Sous le titre « Peintures baroques flamandes aux Musées royaux des beaux-Arts de Belgique », le délicieux Musée Marmottan à Paris présente une sélection de quarante-et-un tableaux de ce qui autrefois était nommé les Pays-Bas méridionaux dans l’Espagne du Siècle d’Or.

Cette exposition a été rendu possible grâce à une collaboration avec les Musées royaux de Belgique qui ont bien voulu prêter ces inestimables toiles.

Quelques pièces illustres telles bien sûr le fameux« Roi boit» de Jordaens ou encore du même artiste un portrait de femme ou les «Miracles de Saint Benoît» de Pierre-Paul Rubens. De Van Dyck on peut admirer le «Portrait du Père Jean Charles della Faille». D’évidence les mâitres famands du paysage sont aussi admirablement représentés avec Paul Bril, Lucas van Udden, David Teniers le jeune, Jan Fyt ou Abraham Brueghel, fils de Brueghel le jeune.

Par ailleurs, toute une section de cette exposition est consacrée à ces remarquables maîtres qui ont aussi contribué à la réputation de la peinture flamande. Ainsi peut-on découvrir des peintures de Cornelis Schut, Gillis van Tilborch, ainsi qu’une toile de Karel Philips Spierinck, «Silène endormi attaché par la nymphe Eglé et des putti», nouvellement acquise par les Musées royaux de Belgique.

P-A L


Rappel historique

Le XVIIe siècle s’ouvre aux Pays-Bas méridionaux avec le gouvernement des archiducs Albert et Isabelle de Habsbourg (1598-1621). Après quarante ans de guerre de religions, le pays est à nouveau doté d’une autorité stable et de souverains en résidence. Les réconciliations avec la France (grâce au Traité de Vervins, 1598) et l’Angleterre (1604), suivies de la Trêve de Douze Ans (1609-1621) conclue avec les provinces rebelles du Nord (les Provinces-Unies), permettent à la paix de s’installer et de libérer du temps et des moyens pour relever le pays. Les arts et le commerce vont évidemment bénéficier de cette relance. Anvers est alors le principal centre culturel et économique du pays, mais Bruxelles, où demeure la Cour, attire aussi de nombreux artistes. Les archiducs sont eux-mêmes d’avides collectionneurs d’art flamand, dont ils décorent leur palais bruxellois du Coudenberg et leurs résidences secondaires de Tervuren et de Mariemont.

La mort d’Albert en 1621 signifie le retour des Pays-Bas méridionaux sous l’autorité de l’Espagne alors que la guerre de Quatre-Vingts Ans reprend. Les gouverneurs se succèdent à Bruxelles jusqu’à l’arrivée de l’archiduc Léopold Guillaume de Habsbourg (1647-1656). Le Traité de Munster signé en 1648 met fin aux hostilités avec les Provinces-Unies, mais l’Espagne et la France continuent de s’affronter. Le maintien du blocus sur l’embouchure de l’Escaut freine également l’économie locale. Néanmoins, Anvers et Bruxelles comptent encore de nombreux artistes. Parmi ceux-ci, David Teniers le Jeune deviendra le conservateur des peintures de Léopold Guillaume, grand amateur d’art. En moins de dix ans passés aux Pays-Bas, le gouverneur réunira une collection exceptionnelle d’œuvres flamandes, hollandaises, allemandes et surtout italiennes, que Teniers représentera dans une série de tableaux de cabinet.


Illustration. Jacques Jordaens (Anvers, 1593 – Anvers, 1678). «Le Roi boit». Huile sur toile, 156 x 210 cm. Acheté en 1900 à M. F. Grein, Londres


RUBENS, VAN DYCK, JORDAENS et les autres

Peintures baroques et flamandes aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique

MUSÉE MARMOTTAN MONET

jusqu’au 3 février 2013

2, rue Louis-Boilly – 75016 Paris

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h

Nocturne le jeudi jusqu’à 20h Fermé le lundi,

Métro : Muette – Ligne 9. RER : Boulainvilliers – Ligne C Bus : 32, 63, 22, 52, PC

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