A celebrated and loved female French cancan dancer, from fame to misery


Si un jour vous allez sur les pas de [**François Mauriac*], vous passerez dans le petit village de Verdelay à une trentaine de kilomètres de Bordeaux. Dans le cimetière à l’ombre de la basilique se trouve la tombe de [**Toulouse-Lautrec*]. Tout de suite dans votre esprit défilent les affiches, les tableaux, des noms, toute une époque celle de la fin du XIX siècle. Dans ces images, vous pensez aux deux panneaux se trouvant au musée d’Orsay qu’il peignit pour le théâtre de son amie la Goulue.

[**La Goulue,*] [**Valentin le désossé*], [**Aïcha*], danseuse et amie de la Goulue (la grand-mère maternelle d’une certaine [**Édith Piaf*]), déjà retentissent les premières notes du quadrille « naturaliste », le French-cancan, cette adaptation du quadrille infernal d’Orphée aux Enfers de [**Jacques Offenbach*]. Derrière ces images, ces noms, ces notes il y avait des personnes vivantes qui connurent leurs heures de gloire avant de retomber dans l’anonymat. Le meilleur exemple est certainement [**Louise Weber*] surnommée[** La Goulue*].

Le 11 juillet 1866, la petite Louise nait en banlieue parisienne dans une famille originaire du Bas-Rhin. Elle est le quatrième enfant de cette famille peu aisée qui tombe lentement dans la misère à la mort du père. Très jeune, elle travaille dans une blanchisserie avec sa mère, mais ne pense qu’à une chose : danser, danser, et encore danser. Elle a une façon bien à elle de danser, hors des standards de la « bonne société », elle est d’une souplesse remarquable (et remarquée) à un jeté de jambes exceptionnel.

C’est l’époque des bals populaires où très vite la Goulue se fait remarquer. En plus (et surtout), elle la chance de faire des rencontres qui vont changer sa vie : [**Grille d ‘Égout *] qui va devenir sa partenaire pour le quadrille naturaliste à l’Élysée Montmartre, [**Valentin le Désossé*] et surtout [**Joseph Oller*] qui va créer le Moulin Rouge.

Pendant une quinzaine d’années, La Goulue va devenir la vraie reine des nuits parisiennes. Elle qui connut la misère et la prostitution, va devenir riche et collectionner les amants prestigieux comme le [**Prince de Galles*]. Ses amis sont [**Toulouse-Lautrec, Forain, Degas*] et j’en passe.

Et puis, elle arrête. C’est la grande époque des fête foraines (rien à voir avec ce qu’elles sont devenues) : elle crée une baraque de danse qui connait un succés certain et surtout réalise son rêve : elle achète une ménagerie et devient dompteuse. C’est l’époque où elle a un fils, où elle se marie. Et c’est le début de la déchéance : son mariage est un échec, le goût du public change et surtout arrive la Première Guerre mondiale. L’heure n’est plus à la fête, elle vend sa ménagerie, et devient commerçante de friandises. Progressivement elle retombe dans la misère, son fils dépense aux jeux toute la fortune de sa mère. Bien sûr, elle est toujours La Goulue, un mythe dans le monde de la fête et de la nuit, mais c’est aussi une alcoolique vivant seule dans sa caravane. Et elle finit par mourir en 1929 et est enterrée avec les années folles au cimetière de Pantin, entourée d’une poignée de « fidèles ». Elle voulait pour dernière demeure le cimetière de Montmartre et en 1992 une foule importante assiste au transfert de ses cendres grâce à son petit fils. Elle est enfin reconnue comme un symbole d’une époque durant laquelle le « Tout Paris » était à ses pieds.

[**Maryline Martin*] nous dresse le portrait de cette femme vulgaire, souvent insouciante qui aimait la vie et qui a souffert. Elle le fait à partir de documents jamais exploités comme ses « cahiers » dans les quels elle raconte sa vie. Un livre agréable à lire qui recrée pour notre plaisir une époque à jamais révolue.

[**Félix Delmas*]|right>


[**La Goulue
Maryline Martin*]
éditions du Rocher. 17€90


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WUKALI Article mis en ligne le 10/07/2019

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