C’est une fantastique exposition qui vient de s’ouvrir à Londres à Buckingham Palace. En effet pour la première fois les dessins anatomiques de Léonard de Vinci appartenant à la Collection royale sont exposés au public. La collection royale possède 600 dessins de Léonard dont 268 planches anatomiques ce qui en fait la plus importante au monde.

Pendant très longtemps, soit plusieurs siècles, ces dessins étaient restés inconnus ou plus exactement n’avaient pas suscité l’attention des spécialistes.
A la mort de Léonard en 1519, cette masse de feuilles diverses fut tout bonnement ignorée. Ils apparaissent aujourd’hui non seulement comme de merveilleuses oeuvres d’art mais ils révèlent une connaissance scientifique étonnamment parfaite de l’anatomie, et anticipent aussi des observations et des découvertes postérieures.

À telle enseigne, Léonard à l’évidence avait découvert le fonctionnement de la circulation sanguine, il considérait la peinture comme une des formes de la science. À Florence il allait d’hôpital en hôpital pour se livrer à des travaux de dissection, tant sur l’homme que sur l’animal ( à cette époque d’ailleurs on ne faisait aucun distinguo entre les deux). Puissant était son souci de rester au plus près de la nature et d’en comprendre ce qui à l’époque constituait le mystère de la vie. Bien avant William Harvey (1578-1657) il comprend, grâce à ses expériences qu’il réalise sur un coeur de boeuf, le système circulatoire . Pour ce faire il injecte de la cire fondue dans le coeur de boeuf et ensuite à partir de la pièce moulée il fabrique un modèle en verre à l’intérieur duquel il y introduit des graines afin de comprendre le mouvement des fluides. Il en déduit que le gonflement observé provoquait la fermeture aortique après chaque battement du coeur. Stupéfiant quand on sait que cette théorie a été validée en 1912!

Sa curiosité scientifique et intellectuelle est sans borne. L’hiver 1508-1509 le hasard le met en présence d’un vieil homme qui va mourir, il écrit: «et ce vieil homme me dit quelques heures avant sa mort, qu’il avait plus de cent ans, qu’il n’y avait rien qui allait mal dans son corps si ce n’est que de la faiblesse… Et je le disséquais pour voir la cause de d’une mort si douce».

Léonard établit la première description et le diagnostic d’une occlusion coronaire vasculaire, soit le blocage partiel d’une artère, de même que de l’artériosclérose, ou un durcissement des artères , et une cirrhose du foie.

De nombreuses planches présentent des dessins de muscles, une des plus fameuses représente un foetus à l’intérieur de la matrice.

On trouve aussi une étude de chacun des os du squelette avec 240 petits dessins explicatifs. Des notices rédigées dans cette écriture si unique de Léonard de Vinci (c’est à dire écrite à l’envers, en reflet de miroir) occupent l’espace entre chaque dessin.

L’histoire de cette collection de dessins d’anatomie de Léonard est aussi pareillement incroyable.

– A sa mort le 2 mai 1519, (il a 67 ans) au château du Clos Lucé en France près de Blois (la tradition voudrait qu’il expirât dans les bras de François Ier), c’est son assistant Francesco Melzi, qui gère son patrimoine artistique.

Le fils de ce dernier vend un grand nombre de papiers du maître au sculpteur Pompeo Leoni qui rassemble dans un vaste album tous ces dessins anatomiques lequel se retrouve acheté par le roi d’Angleterre Charles II en 1670.

87 de ces dessins font l’objet de l’exposition présentée à la Royal Collection à Buckingham Palace

«Leonardo da Vinci: Anatomist» The Queen’s Gallery

Jusqu’au 7 octobre 2012.


Timothy Orpington correspondant à Londres pour Wukali en collaboration avec Pierre-Alain Lévy



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