Emilio Trad
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Le peintre argentin Emilio Trad de retour à Paris

par Communiqué

Absent des cimaises parisiennes depuis une dizaine d’années, l’artiste argentin d’origine libanaise Emilio Trad revient nous envoûter grâce à la complicité du galeriste français Francis Barlier et du galeriste libanais Cheriff Tabet*, qui se sont associés pour exposer une sélection d’œuvres récentes.


Emilio TradEmilio Trad
Photo © Barnabé Lambert

Ainsi, parmi les œuvres proposées, Emilio Trad exposera pour la première fois une dizaine de triptyques, forme nouvelle pour l’artiste. Ces objets d’art, qui peuvent être présentés fermés comme ouverts, offrent au regard, une fois déployés, deux scènes différentes  : l’une au recto et l’autre au verso. Ce qui permet au peintre de nous proposer les deux faces d’une même énigme.

« Trad fait partie des marginaux qui savent encore incarner aisément, en quelques traits, un lieu, une figure, un portrait », note la critique d’art Françoise Monnin dans l’ouvrage1 qu’elle a consacré à l’artiste, soulignant une maîtrise aujourd’hui rare du dessin comme de la peinture. Une maîtrise dont l’artiste a acquis les bases à l’Ecole des Beaux-arts de Buenos-Aires où il a reçu dans les années 1970 une formation classique comme on n’en délivre plus, qu’il a perfectionné en s’initiant auprès de Luis Maestro à la peinture sur le motif, en pleine nature, et qu’il a affûté au tran-chant par la fréquentation assidue des maîtres anciens dans les plus grands musées du monde.

A 19 ans, en effet, Trad est parti faire un “grand tour” qui l’a mené de New York à Florence, Rome, Amsterdam, Bruxelles et bien entendu Paris.

Entre 21 et 25 ans, tout en développant son œuvre personnelle, il a hanté le musée du Louvre et celui d’Orsay, copiant les tableaux de Leonard de Vinci, Michel Ange, Ingres, Millet ou Monet, en tentant d’en percer les secrets.

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La force de la tradition

C’est qu’Emilio Trad s’inscrit ainsi résolument dans la tradition d’une peinture européenne dont il connaît sur le bout des doigts l’histoire et les techniques. Une tradition qui, comme l’écrit Françoise Monnin, a vu le jour sous l’Antiquité, s’est perpétuée au cours du Moyen-âge et de la Renaissance, mais a été «abandonnée par l’essentiel des Modernes». Si Trad, au contraire, s’y rattache, c’est animé par une conviction: «Il n’y a de révolution artistique possible qu’à l’intérieur de la tradition et non en dehors d’elle

Autoportrait au fil d’Ariane. Emilio Trad.
Huile sur toile, 120x120cm

Surtout il y a pour lui un savoir inestimable, patiemment accumulé au fil des générations, qu’il faut avoir assimilé pour pouvoir avancer et pousser plus loin l’aventure.

Car comme les maîtres anciens Emilio Trad peint à l’huile, il commence ainsi ses toiles par la composition en s’appuyant sur ses connaissances en géométrie, sur les règles immuables de la perspective et en appliquant le principe du nombre d’or. C’est sur cette architecture solide qu’il pose ensuite, avec une même science, sa palette de couleurs.

Le passage

L’homme au perroquet. Emilio Trad
Huile sur toile, 50 x 60 cm

Qui plus est, loin d’être un corset, la maîtrise technique ouvre les portes de la liberté créative. C’est parce qu’il a parfaitement intégré les règles fondamentales de la composition et du langage chromatique que l’artiste peut laisser sa main danser sur la toile. Alors Emilio Trad nous livre ainsi dans chacune de ses œuvres une parcelle de son paysage intérieur peuplé de symboles, de références à l’histoire de l’art, de villes chères à son cœur et d’artefacts contemporains, telles ces cannettes de Coca-Cola dont il confronte le rouge à celui des drapés de Rubens.

