The tortuous and painful plongeon of an art dealer, from success to misery


Voilà un livre qui est difficile à percevoir : roman ? Auto-fiction ? Mémoires ? Dans sa présentation, les[** éditions Le Dilettante *] semblent conduire le lecteur vers des mémoires. Pourquoi pas. Il y a du « vécu » dans ce livre, alors, j’opte pour ce qui ne me paraît pas aberrant.

L’intrigue, ou plus exactement l’histoire, est simple. C’est une variation sur le thème du riche qui se retrouve sans rien. Tout commence un beau jour quand l’huissier est venu saisir les biens de [**Didier Delome*]. Lui le galeriste de renom, l’habitué des soirées, des vernissages des galeries dans le monde entier n’est plus qu’une sorte de loque vivant dans le taudis qu’est devenue sa galerie avec sa chatte et ses cinq perroquets. On ne comprend pas très bien les causes de cette vraie déchéance. Peut-être s’est-il trop investi dans la création par ordinateur ? En tout cas, cela n’explique en rien cette vraie dépression, lui l’homme méticuleux, voire maniaque, ne supportant pas une once de poussière a été touché par un vrai syndrome de Diogène.

Quoiqu’il en soit, après une tentative de suicide totalement ratée, il se retrouve dans un univers inconnu : un hôtel pour sans logis dans la Seine-Saint-Denis. Le choc culturel est rude, mais Didier Delome, et c’est indéniablement un aspect de sa personnalité, est ouvert aux autres, sait faire montre d’une politesse que d’aucuns trouveraient passéiste, d’empathie. De fait, il arrive à vivre plus que correctement quelques semaines jusqu’aux jours où on lui trouve un logement (minuscule) dans la capitale. Il essaie de trouver un travail, mais en vain. Pourtant, dans sa vie il a fait une multitude de métiers, même chauffeur de taxi à New-York (mais durant une seule demi-journée ayant vite abandonné ce noble métier à sa première agression). Quand on a plus de 50 ans, la réinsertion sociale est un vrai calvaire.

Pour avoir un peu d’argent, il vend pour une bouchée de pain ses derniers biens à son banquier de fils avec qui il n’a strictement plus aucune relation. Heureusement, il lui reste quelques amis qui sont toujours là pour l’aider (par pudeur, par amitié, Didier Delome ne les sollicite qu’exceptionnellement). Un changement total de vie, un vrai nouveau départ qui, il est évident change totalement la personnalité de l’homme. Il revient à des valeurs « premières » (se loger, manger), se satisfait de ne plus pouvoir se payer du superflu, sort de sa dépression, recommence à apprécier la vie. Une nouvelle naissance.
Mais en plus, Didier Delome a un humour ravageur qui rend son écriture, son histoire particulièrement agréable à lire. Sur un sujet oh combien sérieux, il fait passer un souffle d’optimisme qui ne peut qu’enchanter ses lecteurs.

La fin de ce livre s’achève quand il comprend que son avenir professionnel se trouve dans l ‘écriture, on ne peut que l’encourager sur cette voie.

[**Émile Cougut*]


[**Jours de dèche
Didier Delome*]
éditions Le Dilettante. 18€
en librairie à partir du 22 août


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WUKALI Article mis en ligne le 15/08/2018)]

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