Prehistorical search in the eponym site of Aurignac in France


Soixante ans après les dernières fouilles de l’Abri-sous-roche d’Aurignac organisées par le préhistorien [**Louis Méroc*], un nouveau programme de recherches porté par une équipe pluridisciplinaire du laboratoire d’archéologie TRACES de Toulouse (Université Toulouse Jean Jaurès-CNRS), en partenariat avec le Musée de l’Aurignacien et le Conseil départemental, a pour objectif de compléter nos connaissances sur ce site éponyme majeur de la préhistoire mondiale.

[**Historique des précédentes fouilles*]

La [**grotte d’Aurignac*] fut découverte en 1852 par [**Bonnemaison*], ouvrier local, lors de travaux. Avec le maire d’Aurignac de l’époque, le [**docteur Amiel*], il explore une partie de la grotte et y découvre notamment des squelettes et quelques outils en pierre taillée. Ce n’est qu’en 1860 qu’[**Édouard Lartet*], préhistorien et paléontologue français, entend parler de ces découvertes et entreprend une fouille. À ce stade, la découverte d’Aurignac permet d’appuyer la démonstration de la cohabitation de l’Homme avec des espèces animales fossiles. Au 19e siècle, l’archéologie et la préhistoire sont alors encore des disciplines naissantes.

Aurignac connaît une seconde heure de gloire au début du 20e siècle lorsque l’[**Abbé Breuil*] établit les principales périodes se succédant durant la Préhistoire. À partir des travaux d’Edouard Lartet à Aurignac, il crée l’appellation « l’Aurignacien » en se basant sur les formes d’outils en pierre et en os retrouvés entre autres dans la grotte. Malgré cela, le secteur ne sera que peu exploré par la suite. La grotte est alors quasiment vidée.

En 1938-39, [**Fernand Lacorre*] explore la petite terrasse située devant la grotte et y découvre quelques nouveaux objets aurignaciens. Entre 1924 et 1960, [**Louis Méroc*] entreprend différents sondages dans le prolongement de la falaise dans l’espoir de découvrir de nouvelles traces de l’Aurignacien. Ses efforts seront alors un relatif échec puisqu’il bute en plusieurs points sur de gros blocs de calcaires l’empêchant de poursuivre ses travaux.

Il faudra attendre 1961 pour que Louis Méroc, avec l’aide d’une pelle mécanique, creuse une large tranchée à l’est de la grotte. Dans celle-ci, baptisée « Aurignac II », il découvre un niveau de sédiments noirâtres contenant des objets typiques de l’Aurignacien. Il en conclut, comme il le pressentait, que les traces de l’Aurignacien sont sans doute présentes en plusieurs points du vallon de Rodes, mais masquées par d’importants volumes d’éboulis. Malgré cela, L. Méroc et la plupart de ses collègues travaillant sur l’Aurignacien vont se concentrer à partir des années 1960 sur la Dordogne. Le vallon de Rodes tombe alors petit à petit dans un relatif oubli…

[**2019 : un nouveau programme de fouilles*]

Après plus d’un siècle de travaux sur l’Aurignacien en France et en Europe, les connaissances se sont étoffées sur cette période clé de la Préhistoire. [**On sait maintenant que l’Aurignacien, entre 42 et 33 000 ans avant le présent, correspond à l’arrivée des Homo sapiens en Europe de l’Ouest où ils rencontrent, côtoient et finissent par absorber les derniers Néandertaliens*]. On sait également qu’ils sont responsables de l’essor des représentations artistiques et symboliques comme à[** Chauvet*] et d’importantes transformations dans le mode de vie de ces populations des chasseurs-cueilleurs nomades. On constate aussi que l’Aurignacien n’est pas un ensemble homogène et qu’il peut être subdivisé à partir de méthodes de production et des formes des outils en pierre en os.

[**L’intérêt de la reprise des fouilles sur le site d’Aurignac*]

Les fouilles sur ce site sont anciennes et imprécises selon les standards actuels, on ne connait donc pas réellement la nature des occupations du vallon de Rodes. S’agit-il de véritables habitats ? D’une brève halte de chasse ? À vrai dire, on ne sait pas réellement s’il y a un seul Aurignacien à Aurignac ou s’il s’agit, plus vraisemblablement, de l’accumulation de plusieurs épisodes d’occupation… Pour répondre à ces questions, il est donc impératif de réétudier le matériel des anciennes fouilles et de mieux comprendre comment des dépôts archéologiques sont organisés sur le terrain.

Plus largement, l’Aurignacien du piémont des Pyrénées demeure encore mal caractérisé. On se base généralement sur la chronologie et les découpages technologiques établis à partir des sites périgourdins, mais les travaux récents montrent que des décalages existent. Parmi les sites où de l’Aurignacien a été retrouvé dans la région ([**Mas d’Azil, Foix, Montmaurin,*] etc.), le secteur du[** vallon de Rodes*] constitue l’un des cas les plus favorables pour, à terme, récolter de nouvelles dates et de nouveaux objets et discuter de la définition de l’Aurignacien pyrénéen.

Sous la direction de [**Mathieu Lejay*], préhistorien géoarchéologue, et [**Lars Anderson*], préhistorien, du laboratoire d’archéologie Traces de Toulouse (Université Toulouse Jean Jaurès-CNRS), cette opération permettra de compléter les connaissances des scientifiques sur l’Abri-sous-roche d’Aurignac, un des sites éponymes majeurs de la préhistoire mondiale, datant de la période la plus ancienne.

[**Les axes de recherche du programme de fouilles 2019*]

[**Axe 1 : Géomorphologie et prospection du vallon*]

– Poursuite des travaux de reconnaissance non invasifs du vallon (prospections pédestres uniquement)
– Cartographie LIDAR du secteur

[**Axe 2 : Reprise tranchées Aurignac II*]

– Défrichement de l’emprise
– Nettoyage des coupes
– Évacuation et tamisage systématique des déblais anciens et récents
– Levées 3D du secteur et relevés des coupes stratigraphiques
– Échantillonnage sédimentologie et datation

[**Axe 3 : Réévaluation des opérations anciennes*]

– État des lieux et étude des collections (Toulouse, Aurignac)
– Récolement des archives anciennes (carnets de fouilles, courriers, etc.)

Le[** Musée de l’Aurignacien*], géré depuis 2016 par un syndicat mixte réunissant le Conseil départemental de la Haute-Garonne et la Communauté de Communes Cœur et Coteaux du Comminges, est un musée d’archéologie préhistorique appartenant au réseau national des « Musées de France« . Il permet de découvrir un patrimoine à valeur universelle, composé d’un abri sous roche et d’une collection de référence issue principalement des fouilles du site.

[**Communiqué Conseil départemental de la Haute-Garonne*]


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