Après Oxford, l’Ashmolean Museum et Manet, c’est au tour du Fitzwilliam Museum de Cambridge (G-B) de connaître les affres de la mise en place d’un appel de fonds publics pour recueillir £3,9 millions afin d’ acquérir un chef d’oeuvre de Poussin « L’extrême onction » et dont la valeur d’origine est de £14millions

Pour cela il bénéficiera de la même procédure juridique et fiscale visant à des exonérations de taxes prévues par la loi, Acceptance-in-Lieu scheme ( lire l’article précédent consacré à ce sujet)

Ce tableau de Nicolas Poussin a été peint entre 1638 et 1640, et fait partie d’une série de tableaux représentant les sept sacrements. Il appartient depuis plus de deux siècles à la famille des Ducs de Rutland dont la Fondation a vendu en 2011 un autre tableau de Poussin “L’ordination” au Kimbell Art Museum à Fort Worth (USA). Conséquence de cette transaction, « L’extrême onction » est proposé à la vente en vertu de la loi sur les droits de succession et des taxes sur les transactions de vente (idem infra) à la condition restrictive qu’il soit exposé au Fitzwilliam museum et comme le prix du tableau est bien supérieur au montant des frais de vente à acquitter pour la vente de “L’Ordination”, le bénéfice net restant sera de £3 ,876 000 pour la Fondation.

Mais le succès de cette opération de collecte de fonds sera probablement plus difficile et pour l’heure n’est nullement garanti. En effet un des principaux bailleurs officiels de financement The Art Fund Charity qui avait eu à débourser £850 000 pour l’achat du tableau de Manet pour l’Ashmolean Museum, ne pourra cette fois porter son investissement qu’à concurrence de £100 000.

Il est vrai que le tableau est sublime (tout Poussin est d’ailleurs sublime)! Sur les sept tableaux peints par Poussin, et acquis en 1785 par le Duc de Rutland, l’un fut détruit lors d’un incendie au Château de Belvoir au 19ème siècle et un autre fut vendu à la National Gallery de Washington au début du vingtième. Quant aux quatre restants laissés en dépôt par la Fondation des Duc de Rutland et exposés à la National Gallery de Londres, nul ne sait pour l’heure si à leur tour ils feront l’objet d’une vente.

Quelques mois seulement pour mener à bien cet appel public au financement, date couperet, le mois de novembre, sinon l’oeuvre risque de quitter le sol anglais. Alors Mesdames et Messieurs les Anglais soyez généreux … ! Pour l’heure le tableau de Poussin peut être admiré au Fitzwilliam à Cambridge.


Timothy Orpington

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