A showman loved by teenagers and their parents and studied at school!


C’était ce 26 mars à Aix, au festival Tous en sons : un concert de folie ! [**Aldebert*] a besoin de raconter des histoires. Cela se voit, c’est une évidence. On le sent bien, on le sent libre, libre d’aller partout musicalement déjà. Et sur scène, quel punch, quelle vitalité !

Mais il faut bien plus que cela pour retenir l’attention des enfants. Il faut être authentique, sincère, car le jeune public ne pardonne pas, il ne fait pas semblant, et s’il s’ennuie, si cela ne lui plait pas, il le dit, il le montre. Aussi quand tout le monde reprend ses couplets, ses refrains, on a vite compris que ce chanteur-là fait partie de la famille. Comme [**Anne Sylvestre*] qui marque les enfants comme les adultes et a toujours malaxé les mots avec plaisir. Comme [**Henri Dès*], qui comme Aldebert (bien que dans une moindre mesure) est sans doute plus un chanteur familial qu’un chanteur pour enfant.

[**Guillaume Aldebert*] accompagne tous les moments de notre vie, des heureux, des malheureux, des enthousiasmants, des ennuyeux, ceux qui font peur, ceux qui font rire, et il reste vigilant sur ce qu’il raconte. La réalité c’est une chose, l’imaginaire en est une autre, et combiner les deux avec autant de talent, c’est juste formidable. Aldebert rassemble toutes les générations, sans infantiliser le propos. C’est le risque, car sous prétexte que le public est très jeune, certains en font des tonnes, et endorment et jobardent l’auditoire… Avec lui, pas de risque! L’artiste est irrésistible quand il s’adresse aux enfants sur scène et les parents succombent eux aussi…


Le décor est superbe et plein de trouvailles. Des ombres chinoises défilent sur une fenêtre devenue écran, une maisonnette au « 90 de la rue des Granges » se colore de milles nuances, des instruments de musique, des arbres et des fleurs complètent le tout, et 5 comparses qui sont heureux d’être là affichent une belle complicité avec Aldebert. Il démarre avec « Les somnambules», « Capucine », puis donne une recette « Pour louper l’école ». Peut-être pour se racheter, car il ne faut pas louper l’école, cela va de soi, on prend des leçons de jolies citations avec « les ani-mots »,

Cette chanson c’est une ménagerie
Regarde les souris dansent le tchat tchat tchat
On va devenir chèvre crois-moi
À courir plusieurs lièvres à la fois
Des copains comme cochons
J’en ai plein ma chanson
Même pas peur, avec « Dracula »
…. Puis, il le dit tout de go, « On en a marre de Noël ! »… Puis on craque, littéralement quand il explique à sa « fille » (qui est chantée par [**Malou*], la fille du musicien [**Hubert*]) « La vie c’est quoi ». Goutez quelques extraits de ces questions réponses :

C’est quoi le remord?
C’est un fantôme qui flâne.
Et la routine?
Les envies qui se fanent.
C’est quoi l’essentiel?
C’est de toujours y croire.
Et un souvenir?
Un dessin sur la mémoire.
C’est quoi un sourire?
C’est du vent dans les voiles.
Et la poésie?
Une épuisette à étoiles…

Le refrain, déclaration d’amour du papa qui répond à la question :
« Mais dis papa, la vie c’est quoi ? »
« Petite, tu vois,
La vie, c’est un peu de tout ça, mais surtout c’est toi.
C’est toi.
»

Puis, c’est pas tout ça, mais il faut admettre qu’on nous dise de temps en temps « Range ta piaule », c’est moins poétique certes. Puis il enchaîne avec les « Super pouvoir pourris », « Le Zombie ». Aldebert chante, joue, mime, et en forçant les traits comme toujours, on l’aurait deviné, il est « hyperactif ».

Et comme aujourd’hui les enfants restent innocents moins longtemps que dans le passé, on découvre forcément des chansons un peu tristes dans le répertoire. On se souvient de « Qu’est devenu Nagawicka » de [**Jacky Galou*], une chanson mélancolique qui elle aussi critiquait notre société de consommation. Aldebert à son tour devient grave quand il s’adresse à « Madame Nature » : « promis juré, de vous à moi, je vais changer, que vous soyez au moins une fois fière de moi ». Et on rêve encore avec le chanteur, on voyage dans sa « Maison monde », un hymne à la tolérance…

Réveiller nos consciences, c’est nécessaire. Mais on n’oublie pas qu’on est ici aussi pour faire la fête ! Une Super-Mamie choisie dans la salle est invitée à monter sur scène. Elle sera couronnée, habillée d’une cape rouge, et jouera le jeu. Une super-héroïne mise en scène par Aldebert, et toute la salle chante. Puis six papas volontaires l’attrapent, la soulèvent, et hop, c’est parti, la mamie vole ! Tout le monde chante, danse, c’est la folie. Un peu fou Aldebert sur scène, il est monté sur ressorts, et…. sur roulettes ! la salle s’enflamme quand sur scène il envoie « Du gros son », une chanson … explosive !

