An inspired festival


[**Renaud Capuçon*] a convié, cette année encore, [**Gérard Caussé*], figure emblématique du festival depuis sa création. L’orchestre invité était La Camerata Salzburg, dirigé par [**Gregory Ahss*], le premier violon de la formation. En novembre dernier, le violoniste et la Camerata avait offert un grand moment de bonheur au public du grand théâtre de Provence. Mozart était déjà « invité ». Ce mercredi 28 mars il est revenu nous enchanter avec deux œuvres merveilleusement exécutées.

L’accueil du public est chaleureux. Il connaît bien l’altiste Gérard Caussé et c’est à chaque fois une savoureuse redécouverte. Le duo de l’amitié qu’il forme avec le violoniste Renaud Capuçon fonctionne à merveille. Paul Ben-Haim et une large partie réservée à Mozart composaient le programme de cette soirée inoubliable.


Pour débuter, le Concerto pour cordes de l’Israélien [**Paul Ben-Haim*] (1897-1984), une oeuvre contemporaine rarement exécutée en France, enfin sortie de l’ombre et qui révèle des notes puissantes et généreuses, un heureux mariage entre les traditions orientales et occidentales. On peut se demander pourquoi ce concerto post-romantique est si peu joué. La Camerata de Salzbourg saisit toutes les subtilités de ce climat souvent sombre et le public n’a pas eu de mal à suivre les images proposées.

En seconde partie, un chef d’œuvre de [**Wolfgang Amadeus Mozart*] (1756-1791) arrive alors le meilleur moment de la soirée !

Dans cette symphonie concertante pour violon et alto en mi bémol majeur,
K. 364,
la complicité Capuçon/Causse fait plaisir à voir… et on découvre le chef Capuçon qui harmonise et combine l’archet et la baguette. Il le fait à merveille, et nul doute, il doit aimer saisir l’harmonie parfaite. [**Capuçon*] diffuse du bonheur, distille de l’énergie, bref, quelque chose se passe… Entre les musiciens de [**la Camerata*], des virtuoses, souvent très jeunes, son ami [**Gérard Caussé*], et lui-même. Car dans ce concert-là, tout ce qui est mis ensemble, en partenariat, produit la meilleure des musiques de Mozart. Et nous, on vit le concert ! On nage au milieu des notes et du bonheur. Dès le départ, on est séduit par des contrastes magiques typiquement mozartiens. Séduit par de jolis dialogues entre les cors et les hautbois, par l’orchestre majestueux qui crée une merveilleuse alchimie de couleurs, ou encore par ce dialogue entre violon et alto, à l’unisson, d’égal à égal, chacun apportant sa part de séduction. On aime encore ces instants où la tristesse du violon déteint sur l’alto. On aime tout, y compris ce bis, court certes mais qui devient l’un des moments précieux de la soirée. La « Sicilienne » de [**Maria Theresia von Paradis*] et ses pizzicatis venus tout droit du paradis…

La Sérénade n°9 en ré majeur dite Posthorn, de Mozart, termine le programme. Elle réunit bois, cuivres, timbales et même, chose rare, cor de postillon, un bien bel instrument de musique utilisé jadis par certains porteurs de courrier. On pourrait imaginer une application « aux sons de cor de postillon » pour annoncer l’arrivée de nos mails ou texto !

La sérénade dite Posthorn brille par son introduction solennelle, cette présence vigoureuse, des longs crescendos, mais on y découvre en filigrane un peu de noirceur, quelques plaintes de soupirs ici et là, tout en restant infiniment belle et raffinée et d’un lyrisme intense. Mozart fait partie de ces musiciens qui, presque « l’air de rien », au détour d’une phrase musicale vous secouent, vous transportent et vous émeuvent. Dans ces moments d’émotions, on découvre un solo de flûte à bec accompagné par les cordes, de toute beauté. Mais c’est tout l’orchestre qui a brillé dans ces sept mouvements même si on a pu préférer le deuxième, le troisième et surtout le cinquième. Le premier violon de la Camerata, Gregory Ahss, les musiciens, Renaud Capuçon, Gérard Caussé, tous connaissent leur Mozart sur le bout des doigts. Tous étaient au service d’une interprétation exceptionnelle alliant virtuosité et enthousiasme.

[**Pétra Wauters*]

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WUKALI 31/03/2018)]

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