Not very pleasant to be a little girl in Afghanistan


Connaissez vous l’ennéagramme ? Je vous précise, pour les ignares comme moi, que « c’est un modèle de la structure de la personne humain qui aboutit à neuf configurations différentes de la personnalité, neuf manières de se définir. Chacun d’entre nous a tendance à donner dans sa vie la priorité à une de ces images de soi. En étudiant les conséquences de ce choix, l’Ennéagramme donne une description très précise de la psyché humaine et permet d’expliquer et/ou de prévoir, avec une fiabilité étonnante, notre attitude face aux diverses circonstances de la vie.  » Sans rien dévoiler, je peux vous informer que l’héroïne du roman a une personnalité correspondant à l’ennéatype 8 : « je suis fort, je suis juste. »

Connaissez vous les bacha posh ? En Afghanistan, ceux sont des petites filles, habillées, éduquées comme des garçons. Quand elles deviennent des femmes, on les marie. Ce système s’est développé dans une société où la place des femmes est pire que celle de leurs consœurs d’Arabie saoudite ; elles n’ont pas le droit de sortir en public sans être accompagnées par un homme ; même si ce n’est qu’une enfant, ce qui importe c’est le sexe apparent.

Plus accessoirement connaissez vous les bacha bazi  ? Toujours dans cette société, se sont des jeunes garçons, vendus à des hommes pour les distraire (à tous les niveaux) ainsi que leurs amis.

Zeina est une jeune Afghane, la dernière des trois filles de la famille, et quand son père décède, sa mère la transforme en bacha posh, sans bien sûr rien lui demander. Mais Zeina grandit, devient femme et réussit à fuir grâce à une organisation caritative française qui se bat pour le droit des femmes en Afghanistan. Après quelque mois de galère et de clochardisation à Paris, elle est repérée par un photographe de mode et devient un top model international. Au fait de sa gloire, elle s’engage dans l’humanitaire pour défendre les femmes afghanes.

A l’exception de la drogue, vous avez toutes les tortures que s’infligent ou que l’on inflige aux mannequins de mode : médicaments, anorexie, viol, négation de la personnalité et j’en passe. Comme vous devez vous en douter, Zeina est une femme particulièrement torturée qui pour devenir libre tombe dans une autre prison, nettement plus belle et agréable en apparence. Bien sûr, elle est déchirée entre sa culture afghane et l’américaine, elle souffre de son passé de bacha posh.

Il est certain qu’à la lecture de Bacha posh nous apprenons beaucoup du statut, ou plus exactement de l’abscence de statut, des femmes en Afghanistan.

Mais le reste… Des poncifs, des stéréotypes à toutes les pages ou presque : Olivier le photographe, essaie de la manipuler mais, comme par hasard, se trouve pris à son propre piège ; Christian, l’écrivain est d’une totale prétention, sûr de lui, de l’œuvre qu’il crée, de son savoir, un parfait autiste égoïste faisant montre d’un nombrilisme plus que lourd. Et je ne vous parle pas de la psychologie à deux sous de l’héroïne sans compter les pages larmoyantes voire « cul cul la praline » de sa résurrection où « comment retrouver sa liberté intérieure en défendant la liberté physique des autres » : « la vraie force réside dans le consentement à la faiblesse. Elle ne guérira d’elle même qu’en assumant sa part de fragilité humaine, en l’acceptant dans la compassion. » ou encore « l’amour comme la vie, dans sa vérité, est solitude, car personne ne peut vivre, souffrir, mourir ni aimer à notre place. Une solitude illuminée ou assombrie par celle de l’autre, acceptée dans toute son étrangeté. »Et puis cerise sur la gâteau, mais normal car il s’agit d’un passage sur la mannequinat (qui n’est pas connu pour sa grande culture), on fait référence à son « charme persan  », ce qui est plus qu’un comble pour une Afghane !

Émile Cougut


Bacha posh

Cécilia Dutter

Éditions du Rocher. 18€90


WUKALI 06/06/2015

Courrier des lecteurs: redaction@wukali.com


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