An excellent cartoonist !


La critique littéraire d’Émile COUGUT.


Le 19 opus du Chat vient de paraître aux éditions Casterman : Le chat passe à table. Le dessin de couverture résume à lui seul non seulement le contenu de cette bande dessinée, mais les volumes précédents : Je l’avoue, je ne respecte rien.

L’œuvre de Philippe Geluck est originale, et cette dernière parution ne déroge pas à cette règle. Car il se présente sous forme de coffret. A son ouverture, on ne trouve pas un volume, mais deux : Le chat est parti et Il n’y a qu’un chat. De fait il s’agit d’une bande dessinée au format « traditionnel » coupé en son milieu.

En plus se trouve un journal de quatre pages La Gazette du chat, dont la lecture est tout aussi jubilatoire que les vignettes.

Le contenu ne décevra pas les lecteurs assidus du Chat. Il y a toujours les gravures détournées, les courtes histoires en trois cases, les sentences, les proverbes mêmes. Il y a toujours cette ironie, sans méchanceté, cet humour noir, cette vision caricaturale de la société, des grands problèmes qui s’y posent. Lire le chat c’est se plonger dans un des derniers univers de liberté, de liberté totale où rien n’est tabou, ni la politique, ni les religions, ni les philosophes, ni, ni, où tout est permis mais sans haine, sans vulgarité, sans agressivité. Chacun trouve ce qu’il veut, ce qu’il cherche, mais pas que. Car parfois, un dessin, une réflexion du Chat nous interpelle, nous fait réfléchir sur un problème, sur des façons de penser, de croire que nous avons en nous. Et en étant ainsi troublés nous réagissons, nous évoluons.

Bien sûr, il faut parfois avoir des connaissances assez approfondies en histoire, philosophie, politique, bien connaître l’actualité pour déguster certaines vignettes. Mais sans les avoir, le plaisir est quand même toujours au rendez-vous!

Lire le Chat, c’est se plonger dans l’humour, mais dans le vrai humour, celui qui trouble notre façon d’être. Le vrai humour c’est savoir rire sur soi-même, c’est rire et pleurer en même-temps. C’est trouver derrière le rire la profondeur de l’âme humaine.

L’humour du Chat provoque en nous une vraie démarche de sérendipité, et le moins que l’on puisse dire, depuis la mort de Coluche et de Desproges, rares sont les artistes qui ont ce talent. Philippe Geluck l’a depuis trente ans, il nous le montre, alors ne boudons pas notre plaisir.

Et puis, pour les amateurs du Chat, je leur rappelle qu’il existe une application gratuite pour les Smartphones permettant de recevoir tous les jours un dessin inédit du Chat. S’en priver c’est tous les jours bouder notre plaisir.

Emile Cougut
Chroniqueur de www.wukali.com


Le Chat passe à table

Philippe Gelück

Éditions Casterman. 17€95.


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