Adaptated from the book written by Simon Stephen


[**Bluebird*] Une pièce chargée d’émotions, entre cinéma et théâtre.Elle a été créée à Chalon-sur-Saône et est maintenant en tournée dans toute la France. Du 23 au 25 janvier 2018, elle fut présentée au Théâtre du jeu de Paume d’Aix-en-Provence. Un grand moment de la saison théâtrale.

Une pièce intelligente, adaptée du livre « Bluebird » écrit en 1998 par [**Simon Stephen*]. Le texte est émouvant, poignant. [**Claire Devers*], cinéaste, signe ici avec maestria sa première mise en scène au théâtre. On est totalement emporté par le propos, les images, la scénographie audacieuse, et le jeu des acteurs.

Ambiance pesante d’un thriller, et pourtant il ne sera question que d’amour. Comme toujours, [**Philippe Torreton*] est complètement crédible dans ce rôle taillé à sa mesure. Vieilli, triste, cheveux et barbe grisonnants, allure un rien négligée, pourtant, il nous séduit et nous émeut plus que jamais. A la fois névrosé et anxieux, il reste calme, d’un calme inquiétant, comme en retrait de la réalité. Vit-on un rêve éveillé ?

Sa vie, on la devine d’abord, à travers une galerie de portraits d’individus au destin brisé qui traversent la sienne. Son passé apparaît par bribes. Tout se passe dans et autour du taxi de Jimmy.

« Jo le taxi, c’est sa vie », comme le chantait [**Vanessa Paradis*]. Jimmy le taxi, c’est la sienne. Sa vie, sa raison d’exister, de s’accrocher à elle. Il est au volant de sa Nissan Bluebird, pas sur la Seine au fil des ponts, comme Jo, mais dans Londres, tard dans la nuit… On le suit dans sa caisse, qui s’éclaire ou s’assombrit dans les lumières de la ville. Les réverbères, les vitrines éclairées, les feux qui clignotent, des gens qui passent, des ombres chinoises qui glissent le long des murs, mystérieuses silhouettes clandestines. Parmi elles, des clients que Jimmy prend en charge, et qui deviennent « ses charges » selon ses propres mots. Dans Bluebird, il y a les insomniaques, les noctambules, des gens qui souffrent et qui veulent créer du lien au beau milieu de leur tragédie. Des rôles incarnés avec justesse par [**Baptiste Dezerces, Serge Larivière*] et [**Marie Rémond*]. Tous nous ramènent à lui, à sa propre histoire. Car de toute évidence, lui aussi souffre. Il est déchiré et tente de se reconstruire. Il va les écouter, les calmer, les apaiser, et même éviter le pire… Mais cette nuit-là, Jimmy a rendez-vous avec sa femme, Clare, la mère de sa fille. Ils se sont tant aimés. Il ne l’a pas revue depuis 5 ans. Jimmy porte un terrible secret que l’on va découvrir au fil de la pièce, lorsque les courses de la Nissan se termineront au bout de la nuit, dans la triste lumière d’un matin blême. Des images en accéléré du paysage nous saisissent. On fait la route avec les clients de Jimmy dans la voiture bleue.

Formidable décor. C’est audacieux, il fallait y penser, oser. On y est. On est dans le taxi avec Jimmy à capter le moindre de ses gestes, et son regard si profond en dit long. L’écran agrandi du rétroviseur nous le dévoile tout entier même si l’on ne voit que ses yeux. C’est la magie du cinéma adapté à la scène du théâtre. Selon les séquences, tout peut paraître figé, mais c’est sans compter sur la présence de [**Philippe Torreton*] qui nous secoue même dans l’immobilité. Il va vers son destin, vers cette femme qu’il a aimée, détruite elle aussi.

Comment ne pas être détruit ? L’aveu est bouleversant. Nous ne le dévoilerons pas.
Mais comment se reconstruire après une telle tragédie. L’acteur partage avec nous cette souffrance et son émotion est palpable. L’inévitable face à face avec Clare est poignant. Ils arriveront à se parler mais au prix de quelle souffrance. Une dernière preuve d’amour…

Un moment de théâtre fascinant avec des comédiens justes et convaincants. A ne manquer sous aucun prétexte.

[**Pétra Wauters*]

[([**Bluebird en tournée*]

1er – 2 février 2018 – Maison de la culture d’Amiens
7 février – 4 mars 2018 (off les 11, 12, 19 et 26 février 2018) – Théâtre du Rond-Point, Paris
29 et 30 mars 2018 – Théâtre Sartrouville Yvelines, CDN
3 – 7 avril 2018 – Théâtre des Célestins, Théâtre de Lyon
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WUKALI 02/02/2018)]

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