From laughing to crying, theater and imprisonment, an interesting showdown with three brilliant actors

[**Le retour !*]

Les 8 et 9 janvier **Niels Arestrup, Kad Merad, Patrick Bosso,*] le trio insolite de prisonniers, sont à nouveau de retour pour deux dates au Théâtre du Jeu de Paume d’Aix-en-Provence. Avec cette tragi-comédie humaine, ils sont revenus avec les mêmes arguments, le même punch pour un même combat. La première fois que je découvrais « [Acting », en septembre 2016, j’avais adoré, même s’il est vrai que j’avais noté quelques fragilités. Mais revoir une pièce permet aussi de mieux entendre le texte, de capter les subtilités qui ont pu nous échapper la première fois. J’avoue que j’y suis retournée aussi un peu beaucoup pour Niels Arestrup.

Dans une cellule de prison, Robert, (Arestrup) un metteur en scène condamné pour meurtre, rejoint Gepetto, (Merad) un petit expert-comptable minable et Horace, (Patrick Bosso) un tueur muet. Patrick Bosso – Horace est certes muet, mais son rôle apparaît toujours aussi indispensable à la pièce.

Gepetto a toujours rêvé d’être un acteur. Mais voilà, il n’a aucune qualité pour l’être. Robert tenté par un pari fou, décide de faire de lui le plus grand acteur de tous les temps. C’est autour de cet apprentissage que la relation entre ces deux hommes que tout oppose va s’établir, non sans affrontements. Il est dur Robert, il est fragile Gepetto. Il va falloir jouer serrer. La cellule se transforme en scène de théâtre. Robert va travailler Shakespeare mais aussi les techniques de l’acteur, « Il y a d’un côté la technique, de l’autre côté l’émotion »… dira t-il. Une fois sorti de prison, Gepetto devrait « venger » Robert, qui condamné à une lourde peine ne pourra plus jamais jouer. Il va accomplir ce petit miracle : « Je serai ton champion Robert ! Je vais tout déchirer».

Les monologues des deux acteurs sont magnifiques. On est séduit par ces rapports établis entre le maitre et l’élève, et cet éclairage sur la transmission du métier d’acteur est pertinent. Un métier de « bouffons » par moment ! Fini de rêver sur papier glacé, et on éteint la télé ! Voilà une pièce qui à la deuxième lecture, rend encore plus apparent le décalage entre l’humour et le drame. C’est ce que l’on aime, ce qui surprend et séduit.
En revanche, quelques scènes qui nous faisaient gentiment sourire il y a un an, nous apparaissent quelque peu grotesques aujourd’hui. L’humour manque un peu de finesse par moment.

[**Kad Merad*] n’est pas seulement là pour nous faire rire. Cependant les rires fusent, et très vite. Dans ce registre clownesque, burlesque, il excelle…et il est forcément attendu. Son jeu n’est pas évident face à [**Niels Arestrup*], magistral. Mais voilà que soudain, Gepetto donne de la voix à Kad.

Nul doute, l’acteur peut jouer un répertoire tragique qu’on lui connaît peu. Il l’a prouvé au cinéma. Et là, dans ces moments d’émotions rares, la pièce gagne en intensité…

On se souviendra longtemps encore de ces tous derniers instants d’ « Acting », où on est littéralement suspendu aux lèvres de Niels Arestrup. Et pour cela, on reviendrait presque une troisième fois !

[**Pétra Wauters*]
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WUKALI 12/01/2018)]

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