Avant tout, il compose savamment des énigmes qui captivent le regard et face auxquelles nous nous trouvons «tel Œdipe face à son Sphynx, happé par son mystère, plus soucieux finalement d’en prolonger indéfiniment la saveur que de l’anéantir en le résolvant2.»

C’est pourquoi ses œuvres, à la tonalité souvent prophétique, ouvrent des passages: entre le réel et l’imaginaire, entre un passé dont il assume l’héritage et un avenir qui reste à construire, entre le chaos apparent du monde et cette harmonie universelle et éternelle que l’artiste a,selon lui,mission de révéler.

(1 –« Emilio Trad », Françoise Monnin, éditions Snoeck, 2007.2 -Ibid.)

Emilio Trad revisite l’art du triptyque

Emilio Trad présente pour la première fois une dizaine de triptyques. Dès lors, des objets d’art aux multiples facettes qui permettent à l’artiste de déployer ses énigmes en plusieurs dimensions.

Tous les chemins mènent à Rome. Triptyque côté recto. Emilio Trad.
Huile sur bois, 50x60cm

C’est ainsi que formés de trois panneaux de bois peints jouant sur charnière, ces objets suscitent immanquablement la curiosité, provoquent la surprise et permettent à l’artiste d’amplifier encore le mystère propre à ses œuvres. De dimension relativement modeste et destinés à être posés sur un meuble, ces triptyques peuvent être présentés fermés comme ouverts. Une fois déployés, ils nous offrent de surcroit deux scènes différentes (l’une au recto, l’autre au verso) ce qui permet à Emilio Trad de nous proposer à chaque fois les deux faces d’une même énigme. L’artiste revisite ainsi à sa manière une tradition née à Byzance au Xesiècle, qui s’est rapidement répandue dans toute l’Europe et s’est prolongée tout au long de la Renaissance. En conséquence, au cours de cette période, en effet, à côté des grands retables destinés à orner les églises, les petits triptyques étaient très prisés par l’aristocratie et les riches marchands.

Sevillana. Triptyque côté verso. Emilio Trad
Huile sur bois, 50x60cm

Exposé par deux galeries

L’exposition Le Passage*, d’Emilio Trad, est conjointement proposée par le galeriste français Francis Barlier et par le galeriste libanais Cheriff Tabet. Tous deux ont déjà exposé l’artiste argentin, chacun dans leur pays. Pour le retour des œuvres d’Emilio Trad sur les cimaises parisienne ils ont souhaité unir leurs forces pour donner à cet événement l’ampleur qu’il mérite.

Emilio Trad est né en 1959, à Buenos Aires. Il entre à l’école des Beaux-arts et s’initie en parallèle à la peinture sur le motif, en pleine nature, auprès de Luis Mastro.

C’est avec lui qu’il s’embarque en 1978, une fois obtenu son diplôme, pour un périple en bateau qui le conduit jusqu’à Gênes, première étape d’un voyage d’un an en Europe qui le conduit à Florence, Bruxelles, Paris, Amsterdam et Londres, où il visite avec avidité les grands musées pour voir les toiles des maîtres qu’il admire.

Puis il s’envole pour New York avec quelques dollars en poche et y reste cinq mois en vendant ses toiles grâce à un amateur d’art rencontré inopinément. Il retourne brièvement à Buenos Aires avant de s’envoler de nouveau vers Paris, où il se fixe en 1982, à 29 ans.

Il y expose ses toiles dès la première année et, parallèlement à son œuvre personnelle, exécute des copies au musée du Louvre et au musée d’Orsay : une école de patience et d’humilité qui lui permet d’entrer en intimité avec les grands peintres du passé.

