Metz and Music, each starts with an M


Deux événements majeurs de la vie musicale messine, tout d’abord Jeudi 20 novembre à 20h à L’Arsenal le War Requiem de Benjamin Britten, puis à l’Opéra-Théâtre de Metz-Métropole, Vendredi 22 à 20h, dimanche 24 à 15h et mardi 26 à 20h, Lakmé opéra de Léo Delibes.


Cette année 2013 voit la commémoration de nombreux artistes et musiciens au titre desquels le centenaire de la naissance de Benjamin Britten, compositeur anglais (1913-1976).

Indubitablement un des plus grands compositeurs du 20ème siècle, l’oeuvre de Britten est assez mal connue en France bien que fort riche (14 opéras, (Peter Grimes, Billy Budd, Mort à Venise etc, musique liturgique, musique vocale, musique instrumentale et musique de chambre).

Le concert qui sera donné à l’Arsenal de Metz constitue en soi un événement. Le War requiem sera joué par le Deutsche Radio Philharmonie Saarbrücken Kaiserslautern
sous la direction de Ralf Otto avec Susanne Bernhard soprano, Christoph Prégardien ténor, Thomas et E. Bauer baryton

Chœurs sous la Bachchor Mainz
Chor der Hochschule für Musik Mainz
Knabenstimmen des Mainzer Domchores, (Répétitions Karsten Storck)

Le War Requiem est une énorme symphonie chorale, dans laquelle il faut voir un chef-d’œuvre du vingtième siècle, écrit lorsque Britten approchait de la cinquantaine. Ce fut un grand plaidoyer contre la guerre et pour la réconciliation des peuples. 50 ans après, l’œuvre est toujours aussi fascinante, toujours aussi bouleversante. Britten rapproche le texte latin du Requiem, de foi et de compassion, avec les poèmes de Wilfried Owen, soldat au milieu du terrible carnage de 1914/1918. Cette composition magistrale réunit à la fois un grand orchestre et un orchestre de chambre, un grand chœur et un chœur d’enfants ainsi que trois solistes, pour clamer la tragédie humaine que fut la « der des der« , et hélàs après elle, toutes les autres

Commandée pour l’inauguration de la cathédrale de Coventry reconstruite après sa destruction au cours de la seconde guerre mondiale, cette œuvre fournit à Benjamin Britten l’occasion d’écrire un réquisitoire contre la guerre et un hommage à toutes ses victimes.

Analyse de l’oeuvre

Combinant le texte liturgique du ″Requiem″ et des poèmes de Wilfred Owen (1893-1918), poèmes écrits au front de la 1ère guerre mondiale, ce ″War Requiem″ oppose trois groupes vocaux et instrumentaux :

à un grand choeur, orchestre et soprano solo est confié le texte de la messe des mort : ils sont la voix impartiale et religieuse pour le repos des âmes des morts.

le choeur d’enfants soutenus par l’orgue, placé dans le lointain, personnifie l’innocence et l’illusion de l’avenir.

le ténor et le baryton accompagnés d’un orchestre de chambre chantent les poèmes d’Owen ; voix masculines, dures, tranchantes, qui disent la réalité traumatique. Ils représentent les soldats (anglais pour le ténor, allemand pour le baryton), qui paient le prix sanglant de l’ambition et la vanité de leurs dirigeants.

L’oeuvre se veut être un témoignage fondamental de l’histoire de notre siècle, Britten l’a voulu ainsi, et a mis en exergue ces vers d’Owen :

All a poet can do is to warn » (tout ce qu’un poète peut faire, est de mettre le monde en garde) »

Les divers textes sont mis en perspective, les poèmes anglais apportant un commentaire, une dramatisation, une actualisation des textes liturgiques. Britten choisit ces œuvres, exprimant toute la dureté et la réalité brutale de la 1ère guerre mondiale, et les oppose à la pieuse messe latine, mettant tout son art « pour faire une déclaration musicale publique sur la futilité criminelle de toute guerre. »

Le plus célèbre poème de Owen, « Strange Meeting », est repris dans la dernière partie du War Requiem; le Libera me, de manière extrêmement émouvante.

Owen dépeint dans ce poème une rencontre dans une sombre caverne de l’Hadès, celle d’un soldat allemand (baryton) accueillant un soldat anglais (ténor) nouveau venu.
Ce requiem, à l’instar du Requiem allemand de Brahms, est un texte mis en forme par son compositeur, avec la même intensité dramatique et la même beauté. Et tout d’abord, la solennité de la liturgie traditionnelle latine qui atteint le sommet de compassion et de supplication dans le Recordare chanté par le choeur d’enfants, anges de consolation s’il en est, et le Lacrymosa chanté par la soprane; le drame, lui, est créé par la juxtaposition quasi concordante des sections de la messe et des poèmes d’Owen. Cette concordance de principe cache un terrible désarroi de l’Homme face à l’absence d’intervention divine ; elle atteint aussi un sommet lors du Quam olim Abrahae, quand Dieu accordait son alliance à Abraham, et le poème d’Owen : So Abram Rose qui évoque cette alliance perdue qui aboutit, non au sacrifice d’Isaac, mais à celui de milliers de vies. L’émotion est maintenue jusqu’à la fin, lorsque le ténor, censé représenter le soldat anglais, et le baryton, censé représenter le soldat allemand, mourront côte à côte.


Pears et Britten ont dédicacé le War Requiem à :

Roger Burney Sous-lieutenant, Royal Naval Volunteer Reserve. Ami de Pears, ancien choriste de la cathédrale St Paul, il est mort à bord du sous-marin Surcouf français en 1942.

Piers Dunkerley Capitaine, Royal Marines. Un des amis les plus proches de Britten, a pris part au débarquement de Normandie en 1944. À la différence des autres dédicataires, il a survécu à la guerre mais s’est suicidé en Juin 1959, deux mois avant son mariage, suite à une longue maladie.

David Gill Matelot, Royal Navy. Tué dans une action en Méditerranée.

Michael Halliday Lieutenant, Royal New Zealand réserve de volontaires. Ami de Britten à l’école de South Lodge, il a été porté disparu au début de 1944.

Joëlle Kuczynski


ÉCOUTER VOIR


Lakmé de Léo Delibes (1836-1891)

Opéra-Théâtre de Metz Métropole

Orchestre National de Lorraine
sous la direction de Jacques Mercier

Nouvelle production de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole, en coproduction avec le Theater Bonn

Mise en scène Paul-Émile Fourny
Scénographie Benoît Dugardyn*
Costumes Giovanna Fiorentini
Chorégraphie Élodie Vella
Lumières Patrice Willaume

Lakmé Mélanie Boisvert*
Nilakantha Nicolas Cavallier
Gérald Mirko Roschkowski*
Mallika Carine Séchaye
Hadji Antoine Chenuet*
Ellen Charlotte Dellion*
Frédéric Jean-Luc Ballestra*
Mistress Benson Laure André
Rose Pauline Claes*

Choeur de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole
Ballet de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole
Orchestre national de Lorraine

* Pour la première fois à l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole


Illustration de l’entête : Visite du Premier Ministre Winston Churchill sur le site de la cathédrale de Coventry détruite sous les bombardements, le Blitz, en 1940


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