Within the Bow bows and hipsters world in Paris


J’avais gardé un excellent souvenir du dernier livre de **Jean-François Pigeat*] : Bingo, aussi je viens de relire la [recension que j’en fis pour Wukali. Et j’ai mieux compris la vraie déception que je viens d’avoir en finissant de lire les 254 pages de son dernier roman [**L’Ordre des choses*]. Je suis d’autant plus déçu que je fus enchanté par la découverte de cet auteur.

On a changé de cadre, des banlieues et des contre-héros très sympathiques, on est passé à Paris et à ses bobos. Nettement moins attachants, surtout en ce qui concerne Félix, le personnage principal de ce roman écrit à la première personne du singulier.

Félix vient d’aménager dans un appartement sous les toits avec Bambi sa compagne. Elle est professeur d’anglais, lui auteur d’un livre ayant eu plus qu’un succès d’estime, travaille comme rédacteur dans une revue. Les travaux qu’il a accomplis dans cet appartement lui ont servi surtout d’excuse pour ne pas commencer un second livre par manque d’inspiration.

Mais voilà, Bambi veut un enfant, et pas lui ! Et il lui en veut de n’être pas de son avis. Il veut se venger et, totalement immature, ce ne peut-être que dans les bras d’une autre : Martine, la jeune stagiaire aux courtes minijupes ? Non se sera Sabine, la voisine de son ami Zébulon dont le mari est non seulement absent pour cause de travail sur des plates-formes pétrolières, et en plus ayant la réputation d’être impuissant.

Une étreinte d’une nuit dans le sud, avant qu’il ne parte ou plus exactement qu’il ne fuit. Il est très attiré par Sabine, mais elle le fuit. Et voilà qu’il apprend qu’elle est enceinte. De qui ? De lui, et en même temps sa relation avec Bambi va mal car elle ne comprend pas son refus de paternité.

Les tourments d’un trentenaire qui refuse de vieillir. Sujet quelque peu rabattu. L’homme angoissé par rapport à la paternité. On connaît ! Félix est un bon modèle de cette génération gâtée, favorisée, qui s’occupe surtout et avant tout davantage de l’introspection de son nombril que de son entourage. C’est une montagne d’égoïsme, dépourvu de la moindre parcelle d’empathie, qui passe son temps à se lamenter sur son sort et ne comprend pas que l’univers ne tourne pas autour de sa petite personne. De fait, il est plutôt très antipathique, immature, pleurnichard. Un jouisseur du moment présent mais qu’à la condition qu’il y trouve ses intérêts personnels, n’ayant, de fait, strictement rien à faire du ressenti des autres. S’il va voir Zébulon malade, ce n’est pas pour le réconforter, mais pour essayer de voir la voisine. Toujours intéressé.

Mais là où je serai plus critique, c’est qu’indéniablement [**Jean-François Pigeat*] a écrit trop vite. Je passe sur les téléphones : parfois on se croirait revenu il y a trente ans (il mentionne les téléphones de cabines qui n’existent plus depuis plusieurs années), il y a des portables parfois et d’autres fois non ; mais le pire est la grossesse de Sabine. Soit, ils font des galipettes sans préservatif. Mais quand on fait attention au fil de l’histoire, il n’apprend la grossesse au moins deux mois et demi après (soit la période qui comporte la semaine de son retour à Paris, les deux mois d’hospitalisation de Zébulon et au moins une semaine voire quinze jours avant qu’il ne lui rende visite). Or, Sabine est enceinte de cinq semaines ! Et il se pose la question de savoir s’il est le père ! Félix est peut-être nul en calcul , mais il ne faut quand même pas pousser Mémé dans les orties, surtout sur une question aussi sensible, qui est la base même de l’histoire (la venue d’un bébé) !

Ce simple mauvais calcul m’a grandement gâché ma lecture et j’ai trouvé, je dirais presque par voie de conséquence, la fin bâclée et assez incompréhensible. Mais j’étais peut-être trop dérangé par l’illogisme du récit pour en apprécier la chute !

Dommage car il a de très bons moments de littérature comme quand il décrit les paysages du sud. On entend le chant des cigales !

[** Émile Cougut*]


[**L’Ordre des Choses
Jean-François Pigeat*]
éditions Le Dilettante. 18€


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WUKALI Article mis en ligne le 10/03/2019)]

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