En 1989 il gagne le “Prix André et Berthe Noufflard” de la Fondation France, en 1992 le Premier Prix de peinture du Salon d’Automne, en 1997 le Grand Prix de Barbizon et celui de la Fondation Taylor. Ainsi, exposé à Paris, Buenos Aires, Beyrouth, La Haye, Bruxelles, Londres et Miami, Emilio Trad partage l’essentiel de son temps entre la France, l’Argentine et désormais Séville, où il a vécu ces trois dernières années. Voyageur dans l’âme, il a récemment parcouru à pied le chemin de Compostelle depuis le Puy-en-Velay et celui de Paris à Rome.

Vision du 15 avril. Emilio Trad
huile sur toile, 130 x 97 cm.

Expositions

  • Expositions personnelles : 1983 Galerie l’Arcade, Paris. 1984 Galerie l’Atelier 15, Paris. 1993 Galerie Le Breton, Paris.1994 Galerie Palatina, Buenos Aires. 1995 Galerie Le Breton, Paris. 1996 Galerie Alice Mogabgab, Beyrouth. 1996 Galerie Palatina, Buenos Aires.1998 Galerie Francis Barlier, Paris. 1999 Galerie Palatina, Buenos Aires. 1999 Galerie Visconti, Paris. 2000 Galerie Alice Mogabgab, Beyrouth. 2002 Galerie Vendôme, Paris. 2003 Galerie Claudine Legrand, Paris. 2004 Arndean Gallery, Londres. 2004 Galerie « De Arte », Nantes. 2006 Galerie Alice Mogabgab, Beyrouth. 2006 Galerie « De Arte », Nantes. 2007Galerie Coppa Oliver Arte, Buenos Aires. 2008 Galerie Vendôme, Paris. 2008 Galerie « De Arte », Nantes. 2010 Galerie Vendôme, Paris. 2011 Galerie Alice Mogabgab, Beyrouth. 2013Galerie Aïda Cherfan, Beyrouth. 2017 Galerie Cheriff Tabet, Beyrouth.
  • Expositions collectives, foires et salons1 976 Galerie Victorica Arte, Buenos Aires. 1993 Salon d’Art Contemporain de Monaco. 2000 Art Brussels, Bruxelles. 2002 Galerie Vendôme, Paris. 2002 Art Brussels, Bruxelles. 2006 Salon international de Miami. 2012 Consul’Art, foire internationale de Marseille.
  • Prix et récompenses: 1977 Prix du Ministère de la Culture, Argentine. 1978 Prix du salon de peinture de Mar del Plata, Argentine. 1989 Prix de peinture « André et Berthe Noufflard « Fondation de France, Paris. 1992 Premier Prix de peinture au Salon d’Automne, Paris. 1997 Premier Prix de peinture au Grand Prix de Barbizon, France. 1997 Premier Prix de la Fondation Taylor, Paris.
Plaza de España, Séville. Emilio Trad.
Huile sur toile. 130 x 97 cm
  • La *galerie Francis Barlier est spécialisée dans la peinture contemporaine figurative. Située au cœur du quartier d’art parisien du faubourg Saint-Honoré, elle expose plus particulièrement depuis sa fondation, en 1988, des artistes de l’école de Paris. Fidèle à une ligne directrice forte et sans jamais succomber à la spéculation contemporaine, elle s’est imposée comme l’une des galeries parisiennes parmi les plus réputées, en défendant avec passion des artistes à contre-courant comme Pascal Vinardel, Rémy Aron, Didier Lap

    Cheriff Tabet par ailleurs a souhaité faire partager sa passion pour la peinture contemporaine, à laquelle il s’est d’abord consacré comme collectionneur. En 2017, après une carrière internationale de 40 ans dans la communication, il a créé sa galerie à Beyrouth. Dès lors, Il y a depuis organisé une vingtaine d’expositions d’artistes libanais ou d’origine libanaise, mais aussi français et canadiens. Située dans le quartier du port, sa galerie a été affectée par la terrible explosion du 4 août 2020. Il a réparé avec empressement les dommages, convaincu qu’il est essentiel de défendre l’art en toutes circonstances. Il développe aujourd’hui de nombreux projets, au Liban comme en France.

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