Un accident d’avion, l’aéronef, un jet privé, s’écrase dans la mer près de Corfou. Parmi les victimes un chercheur en biologie Myron, un Américain vivant à l’Isle sur la Sorgue en Provence avec Anne son épouse, décoratrice d’intérieur. Myron travaillait sur un médicament pouvant soigner le cancer du pancréas. Féru de culture japonaise, son meilleur ami Ota, lui a offert un érable du Japon, seul arbre du jardin que Myron soigne particulièrement. En outre, il procède régulièrement à la cérémonie des vœux qui consiste à pendre avec des cordelettes rouges des bouts de papier avec une question. L’arbre les lit et donne une réponse (immatérielle, il faut savoir les décoder).

Anne est ravagée, mais une série de faits tend à lui faire croire que contrairement aux conclusions de l’enquête, il ne s’agit pas d’un accident. Pourquoi toute l’équipe de Myron était elle dans le même avion contrairement à toutes les règles de sécurité ? Pourquoi l’aéroport de Corfou était-il ouvert alors qu’un nuage de particules causé par une explosion à Athènes se trouvait sur le trajet de l’avion ? Où donc se trouvent les clés USB et les disques durs contenant les résultats des recherches de Myron ? Pourquoi Link, le directeur du laboratoire où travaillait Myron lui cache-t-il des éléments ? Quel est la signification des différents papiers qui tombent petit à petit de l’érable du Japon ? Quel est aussi la signification du rêve qu’elle fit la nuit après la mort de Myron et au cours duquel il lui disait qu’elle était la seule à pouvoir l’aider ?
Toutes ces questions et quelques autres vont trouver un début de réponse quand l’érable du Japon commence à dépérir et qu’Ota, qui attendait un signe de son ami, intervient et trouve.
Les vœux flottants, ce roman de Marie B. Lévy, nous amène dans l’univers intellectuel du Japon traditionnel où les forces invisibles sont particulièrement présentes. On pense à bien des histoires de fantômes qui peuvent être soit très agressifs soit pleins de compassion. Et je ne parle pas des rapports avec la nature en général et des arbres en particulier. Les bains de forêt existent au Japon depuis longtemps, et leur effet thérapeutique n’est plus à démontrer.
Mais outre toutes ces références, y est abordé aussi la question du transhumanisme autour des recherches sur la biologie des cellules : est-ce une voie vers l’immortalité ? Et si la réponse est positive est-ce un progrès ? Est-ce qu’un immortel serait toujours un être humain ? Toujours le problème de science sans conscience n’est que ruine de l’âme, d’autant que si certains se posent ce genre de question, d’autres n’ont strictement aucun scrupule moral et sont prêts à tout pour faire aboutir leurs projets à leur profit.
Les vœux flottants est un beau roman qui nous amène sans mal sur la frontière ténue entre le réel et le rêve, là où il est impossible de pouvoir déterminer ce qui fait partie de la réalité et de l’illusion.
Les vœux flottants
Marie B. Lévy
éditions La route de la soie. 25€
Illustration entête: Marie B. Lévy. ©photo Sonia Bressler
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