le rivage,

Et ma mère possède de nombreux habits d’or. »


Mon père, mon père, et n’entends-tu pas,

Ce que le Roi des Aulnes me promet à voix basse ?

Sois calme, reste calme, mon enfant !

C’est le vent qui murmure dans les feuilles mortes.


« Veux-tu, gentil garçon, venir avec moi ?

Mes filles s’occuperont bien de toi

Mes filles mèneront la ronde toute la nuit,

Elles te berceront de leurs chants et de leurs danses. »


Mon père, mon père, ne vois-tu pas là-bas

Les filles du Roi des Aulnes dans ce lieu sombre ?

Mon fils, mon fils, je vois bien :

Ce sont les vieux saules qui paraissent si gris.


« Je t’aime, ton joli visage me charme,

Et si tu ne veux pas, j’utiliserai la force. »

Mon père, mon père, maintenant il m’empoigne !

Le Roi des Aulnes m’a fait mal !


Le père frissonne d’horreur, il galope à vive allure,

Il tient dans ses bras l’enfant gémissant,

Il arrive à grand peine à son port ;

Dans ses bras l’enfant était mort.


traduction : Xavier Nègre


ECOUTER VOIR

Dietrich Fischer-Dieskau chante «Le roi des Aulnes» de Schubert. D328. Bouleversant !

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