C’est devenue une des plaies des musées de par le monde, volens nolens, des oeuvres volées, pillées, «elginisées» , ou provenant de trafics obscurs éclaboussent leurs collections et leur intégration dans les départements artistiques concernées s’apparente au déroulé .d’une déambulation criminelle et maffieuse aux multiples ramifications et avec des complicités dans différents milieux. Leurs histoires, et leurs origines sont diverses. Rappelons que le trafic de biens culturels représente aussi une source de financement selon les pays concernés pour les activités de terrorisme international, on a tous en mémoire notamment la guerre en Irak. Nous y avions consacré un article : Vols, trafic de biens culturels, faits divers, l’action des douanes ( Cliquer).

( National Museum of Asian Art, Smithsonian Institute)
C’est ainsi que le Smithsonian Institute, restitue à l’Inde un ensemble statuaire de bronze composé de trois statues volé au sud de l’Inde dans un temple tamoul au vingtième siècle
La recherche sur la provenance consiste à examiner minutieusement les caractéristiques physiques d’un objet ainsi que les preuves documentaires qui, ensemble, permettent de comprendre l’historique de propriété et les déplacements d’un objet au fil du temps. Les chercheurs identifient et examinent des informations provenant de sources aussi variées que des licences d’exportation, des registres de marchands, des inventaires, des dossiers de conservation, des manifestes de navires, des registres généalogiques, des photographies historiques, de la correspondance et bien d’autres encore, afin de reconstituer un historique de propriété aussi complet que possible. Cette recherche vise à mettre au jour et à raconter l’histoire complexe de chaque objet et des réseaux de personnes qui ont interagi avec eux au fil du temps.
Dans un communiqué, le musée a annoncé que l’un des trois bronzes, « Shiva Nataraja » (dynastie Chola, vers 990 apr. J.-C.), restera au NMAA dans le cadre d’une exposition permanente, grâce à un accord de prêt à long terme.

Le Smithsonian a acquis ce moulage particulier, également connu sous le nom de « Shiva dansant » ou « Seigneur de la danse », en 2002 auprès de la tristement célèbre galerie Doris Wiener, dont la fondatrice et sa fille Nancy Wiener étaient considérées comme les principales marchandes d’antiquités asiatiques à New York depuis les années 1980. Les Wiener semblaient être des clientes du marchand d’antiquités déchu et condamné Subhash Kapoor, qui a fait sortir clandestinement des milliers d’objets d’art de l’Inde et d’autres pays d’Asie du Sud et du Sud-Est.
Après la mort de Doris Wiener, sa fille Nancy a été accusée de trafic d’antiquités pillées, dont certaines avaient été acquises par Kapoor, et de falsification de documents (elle a plaidé coupable en 2021). Par la suite, la NMAA (National Museum of Asian Art) a publié les registres de provenance du « Shiva Nataraja ». Une initiative bénévole de recherche et de rapatriement d’objets pillés,(Cliquer) appelée India Pride Project, qui a examiné les registres de provenance du bronze. Ils ont découvert que Doris avait acheté le bronze en 1973 à la Rajrama Art Gallery de Londres, après l’adoption de la loi sur les antiquités et les trésors artistiques en 1972, mais qu’elle avait déclaré dans une lettre adressée à un conservateur l’avoir acheté en 1972. Selon le musée, il existe des preuves photographiques de la présence du « Shiva Nataraja » au temple Sri Bhava Aushadesvara à Tirutturaipoondi, dans le Tamil Nadu, datant de 1957.
Le « Somaskanda », un bronze du XIIe siècle représentant l’iconographie hindoue médiévale courante du dieu Shiva et de son épouse Parvati (Uma) assis avec leur fils Skanda (Murugan), et « Saint Sundurar avec Paravai », un moulage du XVIe siècle représentant le poète et saint tamoul Sundarar, un dévot de Shiva, et son épouse, seront remis à l’ambassade de l’Inde à Washington, DC, en vue de leur restitution. Ces deux bronzes faisaient partie des 1 000 objets qu’Arthur M. Sackler a offerts à la Smithsonian Institution en 1987 pour inaugurer la galerie qui porte son nom au NMAA.
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