The hospital, a paradoxical universe between dedication and deshumanization, a sensitive novel.


Un jeune fait une crise d’épilepsie dans la rue, il chute, il se retrouve à l’hôpital. D’un homme bien défini, unique, il devient en quelques secondes le « patient » qui rejoint les centaines « d’allongés » qui se trouvent hospitalisés. L’hôpital qui peut être perçu par certains comme une vraie prison puisqu’on ne peut sortir quand on veut, puisque nos mouvements sont quelque peu limités. L’hôpital où règne une forte hiérarchie, où est employé un langage hermétique au commun des mortels. L’hôpital, lieu déshumanisation ? Oui sous certains aspects semble nous dire [**Jérôme Lambert*] : « [**l’hôpital, c’est les abysses, et le silence. C’est la perte de soi*] » et bien davantage. Car dans les hôpitaux se trouvent des soignants qui, malgré leurs histoires, leurs déchirures internes, savent faire montre de chaleur humaine, d’empathie donc et avec le risque de faire des transferts qui peuvent être ravageurs pour eux. Il y a les habitués qui ont leurs façons de gérer leur maladie et qui, parfois, essaient de tendre une main secourable à un patient désorienté.

Dans[** Chambre simple*] chacun raconte son histoire autour du « patient » Ellia et Maxime, les soignants ; Marco le malade aux crises de coliques néphrétiques répétitives ; Roman, l’amant encore amoureux qui refuse la séparation et, bien évidemment, le patient. C’est un être profondément égoïste, mais avec des circonstances atténuantes : victime d’épilepsie, il n’a pas eu de vraie enfance, d’adolescence, avec Roman, en quelque sorte il a essayé de rattraper le temps perdu. Ce qu’il a cru être de l’amour n’était qu’une passion ravageuse et quand le feu commença a diminué, tout devenant terne, ou du moins moins violent, il a préféré quitté son amant, fort lâchement, ne s’intéressant pas à ce que l’autre pouvait ressentir. Le patient est sûrement le personnage le moins sympathique du roman. Des personnes comme lui, nous en connaissons tous des dizaines, mais ce n’’est pas parce que ce personnage est criant de réalisme qu’il n’en est pas moins antipathique.

Dans son dernier roman,[** Jérôme Lambert*] décrit cette atmosphère très particulière que l’on trouve dans tous les hôpitaux et autres cliniques, où règne une certaine déshumanisation. Il résume parfaitement ce que toute personne hospitalisée a fini par ressentir : « [**ce qui angoisse, ce qui oppresse, ce qui donne envie de chialer ou de défoncer un mur, c’est pas la certitude qu’on ne va jamais sortir de l’hôpital et y mourir, c’est qu’on va devoir y revenir.*] »

[** Emile Cougut*]|right>


[**Chambre simple
Jérôme Lambert*]
éditions L’Iconoclaste. 17€


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WUKALI 05/01/2018)]

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