Remembrance and analytical constructions as some sort of a novel


[**Une jeunesse en fuite*], le dernier livre d'[**Arnaud Le Guern*] sort en librairie : Roman ? Mémoires ? Recueil de souvenirs ? Variations sur le passé, sur ses blessures ? Sur les cicatrices qui nous marquent dans notre présent ? Bilan intermédiaire dans une vie ? Acceptation de soi, de ce qu’on est devenu ? Avec bien évidement un regard réaliste sur l’avenir et le vieillissement inéluctable.

C’est tout cela à la fois, une continuation somme toute normale de son précédent livre « Adieu aux espadrilles ». L’auteur est dans la banlieue de Brest, sa ville natale, en vacances avec sa fille et une amie de cette dernière, chez ses parents. Il y est pour commencer à écrire son prochain roman pendant que les deux adolescentes passent leur temps à la plage (car en Bretagne, l’eau de l’océan n’est pas si froide que ça et il y fait souvent soleil). Il veut écrire un livre sur la première guerre du Golfe, époque charnière dans sa vie : il était enfant et il a vu son père, chirurgien anesthésiste dans l’armée, partir au Moyen-Orient. Il part à la recherche de ce passé, de son passé, à travers les lettres que son père avait adressées à sa famille à l’époque et les rares paroles que son géniteur lui distille. S’entremêlent son passé avec le présent de sa fille qui commence à revendiquer une certaine indépendance, et à connaître ses premiers émois amoureux. Il découvre que cette guerre, il l’avait occultée et que c’est cet « oubli volontaire » qui a façonné sa vie : amours éphémères, alcool, tabac, etc. Une sorte de fuite en avant dans un certain hédonisme de façade pour ne surtout pas « aller au fond des choses  », « au fond de son âme ».

A la lecture des lettres de son père, ses souvenirs d’adolescent reviennent : ses émois sentimentaux autour des actrices de cinéma (dont celles des films pornos), des mannequins, de ses amis de collège et surtout de sa peur de voir son père ne pas revenir de la guerre. Les lettres, envisagées en quelque sorte comme des madeleines de Proust.

[**Arnaud Le Guern*] est un grand amateur de musique et de cinéma et un grand connaisseur de la littérature (s’il est dans la vie comme dans ses écrits, il doit être pénible tant il sait être « pontifiant » en étalant son savoir). Il est un chapitre autour de la répétition de « je crois » qui n’est pas sans faire penser au célèbre « je me souviens » de [**Georges Pérec*] ; sauf que Pérec décrit son passé et Le Guern son présent.

Une jeunesse en fuite est un livre sur une flânerie, sur un homme, sur ce qu’il est devenu, mais (et il est très important de le souligner à notre époque qui lui voue de plus en plus un véritable culte, pour s’en convaincre il suffit de lire [**Houellebecq*] ou d’écouter [**Zémour*]) sans aucune pointe de nostalgie.

[** Émile Cougut*]|right>


[**Une jeunesse en fuite
Arnaud Le Guern*]
éditions du rocher. 17€90


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WUKALI Article mis en ligne le 12/01/2019)]

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