Il a avoué, à la conférence de presse pour enfants qui s’est tenue au grand Théâtre la veille, qu’il chausse des baskets spéciales avec une roulette sous le talon qui permet de glisser. « On peut marcher normalement, sauter, courir et soudain, on roule et on traverse la scène très vite ! Ce n’est pas très dur mais je me suis quand même pris des gamelles surtout à cause de câbles de guitare fixés au sol ! » Et si vous pensiez qu’Aldebert a toujours voulu faire ce métier, du tout ! «Je pensais que ce n’était pas pour moi ! Je voyais ça à la télé, mais c’est tout. Je n’avais aucune connexion avec ce milieu là. Cela s’est fait, petit à petit, grâce à des rencontres, des choix».

Il avait formé un groupe avec des copains de musiciens. Ensemble ils se produisaient dans des bars, des cafés, des festivals. Aldebert qui était alors animateur dans une école primaire raconte : « Soudain me suis retourné, et je me suis dit : mais, c’est en train de devenir mon métier ! Et ce que j’adore, c’est que dans ce métier, c’est comme s’il y avait plein de métiers différents. Je compose, j’interprète, je raconte une histoire, je vais chanter, bouger, il y aura des lumières, il y a plein de petits sketchs avec les musiciens, des échanges avec le public…. »

Aldebert a ce don de s’émerveiller toujours. «Il y a plein de propositions qui arrivent, des tas de projets qui se montent, des choses que nous n’avons jamais faites !» Il nous parle de ces compagnons de route, complices de l’Aventure.

Et à la question : Est ce que c’est un métier difficile, il répond : «Non, ça ne l’est pas, parce que j’adore ça. Ce qui pose parfois problème, c’est de quitter la famille, ma femme et mes trois enfants, qui sont encore petits, pour partir en tournée. Il faut gérer les absences, mais j’y arrive. Et puis la récupération physique, c’est parfois un peu plus compliqué ! Il y a dix ans cela me posait moins de problèmes … car le show est assez sportif !»

Les gamins écoutent les chansons en boucle, à la maison, dans la voiture et les parents suivent ! Et cette maman d’avouer à la conférence, qu’elle ne sait pas qui est plus fan d’Aldebert, sa fille, ou elle ! Et à l’école, quel bonheur, on étudie et chante [**Aldebert*] !

A l’école, justement, quel élève était-il ? On apprend encore qu’il était bon en français, mais qu’il avait un peu le traumatisme des mathématiques. Il adorait le sport et les arts.

La rencontre était déjà un show en soi, et le spectacle un cadeau. Car dans une époque où, il faut bien le dire, on prend les enfants pour des cibles marketing, qu’on appâte bêtement, et dans laquelle pour vendre, on développe en eux quelques bas instincts de jalousie ou d’égoïsme, Aldebert nous fait du bien ! Avec lui, les enfants « prennent de la hauteur », car on vous le dit : Aldebert élève le niveau et sans tapages, sans pub, avec très peu de TV et de radio… il est là, grâce à son public. Le bouche à oreille fonctionne bien. Du travail, des jolis textes, de jolis mots intelligents et drôles, de la poésie, du bon son, de superbes arrangements, une belle présence sur scène, à la fois pleine de vitalité et de tendresse, tout cela mis à la portée des enfants. Cela nous donne un spectacle vivant avec de nombreux échanges. [**Guillaume Aldebert*] nous régale de sa ribambelle d’ Enfantillages ; que ce soit l’album 1, le 2 ou le 3, c’est excellent. Bientôt le 4ème, « Enfantillage autour du monde », il nous tarde… Le jeune quadra nous fait rentrer, dans sa cour de récréation ! On peut parler de tout, rire de tout, aller partout avec lui et on le suivra longtemps encore.

[**Pétra Wauters*]


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WUKALI Article mis en ligne le 27/03/2019

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