« Chainsaw massacre », c’est le titre que l’on pourrait titrer en anglais sur cet on ne peut plus stupide acte de vandalisme commis sur le squelette de l’éléphant de Louis XIV exposé au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris.

Dans la nuit du vendredi 29 àu samedi 30 mars un individu s’est introduit par une fenêtre à l’intérieur du Museum et a sectionné à la tronçonneuse la défense gauche de l’éléphant exposé dans la collection célèbrissime d’anatomie comparée du musée. L’acte a été commis sans précaution ni soin.

Il apparait que ce stupide détrousseur de cadavre s’est introduit à l’intérieur du bâtiment après avoir escaladé des piques fort peu dissuasives de 25cm et brisé la vitre d’une fenêtre pour s’introduire à l’intérieur de la salle d’exposition

Le Roi du Portugal avait en 1668 offert à Louis XIV une éléphante du Congo qui avait alors vécu à la ménagerie que le roi avait fait installer au château de Versailles. À la mort de l’animal en janvier 1681 il fut décidé que l’animal serait disséqué et l’opération fut dument consignée dans un rapport de l’Académie des sciences ( Mémoires de l’Académie Royale des sciences depuis 1666 jusqu’à 1669,1673). On sait que le célèbre chirurgien Joseph Guichard du Verney, professeur d’anatomie du Dauphin, en conduisit les opérations et Philippe de La Hire en fit les dessins.

C’est donc le squeleltte de cet animal ayant appartenu au Roi-soleil qui deviendra par la suite une des attractions du Museum qui a été sauvagement profané

Le voleur a été piégé par lui-même, en effet le vacarme provoqué par la tronçonneuse a déclenché le système d’alarme. Après s’être rapidement enfui, laissant l’outil sur place, l’individu, un jeune homme âgé de 20 ans a été arrêté par la police dans une rue avoisinante et depuis placé en garde à vue. Le Museum est situé au coeur du Jardin des Plantes, au coeur du quartier latin.

Quelles motivations ont elles pu provoquer un tel acte, la valeur de l’ivoire aujourd’hui interdite de vente donc très chère ou acte insensé d’un garçon fragile, l’enquête le dira ?

Selon Jacques Cuisin responsable de la coordination des ateliers de préparation et de restauration du Muséum les défenses ne sont pas d’origine mais auraient été rapportées sur le squelette de l’éléphante et dateraient du XIXème siècle. « Le crâne est en excellent état, ce qui va permettre une restauration assez facile« , a-t-il estimé.


Le Museum a été créé par un décret de la Convention rédigé par Lakanal, en date du 10 juin 1793 (Messidor) et prenant la suite du Jardin des plantes médicinales créé par Louis XIII). La galerie de Paléontologie abritant la galerie d’anatomie comparée a été construite en 1898


Elsa Weiller


Photo d’illustration: Le Parisien


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