From Glasgow to Marseilles, the intelligent partnership of museums curators.
« I belong to Glasgow, Glasgow belongs to me … » sing it now with Marseilles accent !


Le [**musée Cantini*] est un grand musée marseillais, d’hôtel particulier à musée d’art moderne de la ville, il présente actuellement dans ses murs une exceptionnelle sélection de chefs d’oeuvre, peintures, dessins, sculptures, appartenant à la [**collection Burrell*], un événement artistique de première grandeur.

Profitant d’importants travaux de rénovation en cours dans le bâtiment qui abrite la collection Burrell à Glasgow dans cette très chère Écosse ( Bonnie Scotland), l’impressionnante collection ou tout du moins une très riche sélection de ses peintures est hébergée pendant quelques mois à Marseille au musée Cantini pour le plus grand plaisir des visiteurs.

Non loin du Vieux-Port, proche de la Préfecture, dans les rues du centre ville aérés par le mistral, se trouve le [**musée Cantini*]. Une jolie rue piétonne, une belle façade, polie à souhait, un bel immeuble planté là depuis les premiers temps du XVIIIe siècle. Construit en 1694, le musée Cantini, un des plus beaux de [**Marseille*], y trouva sa place en tant qu’hôtel particulier. Il fut immédiatement occupé par la Compagnie du Cap Nègre, une communauté spécialisée dans la pêche du corail ainsi que le commerce du cuir, de la laine et de la cire. Cédé pour cause de difficultés financières, l’immeuble est acheté en 1709 par la famille [**de Montgrand*], famille d’aristocrates, qui le conserve et le décore durant plus de quatre vingt dix ans.

Le bel immeuble de la rue Grignan sera repris par un notable, un certain [**Louis Joseph Chaudoin*] en 1801 et connaîtra par la suite l’occupation de propriétaires successifs. [**Dieudonné Bernadac*] l’acquiert en 1816 avant de le céder soixante dix ans plus tard à celui qui lui a offert son nom actuel : [**Jules Cantini*], important marbrier qui a entre autres constructions travaillé à l’édification d’édifices civils et religieux dans la cité phocéenne sous le Second Empire de Louis-Napoléon Bonaparte. Cantini fait don du bâtiment à la ville en 1916 afin qu’il devienne un  »musée consacré à l’art de notre temps ».

Selon ses volontés donc, la ville de Marseille installe le musée des arts décoratifs dans le bâtiment légué par Jules Cantini : ce dernier ouvre ses portes en 1936. L’établissement, devenu culturel, se consacre à la période artistique moderne du XXe siècle, laquelle s’étend au sens large entre les années 1900 et les années 1980. Dirigé aujourd’hui par [**Claude Miglietti*], sa politique d’acquisition, accompagnée par des dons et des dépôts de l’État lui a amené à offrir l’une des plus belles collections publiques françaises consacrées au XXe siècle. Un très beau musée, à voir très vite !

[**- Les avant-gardes artistiques de 1900 à 1980, riches collections du musée*]

Le musée Cantini abrite donc aujourd’hui l’une des plus importantes collections publiques françaises de province couvrant la période 1900-1980 et présente aux yeux des visiteurs des collections temporaires et des expositions permanentes à partir d’un riche panorama d’œuvres, de chefs-d’œuvres couvrant les périodes historiques de l’art moderne et de l’art contemporain. De nombreux courants, de nombreuses esthétiques, de nombreux noms, de nombreuses vies, de nombreuses techniques pour une vision très large de cette époque très fertile de l’histoire de l’art.

On trouve dans les salles du musée les œuvres de l’avant-garde des années 1900. Le pointillisme et le fauvisme sont entre autres courants représentés par des toiles de [**Matisse, Signac, Derain, Camoin, Friesz*] et[** Lombard.*] Le cubisme naissant trouve écho dans les murs de Cantinni avec les œuvres de [**Picasso, Raoul, Dufy*] ou encore [**Gleizes*]) tandis que les courants post-cubistes ou puristes d'[**Ozenfant, Léger, Le Corbusier*] ou [**Villon*] sont également mis en scène. Enfin, les œuvres de [**Kandinsky, Kupka, Kokoschka, de Staël, Bryen, Vieira da Silva*], caractérisant l’abstraction lyrique ou gestuelle et le dadaïsme dialoguent entre elles.

