Tremendous exploration beyond most expectations and rational dreams.


Lu dans la presse: Le Figaro.


La sonde de la Nasa Voyager 1 aurait finalement bien quitté la zone d’influence de notre soleil, selon une nouvelle étude américaine. Le symbole serait très fort puisque l’engin voyagerait désormais dans une zone totalement inconnue: l’espace interstellaire, composé de gaz galactique et non plus de particules solaires. Cette annonce publiée dans la revue Astrophysical Journal Letters est assez controversée car elle contredit la position officielle des responsables de la mission de la Nasa, selon lesquels la sonde ne serait pas sortie de la zone d’influence du Soleil, l’héliosphère, mais serait encore dans une sorte de no man’s land spatial, une mystérieuse zone tampon que personne ne sait bien expliquer.

Trente-six ans après leurs lancements depuis la Floride, les sondes Voyager 1 et 2 continuent encore de fonctionner et ont depuis bien longtemps laissé derrière elles les dernières planètes du Système solaire. Plus rapide que sa jumelle, Voyager 1 est aussi la plus lointaine, actuellement à 18,7 milliards de kilomètres de la Terre.

Pas de basculement du champ magnétique

Les astrophysiciens Marc Swisdak et James Drake, de l’université du Maryland, et leur collègue Merav Opher, de la Boston University, ont mis au point un modèle théorique décrivant les confins de notre système solaire. Il parvient enfin à expliquer les enregistrements contradictoires envoyés depuis un an par la sonde. D’après eux, Voyager 1 a franchi l’héliopause, la dernière frontière du Système solaire en juillet 2012, confirmant ce qu’affirmait déjà l’été dernier l’astrophysicienne française Rosine Lallement, de l’Observatoire de Paris, après avoir observé une forte hausse du flux de particules cosmiques avec l’un des détecteurs de la sonde américaine. Ce flux de particules cosmiques, émis à des années-lumière par des explosions d’étoiles, qui prend la place des particules éjectées par le Soleil, était l’un des signaux attendus pour marquer la sortie du Système solaire.

En revanche, Voyager n’a pas enregistré l’autre changement prévu, un basculement de la direction du champ magnétique. Une surprise qu’aucun modèle théorique de cette région de l’espace ne savait expliquer, jusqu’aux derniers travaux de l’équipe du Maryland et de Boston. L’absence de variation du champ magnétique avait incité Ed Stone, astronome vétéran de 77 ans du California Institute of Technology et tout-puissant patron des missions Voyager, à la prudence et à affirmer que la sonde n’avait pas encore franchi la frontière.

«Le modèle de l’héliosphère qui est proposé par cette équipe américaine regarde ce qui peut se passer à un niveau très local et trouve que la frontière n’est pas lisse, mais comme poreuse, avec des filaments et des bulles, créés par des phénomènes de reconnexion magnétique, explique Rosine Lallement. Et effectivement, avec ce modèle, qui n’est pourtant pas totalement satisfaisant, on peut avoir franchi la frontière sans que le champ magnétique bouge pendant un certain temps.»

Ed Stone, responsable scientifique de la mission, n’a pas voulu juger la qualité de ce nouveau modèle théorique, assurant seulement que «ce modèle de connexion magnétique va servir à la discussion entre scientifiques».

Rosine Lallement espère de son côté qu’un consensus sur la sortie du Système solaire pourra émerger lors du grand congrès de l’American Geophysical Union, fin décembre à San Francisco.

Cyrille Vanlerberghe


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