Le Cercle lyrique de Metz organise son second colloque les samedi 9 et dimanche 10 mars 2013 dans la grande salle de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole. Pas moins de 9 communications et un concert lyrique. Entrée libre et gratuite.


L’éditorial de Georges Masson, Président du Cercle lyrique de Metz.

Lors du premier colloque de novembre 2009, le Cercle Lyrique de Metz, qui célébrait alors le 30e anniversaire de sa fondation par Daniel Vorms, était ciblé sur l’opéra, dont les neuf contributeurs évoquèrent sa définition, sa mise en scène, sa modernité, l’analyse de ses enregistrements discographiques. Il traitait également des sources littéraires des livrets d’opéras, de l’avenir des jeunes chanteurs lyriques, du théâtre des passions, des soubresauts lyriques survenus au théâtre de Metz pendant la Révolution française, de même que l’avenir de l’art lyrique en France et de ses maisons d’opéra.

L’opéra du sourire

Le C.L.M. a souhaité, pour ce second colloque, aborder un aspect plus souriant de l’art lyrique qui est, lui aussi, riche dans sa diversité comme dans ses évolutions. On ne pouvait cependant être exhaustif et pister toutes les formes et tous les masques que revêt le théâtre lyrique léger, disons le volet ensoleillé de ce patrimoine musical. Lequel a été défini d’une manière assez cocasse par un certain nombre de compositeurs, dont Claude Terrasse, l’auteur des « Travaux d’Hercule » disant subtilement que « l’opéra-comique était une comédie en musique tandis que l’opérette était une pièce musicalement comique », alors que Camille Saint-Saëns en avait une définition bien plus coquine, qui énonçait que « l’opérette était une fille de l’opéra qui a mal tourné, mais que les filles qui tournent mal ne manquent pas d’agrément ! ». Signé Saint-Saëns.

Et pourtant, les oiseaux de mauvais augure ont souvent annoncé la mort de cet art que d’aucuns ont qualifié de ringard. Tout au contraire, l’opérette, insolente et moqueuse, pleine de gaîté et d’humour, ainsi que ses cousines, la comédie musicale, l’opéra-bouffe, la zarzuela, l’opérette viennoise, ont leurs adeptes qui leur trouvent bien des agréments quand l’on considère qu’elles remplissent les salles, de Paris comme de province. Sans oublier les festivals de théâtre d’opérettes que souvent on ignore. C’est le cas du Festival d’opérette de Lyon, de celui d’Aix-les-Bains, de Nice, de Lamalou, et d’autres villes de l’Hexagone, ainsi que de certaines maisons d’opéra

Huit contributeurs et leurs communications

Ce colloque qui comporte cinq communications le samedi 9 mars, et quatre le lendemain dimanche, sera tout d’abord introduit par Christiane Stutzmann, la marraine de ce colloque, qui apportera une définition de la notion de théâtre lyrique léger, avant d’analyser, dans sa première communication du samedi, les différentes catégories vocales où le chanteur ne choisit pas sa voix mais subit les règles physiologiques de la nature, contrairement à ce que l’on pourrait penser. C’est donc son instrument vocal qui définira son rôle au théâtre. Et des exemples discographiques accompagneront son exposé, tout comme les autres conférenciers illustreront les leurs.

Lui succédera la subtile analyse de Patrick Thil qui détaillera les trois temps de l’opérette viennoise dans son contexte musical, économique puis social parfois tumultueux, la naissance antérieure de l’opérette en France qui a influencé Vienne, la capitale impériale ; puis il rapprochera les trois temps de l’opérette viennoise des trois temps de la valse : Suppé, Strauss et l’esprit fin de siècle.

Jean-Philippe Heberlé nous expliquera, quant à lui, ce que la comédie musicale américaine, qui est le produit de la fusion de diverses influences, aura apporté d’original en termes de création artistique au répertoire chanté.

On sera également très intéressé par l’historique que fera Jean-Pierre Pister, sur les enregistrements portant sur le lyrique léger, depuis l’époque du 78 tours, puis à l’apparition du microsillon qui permet les gravures intégrales, toutefois limitées aux cadre des marchés nationaux, et jusqu’à l’époque des grandes productions visant la distribution internationale.

Pour clore cette première journée, Jean-Pierre Vidit examinera, sous un angle particulier, la production de Jacques Offenbach, omniprésente sur les scènes européennes, mais dont il désignait ses 170 ouvrages du nom d’opéras-bouffes, sans vouloir leur donner l’appellation d’opérette, un terme à connotation considérée comme péjorative, en insistant sur le ressenti du musicien de n’avoir pas été reconnu comme compositeur à part entière.

…Et le concert lyrique de clôture

Au programme du dimanche, quatre communications.

Georges Masson a inséré dans ce colloque, le compositeur messin Gabriel Pierné à l’occasion du 150e anniversaire de sa naissance célébré cette année par la Ville de Metz, afin de mettre en exergue sa production lyrique composée de douze ouvrages, entre opéras-comiques et comédie musicale à la française, et qui mériteraient une réévaluation, tout comme d’autres oeuvres de ses contemporains.

Roger Lévy qui a conservé les souvenirs de son père, chef de chant à l’Opéra-Comique de Paris entre 1910 et 1955, livrera les anecdotes ainsi que les traits de la personnalité de certains chanteurs célèbres alors et dont il fut le mentor.

Le colloque voyagera dans le monde de la zarzuela dont Danielle Pister est une spécialiste qui en contera l’évolution, et dont les caractères distinctifs remontent au XVIIe siècle, avant de traverser les stades d’évolution de ce genre lyrique typiquement espagnol, et qui a su s’adapter aux différentes périodes de cheminement en regard des événements historiques mouvementés qu’elle a franchis.

Christiane Stutzmann bouclera la boucle du dimanche, de ce 2e volet du colloque en nous définissant, dans sa seconde communication, ce genre typiquement français qu’est l’Opéra-comique, une forme lyrique qui inspirera toute l’Europe.

Le C.L.M. accueillera pour finir, le public, toujours dans la grande salle, au récital lyrique de clôture du colloque, et donné avec le concours de la soprano Julie Mossay accompagnée par Jean-Philippe Navarre, le directeur du Conservatoire de région du Grand Nancy. Ce sera en quelque sorte, un « Tour d’Europe du Théâtre lyrique léger » avec des airs belge, italien, allemand, espagnol et français. Toutes les manifestations sont à entrée libre, des communications au concert lyrique.

Le comité du Cercle Lyrique de Metz sera heureux d’accueillir les passionnés de théâtre chanté, auquel il souhaite d’ores et déjà un bon week-end de divertissement, dans cette vénérable institution qu’est l’Opéra-Théâtre sous l’égide de Metz Métropole, dont il remercie leurs responsables ainsi que nos partenaires, de permettre à ce colloque de mettre en lumière, une petite partie du vaste patrimoine du théâtre lyrique léger.

N’a-t-on pas chiffré à 20.000, le nombre d’opérettes composées en Europe ?

Georges MASSON, Président du C.L.M


Illustration de l’entête. « La Vie Parisienne ». CoProduction Angers Nantes Opéra, Opéra national de Lorraine, Folies Lyriques. Photo Jef Rabillon


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