Wandering in august in Milano


En cette fin d’été j’ai pris un billet pour la grande ville lombarde : [**Milan*]. J’avais bien choisi le moment : canicule et vacances italiennes !

Ville d’origine celte, romaine qu’à partir de -222 av J.C, il faudra attendre le duché de la famille [**Visconti*] pour qu’elle devienne une place économique, elle sera rattachée au royaume d’Italie qu’à la deuxième moitié du 19eme siècle. La seconde ville italienne quant à sa population, centre des affaires, elle est souvent désignée comme une des villes mondiales de la mode et du design.

En arrivant ce qui surprend c’est que la majorité des Italiens abandonnent leur ville dès le 15 août : tout ferme ou presque, laissant les rues aux touristes écrasés par la chaleur.
Une fois installé, je n’avais qu’une hâte découvrir la culture de cette cousine de Paris
Mes pas me mènent au centre, à la Piazza del Duomo, la cathédrale avec sa façade gothique. Cette place carrée, composée del Duomo, de son musée, du palazzo Carminati et des galeries du Corso Vitorio Emanuele II

Cette cathédrale est superbement conservée. Un petit tour sur son toit pour admirer la ville et je suis déjà devant le théâtre de la Scala. Cet opéra construit en 1778 à la demande de [**Marie Thérèse d’Autriche*] en lieu et place de l’église Santa Maria della Scala. [**Verdi*] y produisit de nombreuses œuvres et [**Puccini*] y connut le scandale de Madame Butterfly.

Ensuite je visite la Pinacoteca de Brera où je vois plusieurs tableaux italiens d’art ancien et moderne (par exemple [**Caravage, Bramante, Francesco Hayez, Raphael*] et son « Mariage à la Vierge », [**Tintoret, Titien, Veronèse*]) mais aussi le laboratoire ou un robot restaure en direct les toiles.

Il fait toujours aussi chaud, je ne compte plus les devantures fermées. Je marche, déambule au travers ses avenues et rues sans aucun signe de mode et design.
Je tente alors plus au nord, vers le Corso Como et le quartier Isola. J’avance donc dans ce cours à la recherche de signes. A part au 10 où se cache un hotel boutique dans son charmant patio fleuri, je ne trouve rien de spécial.

[**Isola*] sa place où se niche les grandes enseignes commerciales entre des tours au style futuriste. Après les jets d’eau rafraichissants, je suis toujours à ma quête, je redescends donc plein sud en passant par le quartier d’Oro où les marques de luxe se sont données rendez-vous en imitant la rue Saint Honoré.

Je fonce pour ce qui me semble être l’écrin contemporain qui manque à Milan : la [**Fondation Prada*]

Elle se mérite, elle parait être logée au fin fond de la Lombardie tellement elle est éloignée de tout.IElle a decidé de s’installer en périphérie derrière une friche Italiarail (la Sncf italienne). Une enceinte emmurée de gris, un portail noir : ouvert. J’y suis.

Cet ancien site industriel a été restauré, repensé. Quatre bâtisses de gris, pour certaines avec baies vitrées : biblioteca, caffe et la grande tour. L’accueil se fait via une petite tour dorée.

Epuisé, déshydraté j’ai enfin une vision moderne et design à Milan.
Ce lieu est beau, surprenant, calme avec ses figuiers. La grande tour aux 10 étages par laquelle je termine, offre plus une vue sur Milan que de réelles expositions malgré la taille des salles d’exposition. J’en ressors déçu.Une seule envie : partir. Que reste -t-il à Milan ? Je tente ma dernière carte : le Musée de la Culture.
Nouvelle traversée cette fois vers l’est, non loin de la prison milanaise, aux abords de laquelle a décidé de s’installer la Galerie Rossani Orlanda. Surprise ! Elle est aussi fermée.

Le musée a choisir un quartier en réinvention : studios de cinéma, de création, incubateurs comme l’immense bâtiment nommé la Base qui propose un espace de rencontres culturelles

Une sculpture rouge d’un double cavalier de [**Javier Marin*], un lancier sur le trottoir m’indique le musée.
Trois expositions sont proposées. Je choisi la permanente et la temporaire sur [**Modigliani*].

[**Amedeo Modigliani*] en 3 salles.

Dès l’entrée, je suis plongé dans l’obscurité d’une grande salle ou est projeté sur tous les murs, sol et plafond la vie de l’artiste. Je suis sa vie, 15 minutes plus tard je suis dans sa vie l’accompagnant au Père Lachaise ou il est inhumé en 1920 (24 janvier)

La pièce d’à-côté me propose de découvrir sur les écrans le suivi de la réalisation pas à pas de certaines de ses portraits sans regard tel des masques. Finalement je finis la visite dans un cube de miroirs ou sont diffusées ses œuvres. Fascinant. Immergé, projeté et introduit. Voila, le sens de cette proposition

Je m’engouffre dans l’exposition permanente
Retour aux formes plus archaïques : l’art primitif quelques vitrines exhibant des vases aztèques, des tissages asiatiques et surtout des masques et armes africains
Egaré à l’angle : un tableau de [**Pablo Picasso*] qui grand amateur d’art africain, me rappelle le sens de cette petite collection. L’art évolue tout en s’inspirant perpétuellement de ce qui a été fait précédemment. C’est donc la Culture dans sa continuité qui est souligné dans ce lieu.

Je vais quitter Milan, partagé. J’ai adoré chercher à la comprendre, à la connaître
Milan est historique, vivante (même si la période est loin de le démontrer), propre mais annonce plus qu’elle n’est actuellement : le musée du Design se situe dans un bâtiment du château Sforza du XV -ème siècle et celui de la mode est annoncé depuis 2000.

[**Jérôme Pilleul*]


Illustration de l’entête: Piazza del Duomo, photo Wikimedia


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WUKALI Article mis en ligne le 27/08/2018)]

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