Cultural diplomacy between the Vatican and Moscow


Ouverture à Moscou de l’exposition [**« Roma Aeterna »*], les trésors de la pinacothèque du Vatican. C’est lors d’une conversation entre le[** Pape François*] et [**Vladimir Poutine*] qu’a germé l’idée d’un échange artistique et culturel et d’une exposition des trésors de la pinacothèque du [**Vatican*] à la[** galerie Tretyakov*] à [**Moscou*] ([**Государственная Третьяковская галерея*]).

Les deux hommes il est vrai ont appris à se connaître, ils se sont en effet rencontrés par le passé deux fois au Vatican, en 2013 puis en 2015. Il aura fallu on l’imagine de nombreuses réunions entre les responsables diplomatiques et artistiques de Rome et de Moscou pour mener à bien pareil projet. Ce sont certes deux dirigeants qui se sont rencontrés, ce sont aussi, ne l’oublions pas deux représentants appartenant à la chrétienté, pour l’un catholique et pour l’autre orthodoxe et le président russe ne méconnait pas le rôle de l’église orthodoxe qui lui est attachée dans sa politique. La dimension spirituelle et tout autant diplomatique entre ces deux soeurs longtemps opposées du christianisme n’est nullement étrangère à cet échange.

Voila s’il fallait s’en convaincre la dimension de l’art dans la diplomatie internationale et un bref regard sur ce qui se passe en Syrie et le rôle notamment tenu par Moscou pour la défense des chrétiens n’est pas anodin. La diplomatie démontre en effet là sa capacité globalisante et ne méconnait nullement la dimension spirituelle et nationale, elle est certes pleinement dans son rôle dans sa capacité d’intégration. Sur ce sujet là d’ailleurs, [**Laurent Fabius*] l’avait très bien compris en France en intégrant la diplomatie culturelle dans le giron du quai d’Orsay.

Il est aussi intéressant de remarquer le titre même de cette exposition et ce qu’elle contient : [**«Roma Aeterna»*]. Pour [**Arkady Ippolitov*] conservateur à la galerie Tretiakov, le titre de l’exposition voulu par le Vatican rend bien compte tout à la fois de la dimension de Rome, puissance tant spirituelle que politique et économique; et le directeur des musées du Vatican [**Antonio Paolucci*] d’ajouter lors de la conférence de presse qui précéda l’ouverte de l’exposition le 23 novembre: «C’est un signe d’amitié entre les églises catholiques et orthodoxe». La synthèse de ces échanges entre Rome et Moscou, la nouvelle Byzance revient au cardinal [**Giuseppe Bertello*], président du Gouvernorat de l’Etat du Vatican et de la Commission pontificale pour l’État de la Cité Vaticane : «Dans un monde de plus en plus polarisé, et de plus en plus voué à un conflit permanent, l’art est un outil pour rassembler les gens et parler, pour faire avancer un discours de paix, d’essayer de faire en sorte que toutes les actions que nous faisons permettent une petit contribution à la compréhension des hommes « . On ne peut mieux dire, un tel échange d’amabilité et la casuistique est à l’honneur…

L’exposition a pour objectif de présenter le développement de la pensée européenne travers les arts du Moyen-Âge au siècle des Lumières et de rappeler les liens spirituels entre Moscou et Rome. C’est aussi une propédeutique sur ce qui rassemble et sépare l’orthodoxie de sa soeur romaine. [**Staline*] s’adressant en 1945 à Yalta à[** Churchill*] et parlant de Rome et de la diplomatie vaticane avait dit dans sa vulgarité démoniaque:« [**Le pape combien de divisions ?*]». L’Histoire lui a donné tort. La dimension culturelle, donc spirituelle est partie prenante de l’orientation diplomatique et politique, [**Vladimir Poutine*] l’ a très bien compris.

L’exposition aura lieu du 25 novembre au 19 février 2017, en réciprocité la galerie Tretiakov prêtera des oeuvres sur le thème des Évangiles qui seront exposées au Vatican à l’automne 2017.

Ainsi les moscovites pourront admirer 42 oeuvres exceptionnelles. L’exposition débutera par des icônes du XIIème siècle rappelant notamment les liens étroits avec le courant byzantin à l’origine de l’orthodoxie et le rôle des icônes dans le culte ( iconostase). On y verra notamment une rare peinture de [**Margaritone d Arezzo*] (1250-1290) censée représenter [**Saint François d’Assise*], le personnage est vu seul et de face et porte les stigmates sur les mains. Deux peintures de lamentions autour du Christ, celle de [**Giovanni Bellini *] et celle de [**Carlo Crivelli*] tous deux artistes vénitiens de la Renaissance, sans compter ces autres chefs d’oeuvres réalisés par [**Perugin*], [**Raphaël*] avec la prédelle Baglioni, Foi et Charité 1507, [**Le Caravage*] (La Déposition du Christ/La mise au tombeau ) ainsi que des oeuvres de [**Guido Reni*] St Mathieu et l’ange, du [** Guercin*] ou de [**Nicolas Poussin*] avec le Martyr de St Érasme 1628-1629, qui inspira nombre de jeunes voyageurs et artistes russes en visite à Rome. L’exposition se termine par une peinture de [**Donato Creti*] (1671-1749) Les Observations astronomiques, une façon cocasse de faire oublier les procès faits à [**Galilée*] ou à [**Copernic*] quelques siècles plus tôt!

[**Pierre-Alain Lévy*] et[** Sergueï Ivanov*] correspondant de Wukali à Moscou


*Contact *] : [redaction@wukali.com
WUKALI 25/11/2016

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