When theater for young audiences obtains its nobility title


A l’origine de la commande de cette pièce, [**« 11 à table »*], le [**Festival Kidélires*] de la Roque d’Anthéron. La dernière création d’[**Agnès Pétreau*] a été jouée dans le cadre d’une sortie de résidence à la salle des Capucines au Figons, Commune d’Eguilles, partenaire de Kidélires. C’était le 12 décembre dernier et sans doute le début d’une belle aventure. Coup de cœur immédiat. La comédienne et metteur en scène provençale nous faisait découvrir une pièce sensible et attachante, pour les jeunes, certes, mais aussi joliment truffée de références pour les adultes. On entre à petits pas feutrés dans la maison d’une famille d’accueil, une maison qui devient vite la nôtre.

Le Metteur en scène est directrice artistique de la Senna’ga, une compagnie de théâtre qui rayonne dans toute la région.

L’écriture de théâtre pour le jeune public va à la recherche de l’enfant, certes, cependant, elle va bien au delà. Elle réveille l’enfant qui sommeille en chacun de nous. Ne nous fions pas aux apparences, ce travail-là est d’une exigence extrême, et ce n’est pas Agnès Petreau qui nous contredira. Elle qui, depuis des années, s’adresse aux jeunes publics et par ricochet, retient l’attention de leurs parents. Avec elle, pas de comédie mollasse ou bébête, ou de classique poussiéreux. Elle offre à tous des pièces innovantes, fantaisistes, drôles, pleines d’humour. Elle explore tous les genres artistiques, met le plus souvent en scène des contes et des livres, dont le contenu prime et fait réfléchir, un contenu parfois teinté d’actualité. Nul besoin d’occuper la scène avec un décor sophistiqué, le sien est minimaliste. Le théâtre à nu, l’envie de faire des spectacles avec presque rien, comme c’est le cas de son [**« 11 à table »*] une pièce, qui nécessite une table et un tabouret ! « Cet apparent dépouillement laisse un immense espace à l’imaginaire et à l’interprétation du spectateur » confie Agnès Petreau. Et s’il n’y a pas de limite au rêve, c’est encore mieux !

Pédagogue, à l’écoute des autres, Agnès Pétreau anime des ateliers. Au contact des enfants, elle apprend encore et toujours. « 11 à table » vient s’intégrer à un cycle de travail artistique consacré à la famille.

Pour ses créations [**Agnès Pétreau*] s’inspire le plus souvent de contes, pièces, fables. Sa dernière aventure est passée par une phase d’écriture. « 11 à table » répond à une commande de spectacle de la commune de la Roque d’Anthéron dans le cadre du festival Kiddélires et le thème choisi, la citoyenneté, l’a visiblement inspirée. L’artiste ne trouvait pas de texte « adaptable » pour une comédienne seule en scène. Qu’à cela ne tienne, elle l’écrira. De là est née une fable sur le vivre ensemble et le quotidien est souvent bien compliqué à gérer.

L’histoire est simple. On entre dans la maison d’une famille d’accueil et on part à la rencontre d’une multitudes de personnages (tous joués par Agnès Petreau). Malgré leurs différences, ils doivent cohabiter. L’empathie pour Chloé, Farés, Ana, Ferdinand, Non, Luc, Jasmine, Marie-Jeanne, Martin, et les adultes, Paul, Camille, Grand-mère Blanche est immédiate. Jubilatoire même. On les voit précisément et leur voix se font entendre. La comédienne joue avec naturel et les croque tous avec bonheur. On les reconnaît au changement de ton, changement de rythme, à la mimique, à ce petit rien dans l’attitude, cette main qui se recoiffe, ce doigt qui se pose sur le front, cette réplique « d’jeunes », ce timbre enfantin… L’actrice caméléon propose à chaque rôle des particularités, une identité. Une performance de comédienne déjà, bien servie, et sans effet spéciaux !

Le fait d’avoir écrit les rôles doit aider à réfléchir à leur psyché. Elle a donné vie aux personnages et a pu ainsi plus facilement leur donner du corps et de la consistance. « Tous sont confrontés à des situations qui les mettent à l’épreuve et les interrogent sur le monde dans lequel ils vivent. Des échanges d’opinions, des portes qui claquent, des éclats de rire, des renoncement individuels, et des décisions collectives font parti de leur vie quotidienne », commente l’auteur. Chloé, c’est Agnès… et c’est aussi la narratrice, qui a grandi. Elle vient d’être élu au Conseil municipal de son village, et replonge dans son enfance. Elle nous invite à regarder vivre « cette tribu ». « Ce texte a vocation à interroger plus qu’à donner des réponses, il questionne nos comportements et notre vivre ensemble », précise encore Agnès Petreau. Un théâtre, vif, alerte, intelligent.

Avant de créer la Senna’ga Compagnie en 1995 en [**Avignon*], Agnès Pétreau est comédienne pendant 11 ans au théâtre du Kronope (Avignon) dirigé par [**Guy Simon*]. Elle y interprètera plus de 20 rôles. En 1994 elle écrit et joue son premier spectacle jeune public « Le tiroir aux pirouettes ». Elle est auteur, interprète et metteur en scène du spectacle « Le Blues de la Poubelle », première création de la compagnie. Par la suite, elle est comédienne dans l’ensemble des créations. En 2009, dans le cadre de l’évènement « Picasso Aix 2009 », son projet théâtral « Picacubes » est sélectionné par le collectif « Par les villages » et joué dans plusieurs communes des pays d’Aix. En 2013, elle participe aux évènements artistiques de « Marseille Provence, capitale européenne de la culture » avec la création de « Trace(s) » de [**Sabine Tamisier*] joué au Théâtre du Bois de l’Aune à Aix-en-Provence.

[**Pétra Wauters*]


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WUKALI Article mis en ligne le 12/01/2019)]

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