From Napoleon to the Third Republic, deep in the French political turmoil of the 19th century

On connaît, enfin certains connaissent, [**Claire de Rémusa*]t, cette proche de [**Joséphine de Beauharnais*] dont elle fut la dame d’honneur et qui écrivit quelques romans qui ne sont pas passés à la postérité comme La flûte ou Charles et Claire, des surtout des mémoires qui elles sont particulièrement intéressantes pour appréhender la vie à la Cour sous le consulat et l’empire. Pour les grands connaisseurs, [**Sainte-Beuve*] la décrit dans ses Portraits de femmes de Paris. Quand le couple de Rémusat perdit la faveur de [**Napoléon*], son mari fut nommé préfet de la Haute-Garonne, département ou il fit l’acquisition d’une propriété prés de [**Muret,*] le domaine de Lafitte que leur fils Charles développa.

Laffite et la Haute-Garonne ont joué un rôle très important dans la carrière politique de [**Charles de Rémusat*], en effet, c’est dans ce département qu’il fut élu de nombreuses fois député, il en fut même le président du conseil général.

Charles de Rémusat est avant tout un homme politique qui vécut et connut tous les régimes du XIX siècle, un homme engagé dans la vie politique de son époque. Le sens de l’État est un élément fondamental de sa personnalité. Bien sûr, le grand oncle de sa mère n’est autre que le [**comte de Vergennes*], le ministre des affaires étrangères de [**Louis XVI*], qui, après bien des hésitations, aida les insurgés américains. L’histoire est parfois surprenante, l’épouse de Charles de Rémusat était la petite fille du [**marquis de Lafayette*] ; avec un tel atavisme, comment ne pas être libéral ?

Charles de Rémusat est un libéral, dans l’acceptation du terme du XIX siècle. Il est contre l’absolutisme (d’ailleurs un de ses « titres de gloire » fut d’avoir été emprisonné lors du coup d’état de [**Napoléon III*]), se méfie de la population, de sa violence, de ses pulsions. Il n’est pas un révolutionnaire, mais sait profiter des révolutions. Il est plus royaliste que républicain car il craint les démagogues. Pourtant il se relie sans trop d’hésitation à la Seconde république et même à la Troisième. Son denier acte politique, quelques mois avant son décès fut le 30 janvier 1875 de voté le célèbre amendement Wallon qui ne passa que d’une voix. Or c’est cette amendement qui est à la base de la forme républicaine de la France. Il est plus que sceptique sur les vertus du suffrage universel (quel ne fut pas son étonnement d’être réélu en 1848), car pour lui la politique est avant tout l’investissement dans l’intérêt général concept qui ne peut être compris, assimilé que par des gens éduqués, ce qui n’était pas le cas des classes « défavorisées ».

Charles de Rémusat est aussi un théoricien politique. Bien sûr, ses œuvres sont moins importantes que celles de son ami [**Tocqueville.*] Tous deux sont proches politiquement. Surtout, il faut savoir trouver ses réflexions politiques dans ses mémoires.
Celles-ci sont « volumineuses », et l’historien [**Jean Lebrun*] a su en publier les meilleurs passages. On y trouve aussi bien ses efforts dans la mise en valeur du domaine de Lafitte que des descriptions des grands événements historiques qu’il vit en acteur (à lire absolument l’abdication de [**Louis-Philippe*]). On y trouve toutes ses théorisations au niveau de la théorie politique, que son action comme député et comme ministre. Car Charles de Rémusat fut ministre de l’intérieur (c’est lui qui fit revenir les cendres de [**Napoléon*] de [**Saint-Hélène*] et procéder à l’inhumation des tués des Trois Glorieuses dans les cachots de l’ancienne Bastille ) et ministre des affaires étrangères. Un acteur engagé. Il est impératif de lire ses réflexion sur la vie d’un ministre. C’est d’une totale lucidité, rien a changé en un siècle : « La vie d’un ministre est semée d’ennui, de mécomptes, même de dégoût. Pour peu qu’il ait de l’honnêteté, il est impossible qu’un certains nombre der ses actes ne lui laissent des regrets. Il agit presque toujours dans la précipitation … Il a moins de temps, moins de sang-froid, moins de liberté d’esprit pour arrêter une décision de quelque importance dans ses affaires privées… Et cependant, c’est un grand plaisir que d’être ministre.»

Charles de Rémusat a connu tous les hommes politiques qui ont fait la France a cette époque. S’il prend vite ses distances avec [**Guizot*], il fut toujours ami et fidèle avec [**Thiers*]. Dans ses mémoires se trouvent des descriptions de ces deux grands ministres mais aussi de bien d’autres personnes : [**Lafayette, Casimir Perrier, Tocqueville, Louis-Philippe*] et bien d’autres. Son vrai talent pour en quelques mots en quelques phrases en dessiner un portrait vivant n’est pas sens faire penser aux portraits que [**Saint-Simon*] fait dans ses mémoires (avec la pointe de méchanceté en moins).
Ses mémoires de ma vie de Charles de Rémusat est un vrai plaisir de lecture qui nous enchante l’esprit.

[** Félix Delmas*]


Mémoires de ma vie
Charles de Rémusat

éditions Perrin. 19€90


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WUKALI 26/02/2017

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