Two main Kings and an absolute Queen


Les [**Tudors*] ! Au delà d’une série télévisuelle, dans notre imaginaire nous pensons immédiatement à [**Henri VIII*] comparé à Barbe-Bleue et à[** Élisabeth I*], la reine vierge. Bien sûr, les Tudors se sont ces deux monarques qui ont plus que marqué l’histoire de l’Angleterre, de l’Europe, voire du monde, mais pas que ! Tout d’abord, il y a les trois autres souverains composant cette dynastie (on ne prend pas en compte la très éphémère reine [**Jane*] qui, d’ailleurs, ne fut jamais couronnée), mais surtout elle fait la transition entre les [**Plantagenet*] et les[** Stuart*], entre le Moyen-Âge et la Renaissance.

Tout commence le 21 août 1485 à la bataille de Bosworth que remporte [**Henri de Richemond*]. Il est le descendant d’une obscure lignée de la petite noblesse dont les ancêtres se sont élevés dans la société féodale, jusqu’à avoir, grâce à la complexité des liens féodaux et familiaux, quelques très lointains droits à la couronne. Quoiqu’il en soit, après une vie pleine de péripéties, il affronte les troupes royales commandées par [**Richard III*] et vainc ce dernier malgré une totale infériorité en moyens tant humains que matériels. Le dernier Plantagenet tué à Bosworth, Henri se fait couronner et se montre un monarque respectueux des droits des Anglais, tout en se construisant une réputation d’avare. Comme tous ses successeurs il se méfie de tous les potentiels prétendants au trône, tant ses droits étaient « faibles ».

Puis vient son fils, [**Henri VIII*], l’ami d'[**Erasme*], le poète, le croyant (il a même écrit un livre réfutant les thèses de Luther), le lecteur quasi compulsif. Mais il est obsédé par sa volonté d’avoir une descendance masculine. C’est la principale raison (mais pas la seule car sa peur de vivre dans le péché (mortel) était sincère) de son « divorce » avec [**Catherine d’Aragon*] et de ses conséquences : la remise en cause de l’autorité de « l’évêque de Rome » et le schisme avec l’Église apostolique et romaine. Avec son clergé il crée une variante du catholicisme, ce sont ses successeurs (essentiellement Elisabeth) qui se rapprocheront du protestantisme tout en combattant (très violemment), ses courants les plus extrémistes. Et ses problèmes privés eurent une répercussion sur sa politique étrangère. De fait, son rêve est de récupérer physiquement (il s’en donnait le titre) le trône de France. Alliance avec [**Charles Quint*], rupture avec ce dernier ; guerre avec[** François I*], réconciliations, pas toujours heureuses ou du moins couronnées de succès (que l’on songe au Camp du drap d’or). Personnage très cultivé, il résume à lui seul la complexité des hommes de cette époque de transition en faisant montre d’une grande cruauté. Il sait s’entourer d’hommes de grandes qualités (Woslay, Moore, Cromwell) qu’il disgracie, voire fait exécuter quand il change de politique. Un vrai prince selon les écrits de [**Machiavel.*]

Son fils, [**Édouard VI*] ne vécut et ne régna pas assez longtemps pour marquer durablement le royaume. Il n’en est pas de même de la première fille d’Henri, [**Marie*], surnommée la sanglante, l’épouse de[** Philippe*], le fils de Charles Quint, la reine qui voulait restaurer le catholicisme, elle n’était pas pour rien la petite fille d’Isabelle la Catholique pour rien.

Et puis, il y a sa demi-sœur, [**Elisabeth I*]. On connait bien tout ce qu’elle fit pour son royaume, c’est elle qui en fait une vraie force navale, qui ouvre l’Angleterre vers le monde s’intéressant moins aux problèmes du continent, les luttes avec l’Espagne catholique (avec comme point d’orgue le désastre de l’Invincible Armada), ses relations plus que très ambiguës avec sa cousine [**Marie Stuart*], sacrifiée sur l’autel de la raison d’État (et aussi parce qu’elle était une prétendante très sérieuse pour le trône d’Angleterre qu’elle ne manquait pas de revendiquer). A sa mort, le royaume ne ressemble plus, ou du moins de loin, à celui de son grand père Henri VII. Les liens féodaux ont évolué, la noblesse a été définitivement « mise au pas », les prémices de la démocratie parlementaire sont en place. Et c’est son successeur, [**Jacques I*], le fils de [**Marie Stuart*] qui achèvera la construction du Royaume-Uni avec l’intégration de l’Écosse dont il était aussi le roi.

[**Bernard Cottret*], déroule cette période avec talent, nous décrit, à travers trois générations les bouleversements, les changements qui propulsent la Grande Bretagne, de petite puissance européenne, à la première place mondiale.

[** Félix Delmas*]


[**Les Tudors
Bernard Cottret*]
éditions Perrin. 25€


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WUKALI Article mis en ligne le 21/04/2019

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