Le surréalisme est largement représenté au Musée Cantini : il est même un  »axe majeur » de ses collections permanentes. Cette révolution picturale, dont la plupart des représentants, rassemblés autour d'[**André Breton*] et de sa femme [**Jacqueline Lamba*], passent par Marseille sur la route de l’exil vers les États-Unis en 1940-1941. On retrouve des œuvres de [**Miro, Masson, Ernst, Brauner, Arp, Cornell*] ou encore [**Matta*]. A l’écart mais mises en lumière, la collection compte quelques grandes individualités qui marquèrent profondément le XXe siècle, comme [**Pablo Picasso, Henri Matisse, Jean Arp, Balthus, Alberto Giacometti*] et encore [**Francis Bacon*].

Le musée Cantini détient également quelques œuvres du groupe japonais Gutaï, proche du mouvement informel français, qui fut actif dans les années 1960 avec ses membres comme [**Yoshihara, Shiraga, Murakami, Tanaka, Shimamoto*]. Les sculpteurs du XIXe siècle, à l’image de [**Canova*] et [**Falguière*] sont représentés ainsi que l’art matérialiste de [**Dubuffet*] ou de [**Prassinos*]. Les collections photographiques proposent un large panel de l’histoire de cet art avec les œuvres anciennes de [**Baldus*] et [**Nègre*], celles modernistes de [**Moholy-Nagy, Zuber, Krull*] ou [**Papillon*] et celles révolutionnaires de [**Sudre, Dieuzaide, Clergue*] ou [**Gibson*]) dans les années 60 et 70. Les collections de dessins du musée sont tout aussi impressionnantes.

[**- La collection Burrell, œuvres de maîtres présentées en France pour la première fois*]

Depuis le 19 mai, le musée Cantini propose l’exposition «Courbet, Degas, Cézanne… Chefs-d’œuvres réalistes et impressionnistes de la collection Burrell».

Riche armateur et philanthrope écossais du XXe siècle, [**Sir William Burrell*] a constitué tout au long de sa vie une collection d’œuvres art à l’éclectisme incroyable, une collection formée de plus de 2 000 œuvres couvrant cinq siècles de l’histoire de l’art. On y retrouve des objets d’arts médiéval et islamique (vitraux, tapisseries, meubles, armes), des objets d’arts de l’Égypte et de la Chine anciennes, des peintures et sculptures de toute période confondues et de nombreux autres artefacts provenant du monde entier. Elle détient notamment le Vase de Warwick de la villa d’Hadrien (IIe siècle), Le Penseur de [**Rodin*] (1880), entre des [**Rembrandt*], des [**Géricault*], des [**Manet*], [**Sisley*] et autres [**Degas*].

En 1944, de son vivant, Sir William Burrell légua sa dite collection à la ville de [**Glasgow*], à conditions que celle-ci trouve place dans un bâtiment situé à au moins 26km du centre ville afin de le protéger de la pollution atmosphérique. Elle sera installée dans un écrin au cœur du Pollok Country Park, localisé au sud de la ville. Parallèlement, la collection continue de s’enrichir entre 1944 et 1958 par les soins de Burrell et après sa mort, à 96 ans. Il sera fait chevalier de la Légion d’honneur par le gouvernement français en 1927 pour services publics rendus dans le domaine de la culture et des arts ( Il avait déjà obtenu la Croix de guerre en 1917).

Le musée qui abrite la collection a fermé ses portes pour travaux en octobre 2016 : il réouvrira en 2020. Pour mettre à profit ses quatre années d’immobilisme, ses dirigeants ont décidé de prêter une partie des chefs-d’œuvre au musée Cantini. Pour la première fois en France depuis 1944. En effet, depuis le dépôt des œuvres par Burrel, aucune œuvre n’a depuis quitté le pays. Il s’agit donc d’un prêt riche et rare ! L’exposition que propose le musée Cantini s’est focalisée« seulement» sur les périodes réalistes et impressionnistes en peinture, périodes majeures de la collection Burrell.

