Songez, Philis, songez au temps passé.

Songez, Philis, songez au temps passé

Ce beau garçon dont vous fûtes éprise

Mit en vos mains son aimable franchise.

Il était jeune, il n’avait point senti

Ce que ressent un coeur assujetti,

Et jeune encore vous ignoriez l’usage

Des mouvements qu’excite un beau visage.

Vous ignoriez la peine et le plaisir

Qu’ont su donner l’amour et le désir

Dans les transports d’une première flamme.

Vous vous nommiez et  » mon coeur  » et  » mon âme « .


Charles de Marguetel de SAINT-ÉVREMOND (1616-1703)


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