Grotte Chauvet Pont-d’Arc: vers un Espace de restitution

Début Octobre, Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, a participé à la pose de la première main de l’Espace de restitution de la Grotte Chauvet Pont-d’Arc. La Grotte Chauvet Pont-d’Arc abrite un ensemble d’œuvres d’art exceptionnel et unique par son ancienneté, son envergure et ses multiples qualités picturales.

Un témoignage unique sur une civilisation. Découverte le 18 décembre 1994 par Jean-Marie Chauvet, Eliette Brunel et Christian Hillaire, la Grotte Chauvet Pont-d’Arc abrite un ensemble d’œuvres d’art exceptionnel et unique par son ancienneté (36 000 ans), son envergure et ses multiples qualités picturales. Les représentations iconographiques de la grotte fournissent un témoignage unique sur le développement des pratiques artistiques, sociales et probablement spirituelles des Aurignaciens, la première culture d’Homo sapiens en Europe.

La cavité se distingue également à la fois par le nombre de ses représentations (près de 1000) et par son bestiaire très original : 14 espèces différentes sont représentées, dont une majorité d’animaux dangereux (ours des cavernes, rhinocéros laineux, mammouths, félins…). Certaines représentations sont uniques dans l’art pariétal paléolithique (panthère, hibou, partie inférieure du corps féminin). Elle rassemble à elle seule la plus grande concentration de représentations de félins au monde (60% des félins recensés de l’art paléolithique mondial connu).

Ouverture fin 2014. La pose de la première main de la Grotte Chauvet Pont-d’Arc a été symboliquement réalisée le 12 octobre 2012, en présence d’Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication ; Pascal Terrasse, Président du Conseil général de l’Ardèche et Président du Syndicat mixte de l’Espace de restitution de La Grotte Chauvet Pont-d’Arc ; Jean-Jack Queyranne, Président du Conseil régional de la Région Rhône-Alpes, ancien Ministre ; Claude Benahmed, maire de Vallon-Pont-d’Arc ; Jean Clottes, préhistorien président du Comité scientifique.

L’espace de restitution de la Grotte Chauvet Pont-d’Arc ouvrira ses portes fin 2014, après 30 mois de travaux.

Sur les hauteurs de Vallon-Pont-d’Arc, le site du Razal, vaste espace boisé de 29 hectares, a été retenu pour ce projet architectural et environnemental respectueux du site. Ce site culturel exceptionnel, qui accueillera annuellement entre 300 000 et 400 000 visiteurs du monde entier, est soutenu par un investissement de 50 millions d’euros.
Lauréate du concours lancé en 2008, l’équipe d’architectes Fabre / Speller et Atelier 3A, associée à l’agence Scène pour la scénographie, réalisent cette réplique.

L’ambitieux programme comprend la construction de la grotte restituée sur 3000 m², un centre de découverte, un pôle pédagogique, un pôle exposition temporaire, un pôle événementiel, un espace restauration, services et boutiques.

Développement économique. La découverte et la restitution de La Grotte Chauvet Pont-d’Arc, le classement espéré au Patrimoine mondial de l’UNESCO, dotent ce territoire d’une notoriété nouvelle et offrent d’importantes perspectives de développement économique.

En termes d’emplois, les activités développées autour de la grotte et de l’Espace de restitution font espérer 50 emplois directs et plusieurs centaines d’emplois indirects.
Des retombées dans les domaines de l’innovation, la recherche ou l’enseignement supérieur, de l’image ou la connaissance des milieux souterrains, sont attendues pour l’Ardèche et Rhône-Alpes.

Patrimoine mondial. La Grotte Chauvet Pont-d’Arc, trésor remarquablement conservé, est un objet de recherche inestimable pour les scientifiques du monde entier. Il est également une part précieuse de notre mémoire, à préserver pour le legs aux générations futures.

L’Etat français présentera la candidature de La Grotte Chauvet Pont-d’Arc au Patrimoine Mondial de l’UNESCO en Janvier 2013, pour une décision rendue dans l’été 2014. Selon le syndicat mixte « Espace de restitution de la grotte Chauvet », la demande d’inscription a déjà reçu plus de 18.000 soutiens dans le monde.


Un patrimoine artistique incandescent

La grotte Chauvet, a été découverte en 1994. Les dernières études permettent de dater ces décors rupestres à 36.000 ans ce qui correspond à la période aurignacienne, c’est dire qu’elle est plus ancienne que la Grotte de Lascaux dont l’Abbé Breuil disait que c’était la Chapelle Sixtine de la Préhistoire. Cette grotte mesure près de 500m et sa largeur varie jusqu’à 50m. C’est la plus grande grotte préhistorique au monde. Ses parois sont recouvertes d’une multitude de dessins pariétaux représentant un bestiaire conséquent et des traces de mains. Nombre des animaux représentés sont saisis en mouvement. Les pigments sont superbes et l’état de conservation est impressionnant.

La salle dite du crâne, où furent découvert une espèce d’autel et des crânes d’ours accréditent la théorie qui envisage ces décors pariétaux non point comme une simple représentation picturale et décorative mais comme l’expression d’une expression primitive et sacrée, surnaturelle, qui trace la voie au chamanisme et au mystère non élucidé de la Création. Les périodes aurignacienne puis solutréenne nous ont laissé des objets (silex de Volgu. Musée de Chalon sur saône, ou Vénus callipyges, Vénus de Lespugues, Dame de Brassempouy Musée des Antiquités nationales de Saint Germain en Laye), véritables chefs d’oeuvre qui confortent cette interprétation.

Les expériences tirées de l’ouverture au public de grottes préhistoriques se sont révélées catastrophiques pour l’existence même ce ces lieux sublimes et uniques. En effet l’apport tant en gaz carbonique, en humidité ou en bactéries provoqué par l’afflux de visiteurs sur le milieu microcosmique ambiant de ces grottes a provoqué une acidification de l’air, un développement pathogène microbien de moisissures sur les peintures pariétales. Ce fut pour cette raison qu’il fut décidé dans les années 70 la construction d’un Lascaux Bis, c’est à dire une réplique de la grotte ouverte à la visite du public et réservant la visite de la grotte originale à l’étude exclusive des chercheurs.

Fort de cette expérience, la grotte nouvelle reconstituée, homologue de la grotte Chauvet, permettra d’instruire les visiteurs qui, n’en doutons pas, seront très nombreux à arpenter son espace, tandis que la grotte décorée, peinte et gravée voila près de 36 000 ans continuera à voir défiler, dans le silence et l’obscurité, des lionnes, des bisons, des boeufs musqués, des ours, des chevaux sauvages, des rhinocéros, des mammouths installés là depuis la nuit des temps où pourtant brillait déjà la lumière !

Pierre-Alain Lévy

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