[**- Du réalisme à l’impressionnisme, pan complet de l’histoire de l’art du XIXe siècle*]

Le [**musée Cantini *] de Marseille présente donc jusqu’à la fin septembre une soixantaine d’œuvres de la seconde moitié du XIXe siècle appartenant à la [**collection Burrell*]. L’ensemble de ces peintures témoigne des questionnements autour de la représentation dans la seconde partie du XIXe siècle et des essais divers faits par les plus grands maîtres de cette époque. La sélection voulue par le musée illustre d’une manière succincte l’évolution de la peinture française du réalisme à l’impressionnisme. Mises en regard avec les œuvres du musée des beaux-arts de Marseille, les chefs-d’œuvre stockés outre-manche y trouvent écho et place.

Les plus grands maîtres de la peinture française sont présents : les réalistes dont le le chef de fil [**Gustave Courbet*] (1819-1877, tableaux, dessins), [**Honoré Daumier*] (1808-1879, tableaux, lithographies, caricatures), [**Henri Fantin-Latour*] (1836-1904, tableaux, lithographies) et [**Jean-François Millet*] (1814-1875, tableaux, pastels, gravures, dessins). Ce dernier a fondé avec d’autres amis peintres l’École de Barbizon, centre géographique et spirituel de peintres paysagistes établies autour de la forêt de Fontainebleau au milieu du XIXe siècle. Millet et Courbet mais aussi des paysagistes s’y retrouvèrent durant des années, désireux de travailler la toile en plein air et d’après-nature.

L’exposition regroupe quelques œuvres des paysagistes dont le voyageur [**Jean-Baptiste Corot*] (1796-1875, tableaux, gravures), et le pré-romantique [**Charles-François Daubigny*] (1817-1878, tableaux, gravures), rattaché lui aussi à l’École de Barbizon. On retrouve aussi de nombreuses marines d'[**Eugène-Louis Boudin*] (1824-1898) qui fut l’un des premiers peintres à sortir de l’atelier.

Surtout, l’exposition actuelle du musée Cantini permet de dévoiler des œuvres impressionnistes encore inédites aux yeux du public français ! L’école impressionniste est représentée par quelques œuvres des plus grands : le précurseur [**Édouard Manet (*]1832-1883, tableaux, gravures), [**Edgar Degas*] (1834-1917, tableaux, sculptures, gravures, photographies), membre fondateur du groupe des impressionnistes, [**Alfred Sisley*] (1839-1899, tableaux, gravures) et [**Camille Pissaro*] (1830-1903, tableaux, gravures), maître de [**Cézanne*] et [**Gauguin*]. Quelques pièces du père de l’art moderne, l’aixois [**Paul Cézanne*] (1839-1906, tableaux, dessins), chef de file du post-impressionnisme, autant un continuateur classique qu’un innovateur moderniste.

L’exposition «[**Courbet, Degas, Cézanne… Chefs-d’œuvres réalistes et impressionnistes de la collection Burrell*]» du musée Cantini offre un riche panorama de l’histoire de l’art réaliste et impressionniste de la fin du XIXe siècle. La collection inédite de Burrell, montrée en France pour la première fois ne peut laisser de marbre. Elle montre la vision des hommes, des paysages, des mers à travers de nombreuses esquisses et tableaux dialoguant les uns avec les autres.

Une exposition riche au regard de ce qu’un amateur aimerait à apprendre de la période. Une exposition incroyablement inédite certes, mais peut-être un peu plus rébarbative pour l’érudit d’art. Mais quoi qu’il en soit, un sujet intéressant avec des œuvres bien agencées sur les trois espaces sur bâtiment et des informations en abondance permettant de suivre le fil directeur et d’y plonger.

Une collection dévoilée pour la première en France pour une expo marseillaise à ne pas manquer !

[**Laurie Arnaud*]


[**Courbet, Degas, Cézanne… Chefs-d’œuvres réalistes et impressionnistes de la collection Burrell*].
Musée Cantini – 19 rue Grignan. Marseille
Jusqu’au 23 septembre 2018


Illustration de l’entête: Edgar Degas. La répétition (1874) huile sur toile, 58.4 × 83.8 cm. Le château de Médan (1880) Paul Cézanne. Huile sur toile (détail). Collection Burrell. Photo : CSG CIC Glasgow Museums Collection.



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WUKALI Article mis en ligne le 26/07/2018)]

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