Two soloists dialogue with a quatuor, such a beautiful concert !

Renaud Capuçon, Nicholas Angelich et le Quatuor Hermès pour célébrer l’imaginaire poétique du génie Debussy et faire découvrir ou redécouvrir une œuvre rare : le concert pour violon, piano et quatuor à cordes en ré majeur opus 21 d’Ernest Chausson.

Ce mardi 31 juillet le concert du [**festival de piano de la Roque d’Anthéron*] fait la part belle à [**Claude Debussy*]. Sonate n°3 pour violon et piano en sol mineur en « lever de rideau » sous les étoiles, avec au loin, une chouette qui hulule dans la nuit ! Il est 21h30. Il fait encore chaud, les éclairages sous les séquoias et les platanes font ressortir les beautés du parc et nous rendent la nuit plus mystérieuse encore, à l’image de cette œuvre énigmatique et profonde. On est captivé, attrapé dès les premières notes. Sur la scène dressée sur le plan d’eau, [**Renaud Capuçon*] au violon, [**Nicholas Angelich*] au piano. Deux musiciens formidables et complices. On ne s’en lasse pas et chacune de leurs rencontres est un évènement. Le public l’a bien compris. Plus une place de libre sur les gradins du parc de Florans. Le concert affiche complet.

Le bonheur de ces deux musiciens de jouer ensemble est si intense et éclatant qu’il rejoint le nôtre, instantanément, naturellement. Piano et violon s’enroulent l’un dans l’autre, doucement d’abord, puis passionnément. La musique coule, s’abandonne même, jusqu’au final surprenant de cette sonate qui, sous une apparente sérénité, dévoile un monde d’angoisse et de mystère. On est pris dans la tourmente de Debussy, une musique sensible, mouvante et tout à la fois sombre et lumineuse.

Debussy toujours, avant l’entracte, avec des jeunes gens fabuleux et leur Quatuor Hermès, créé en 2008, que l’on ne présente plus ([**Omer Bouchez, Elise Liu, Lou Chang et Anthony Kondo*]) et qui trace sa route aux quatre coins de l’Europe, en Asie (Chine, Japon, Taiwan), aux Etats-Unis, en Amérique… Debussy leur va si bien ! Il faut reconnaître que la personnalité sonore de ces jeunes musiciens, leur entente, leur compréhension mutuelle s’affirment joliment au fil des ans. Le quatuor à cordes du compositeur est joué avec sensibilité et chaleur par les quatre archets. Ils en expriment tous les paysages, tous les reliefs d’une nature généreuse mais inquiétante aussi. On peut entendre le bruit de l’eau, le vent qui anime les arbres, et le public de ressentir mille nuances d’émotions harmonieuses et contrastées. On glisse dans l’impressionnisme, on se love, et l’œuvre est comme un tableau dont on découvre toutes les couleurs et que l’on savoure en trois dimensions. Allez, on est dans la 4ème dimension ! Le public est captivé par les moments de tendresse qu’ils nous offrent aussi. Après l’entracte, [**Ernest Chausson*], et son concerto pour piano, violon et quatuor à cordes en ré majeur opus 21 qui réunit tous les musiciens. L’œuvre est méconnue, comme l’est le musicien du reste et c’est dommage, car il a écrit bon nombre de chefs-d’œuvre. On songe à son magnifique « Poème de l’amour et de la mer », et là, on garde en mémoire Debussy… On y revient, on est dans cette veine-là, avec cette pièce romantique, sentimentale, ce magnifique concert en ré majeur d’une passion ardente, d’une délicieuse et infinie tristesse. Quelle drôle d’ambiance en vérité, mais c’est jouissif ! On est sous l’emprise de la musique, et la voûte céleste pourrait bien s’effondrer qu’on ne bougerait pas ! Oui, l’interprétation est si belle, [**Angelich*] au piano est brillant, [**Capuçon*] au violon est magistral aussi, on aime sa fougue, son jeu tout en finesse… et enfin la prestation du [**Quatuor Hermès*] recèle de tant de beautés. Pouvons-nous dire que nous aimons tout ! Même et surtout, dirons-nous, les « petites imperfections » du « direct » , de cette musique jouée en plein air et qui prend alors une toute autre ampleur! C’est l’émotion à l’état pur ! On reste saisi par le côté dramatique et sublime du « grave » du concerto. On admire aussi l’élégance de la Sicilienne et la chaleureuse éloquence du « Finale – très animé ». Le quatuor écoute avec respect les deux solistes et dialogue passionnément dans un luxe sonore envoûtant. La fierté du quatuor à jouer avec les deux musiciens est palpable ! Pourquoi cette œuvre est si peu présentée !? On gardera de cette soirée un souvenir émerveillé.

[**Pétra Wauters*]

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[**Renaud Capuçon*] Violon
[**Nicholas Angelich*] Piano
[**Quatuor Hermès*] Quator à cordes
Debussy – Chausson
Debussy : Sonate n°3 pour violon et piano en sol mineur
Debussy : Quatuor à cordes en sol mineur opus 10
Chausson : Concert pour piano, violon et quatuor à cordes en ré majeur opus 21

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WUKALI Article mis en ligne le 02/08/2018)]

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