A lyric singer accompanied by school kids. The Festival de Pâques in Aix en Provence, a very congenial music event and for all!

C’est au tour de la belle [**Catherine Trottmann*], 27 ans, de convier parents et enfants à un spectacle conçu autour de la famille. Beaucoup d’efforts sont faits de la part des théâtres pour attirer le jeune public à l’opéra et on sait que la chanteuse s’est toujours impliquée dans ce genre d’action. Ça lui va bien, elle qui paraît tout juste sortie de l’enfance. Ce mercredi 24 avril, la jeune femme joyeuse et passionnée a embarqué tout son petit monde sur sa planète lyrique. Elle entre sur scène, éclatante comme un rayon de soleil en ce jour de pluie, les mains sur ses joues, l’air ingénue, candide, troublée. Un rôle de composition, vous l’aurez compris.

« Elle est charmante ». Karolos Zouganelis, pianiste originaire d’Athènes nous présente la belle, qui, dans sa ravissante robe blanche, fait quelques pirouettes. Ses mimiques, sa gestuelle amusent le public. « Je suis encore toute étourdie », nous chante t-elle, extrait de Manon, de [**Jules Massenet*]. Etourdi, le public, l’est aussi, charmé par cette fraîcheur de l’air d’entrée de Manon, où la jeune fille doit être conduite au couvent.

La voix de Catherine Trottmann est superbe, une mezzo-soprano qui se situe entre deux couleurs. On la perçoit parfois comme une soprano, parfois comme une mezzo. Mais elle jonglera avec les deux, car sa voix est souple, modulable, ce qui lui permet des coloratures naturelles, faciles. Oui, cela paraît facile, mais le travail est là, même si de toute évidence, les fées se sont penchées sur son berceau pour lui offrir tous ces talents. Son jeu de scène, très riche, nous la livre tantôt espiègle, malicieuse, amoureuse, moqueuse, désespérée ou encore en colère, bref, elle est émouvante !


Le pianiste fait preuve d’habileté, de technique. il ne fait pas que l’accompagner, il semble presque la « chaperonner » et nous aussi, nous la suivons. Même quand elle nous joue le vilain garnement comme dans La Tragique Histoire du Petit René de [**Poulenc*], qui passe son temps à se mettre les doigts dans le nez ! On la suit encore quand elle nous présente Les 17 filles de Madame Eustache, qui pour cadeau de Noël, demandent à leur mère : une petit fille ronde et joufflue comme un ballon, avec un petit nez farceur, avec les cheveux blonds, avec la bouche en cœur ! On l’accompagne chez le médecin, car tristesse, enfant trop bien portant elle espère tomber malade et ainsi se faire dorloter par son papa et sa maman.

Catherine Trottmann nous raconte des histoires et elle nous avoue aimer ça. Elle nous parle des compositeurs. Avec elle, on pénètre dans le monde des parents. Il faut savoir leur parler quand on est enfant et la chanteuse nous explique tout. Comment le papa peut-il résister à l’écoute de cet air chanté par sa fille qui le supplie de sauver l’amour qu’elle porte à son bien-aimé ? Son amoureux vient d’une famille avec laquelle la sienne est brouillée. Dans le Gianni Schicchi de [**Giacomo Puccini,*] il y a un peu du Roméo et Juliette… mais chaque chose en son temps, on y arrive. Il s’agit-ici de « O mio babbino caro », (Oh mon petit papa chéri) le célèbre extrait si souvent chanté par [**Maria Calas*]. Vous vous en doutez, après un si bel air, si tendrement interprété, le père n’a pas pu refuser la requête de sa fille.

Dans un tout autre registre, on est séduit par l’interprétation candide de « Ah vous dirai-je maman (version populaire de la musique de [**Mozart*]). Puis, on est attendri par Aline, la fille du roi qui demande pardon à son père pour tout le souci qu’elle lui cause. On part en visite chez « le Roi Pausole » d’[**Arthur Honegger*], dont la musique réunit à la fois légèreté et richesse de composition. Et enfin, il y a l’incontournable histoire tragique de Roméo et Juliette de Shakespeare tant de fois adaptée. Notre Juliette / Catherine nous la résume et nous livre un passage heureux, pour ne pas nous accabler.

Des extraits de[** Gounod*], « Valse », ou encore la version contemporaine de [**Bernstein*], dans West Side Story avec un irrésistible « I feel pretty ». Petit tour au paradis dans cette après midi de fête, un hymne à la vie avec la « Mélodie de Bonheur ». C’est avec « Do ré mi », de[** Richard Rodgers*] et [**Oscar Hammerstein II*], que Catherine Trottman termine le récital. Elle n’est pas toute seule. Elle a convié sur scène des élèves de l’école de Cuques à Aix-en-Provence. Des enfants d’une dizaine d’années avec lesquels elle a travaillé sur plusieurs chansons. Le résultat de ses interventions en amont du concert est bluffant !

[**Pétra Wauters*]


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WUKALI Article mis en ligne le 27/04/2019

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