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La chronique littéraire d’Émile Cougut


On connait bien les films de Patrice Leconte qui nous ont faits passer de si agréables moments : « Les Bronzés», « Ridicules», » Le Mari de la coiffeuse », et tant d’autres.

On connait aussi Patrice Leconte comme humoriste, membre intermittent, en outre, de la bande à Ruquier.

Mais Patrice Leconte, est aussi écrivain. Il a écrit « Les femmes aux cheveux courts» ou « Riva Bella ».

Les éditions Albin Michel viennent de publier son dernier roman : Le garçon qui n’existait pas.

Toute l’œuvre de Patrice Leconte est placée sous le signe de l’humour, son dernier roman est toujours dans la même veine.

L’histoire est simple : Gérard (on ignore le nom de famille) est une personne totalement transparente. Quoiqu’il fasse, on ne le remarque pas. Il n’est pas timide ni même réservé, il est tout simplement transparent. Même quand il était enfant, il n’était pas rare que ceux-ci l’oublient, d’ailleurs quand ces derniers immigrent en Argentine avec ses frères et sa sœur, ils ne l’amènent pas avec eux et depuis il n’a revu personne de sa famille. Il est guichetier dans une agence bancaire avenue Arago et pas un de ses collègues ne semblent s’apercevoir de sa présence. Les clients non plus. Et quand il désarme un individu faisant un holdup, le seul qui n’est pas félicité est Gérard.

Il profite quand même de cet « avantage » en faisant des filatures pour une agence de détective privé alors qu’il aurait du se trouver derrière son guichet. Il peut passer sans payer dans les magasins et même si les détecteurs sonnent, pas un vigile ne l’interpelle.
Mais Gérard est amoureux de Victoire, très belle femme qui travaille dans la même agence bancaire que lui. Il a beau faire, il est tétanisé en sa présence et elle, sauf une fois ne le remarque jamais. Aussi décide-t-il de traverser la Manche à la nage, même s’il ne nage pas depuis des années, pour attirer son attention. Il donne rendez vous à sa belle sur la plage de Calais, se rend à Douvres et commence la traversée. Après quelques péripéties, il délire et finit par être repêché par un cargo. Pour la première fois de sa vie, on l’a remarqué alors qu’il n’était qu’un point au milieu de l’océan, aussi reste-t-il sur le bateau, certain que personne à Paris ne remarquera son absence.

Il reverra Victoire alors qu’il commencera à passer le canal de Panama, et arrivera à ce que pour une fois elle le remarque mais il continue son voyage.

Les derniers paragraphes de ce livre sont teintés de symbolisme : le passage de l’Atlantique au Pacifique est la transformation de sa vie qui continue alors qu’il laisse son passé (Victoire) sur le quai, et si on va encore plus loin, comme le canal de Panama est fait d’écluses ; il laisse son passé à la première porte qui s’ouvre à sa nouvelle vie.
Le garçon qui n’existait pas est un livre léger, plein d’humour, « une comédie à la française » comme sait si bien les faire le cinéaste Patrice Leconte.

Un livre léger, agréable à lire.

Un bon moment de lecture qui permet de se reposer l’esprit avant d’entamer un roman « dur » comme le disait Georges Simenon.

Emile Cougut


Le Garçon qui n’existait pas

Patrice Leconte

Éditions Albin Michel. 15€


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