Boos at Baumgarten’s Tannhäuser in Bayreuth Festival


Chronique musicale et festivalière de Bayreuth de Klaus KLEIBER.


Waouh comme l’on dit aujourd’hui pour faire un peu démago ! Quelle mise en scène et quel accueil! Le moins que l’on puisse dire est que la vision scénique de Tannhäuser imaginée par Sebastian Baumgarten ne passe décidément pas et que cette reprise est rejetée indubitablement par le public du Festival de Bayreuth. Quelle douche (c’est le cas de le dire j’y reviendrai), quelle provocation, quelle aberration, quelle maladresse, quelle obstination fatale, et à Bayreuth, quand on connait les fidélités irrationnelles des habitués du festival ! Mettre en place une adaptation conceptuelle du livret de Wagner, pourquoi pas, mais avec plus de finesse, on ne s’adresse pas dans ce temple wagnérien à des béotiens. C’est d’ailleurs là que réside toute la difficulté d’une mise en scène.

En quelques mots qu’a-t-on pu voir dans cette livraison de Baumgarten qui a fait scandale ? Vous êtes prêt? Le Venusberg est devenu une immense cage où évoluent des hommes-singes, des animaux et trois immenses têtards (seraient-ce selon Baumgarten les Trois Grâces ?), ensuite on découvre ce qui semble être un complexe industriel et chimique avec des tuyauteries rouges, vertes et bleues voilà pour le décor. Il est probablement vrai que le metteur en scène n’habite pas près d’une de ces titanesques installations industrielles …

Le jeune berger qui apparait à l’acte I et chante à la gloire de la belle saison qui s’annonce et des pèlerins qui reviennent de Rome, est ivre. Dans l’acte II qui rappelons le est censé se dérouler dans la cour du Château de la Wartburg, des jeunes filles délurées partagent ensemble des attouchements peu farouches, elles portent des collants avec un ceinturon à la taille. Depuis un portique de levage Tannhäuser arrose les chanteurs juste avant qu’il n’embrasse Vénus. J’imagine que tout un chacun possède son petit manuel de psychanalyse expliquée, mais franchement c’est vraiment premier degré ! Au troisième acte Wolfram accompagne Elisabeth vers les installations de raffinerie et autres cuves d’hydrocarbures ou produits de combustion et l’y enferme. Bref !

La beauté de la musique, de la superbe direction par Thomas Hengelbrock et de son époustouflant Troisième acte avec la somptuosité chromatique et nuancée de son prélude, les prestations de Lars Cleveman dans Tanhäuser , de Camilla Nylund dans le rôle d’Elisabeth, de Michael Nagy dans Wolfram et de Günter Groissböch interprétant le Landgraf, ont toutes été acclamées ainsi que les choeurs qui ont été tout simplement magnifiques.

Quant à l’équipe de mise en scène à votre avis ? Un tohu bohu de huées, de sifflets, de cris, un charivari, pas le moindre applaudissement, la pauvre Vénus d’ailleurs ne s’en est pas remise, elle ne revint pas sur scène pour le second rideau ! Voici un Tannhäuser, choisi pour la soirée d’ouverture du festival qui fera date!

Klaus Kleiber correspondant à Bayreuth pour Wukali et Pierre-Alain Lévy


Illustration de l’entête: Tannhäuser. Thomas Hengelbrock, mise en scène Sebastian Baumgarten 2011. photo Bayreuther Festspiele 2011, Enrico Nawrath


WUKALI 28/07/2014


Ces articles peuvent aussi vous intéresser

Notre site utilise des 'cookies' pour améliorer votre expérience et son utilisation. Si vous le refusez vous pouvez les désactiver. Accepter En savoir plus