La Chronique d’Émile Cougut .


Quitte à étonner certains fidèles de ces petites chroniques de lecture que j’écris pour Wukali, il m’arrive parfois de lire des livres qui ne me plaisent pas. Et oui, j’espère être le plus objectif possible quand je restitue mes impressions, tout en sachant que mon objectivité doit se mesurer à l’aulne de mes goûts, de mes centres d’intérêt qui me sont propres et qui ne sont donc pas ceux des autres lecteurs.

Je dois avouer que depuis bientôt trois mois que je collabore avec WUKALI, j’ai eu la chance de tomber sur des livres qui me plaisent, qui répondent à mes centres d’intérêts, à mes goûts. Bien sûr, tous ne sont pas extraordinaires et ne finiront pas, loin de là, dans de futures anthologies de la littérature mondiale, mais le plaisir que j’eu de les lire m’a poussé à n’en voir que les très bons aspects quitte, parfois, à oublier ce qui me plut moins.

Bien sûr, quand on ne lit que des nouveautés, il arrive parfois que le plaisir que l’on pensait, que l’on espérait trouver dans un ouvrage finisse par disparaitre et que les bons côtés soient gommés par les autres.

Il existe dans ma bibliothèque un rayonnage où se trouvent trois ou quatre livres : ceux que, même avec la meilleure volonté du monde je ne suis pas arrivé à finir (je refuse, même sous la torture de livrer la liste de mes somnifères), mais surtout tout un pan où je range méticuleusement, les « livres poussières », c’est-à-dire ceux que, sauf impondérable, je ne relirai pas, et surtout que je ne reprendrai sûrement jamais pour les ouvrir au hasard afin de me replonger dans l’univers de l’auteur à la seule lecture d’un paragraphe ( Le comte de Monte Christo, Crime et Châtiment, tout Voltaire ou tout Balzac, Cervantès, Shakespeare , Diderot, Le Vieil homme et la mer, Prévert et tant d’autres ne s’y trouvent pas…)

Quand Dieu était un lapin de Sarah Winman fait partie de cette catégorie. Pourtant m’objectera-t-on, déjà plus d’un million de lecteurs ont adoré ce livre. Et alors, je sais que j’ai mon goût à moi qui n’est pas celui d’au moins un million de lecteurs. Je suis très heureux pour eux qu’ils aient apprécié ce livre, mais ce n’est pas mon cas. Aussitôt lu, aussitôt oublié !

Eleanord Maud Portman dite Elly est née en 1968. Ne cherchez aucun rapport entre sa date de naissance et ce qui c’est passé dans le monde (mai 68 en France, assassinat de Martin Luther King ou le massacre des étudiants à Mexico) à cette année là : il n’y en a strictement aucun ! Elle serait née en 1967 ou en 1969, l’histoire serait la même à la virgule près.

La première partie relate un moment de son enfance avec son grand frère qui lui offre un « vrai ami » c’est-à-dire un lapin qu’elle appelle Dieu. Ne cherchez pas l’importance que peut avoir ce lapin dans sa vie future, à part le chagrin causé par son décès au quart du livre, le traumatisme sur sa personnalité est peu visible.

Donc, Dieu est mort juste après que ses parents aient gagné au loto anglais ce qui leur permet de partir en Cornouailles avec la sœur du père, lesbienne amoureuse de sa mère, à côté d’une rivière, à moins que ce ne soit la mer, c’est loin d’être très explicite. Ils transforment la maison en chambres d’hôtes ce qui leur permet d’accueillir à plein temps un dandy homosexuel, sorte de clown excentrique (bien plus drôle dans l’œuvre de Woodhouse) et une pseudo chanteuse sosie de Shirley Bassey.

La seconde partie nous montre l’héroïne à Londres, plus ou moins pigiste, mais qui n’ayant aucun problème de fins de mois, passe le plus clair de son temps entre la capitale britannique et New York où vit son frère, trader dans une institution financière et homosexuel plus ou moins neurasthénique à la recherche de son premier grand amour.
Bien sur, il travaille au centre de New York, non à la bourse, mais dans les tours jumelles. Bien sûr, il y a le 11 novembre, bien sûr il disparait ! Mais comme tout est bien qui finit bien, au bout d’une vingtaine de pages qui elles sont vraiment très émouvantes, il réapparait, ne se souvient de rien. Non à cause du choc traumatique du aux attentats mais parce que la vieille il avait été agressé. Mais, il retrouve progressivement la mémoire et son grand amour.

La grande amie d’enfance d’Elly, Jenny Penny est bien sûr la fille d’une mère célibataire qui traine sa fille de ville en ville, changeant régulièrement « d’oncles ». Elle disparait vers la fin de la première partie du livre pour ressurgir au début de la seconde, emprisonnée car elle a tué son mari en voulant se défendre contre ses coups. 9 ans de prison, je veux bien que l’action se soit passée à la fin du millénaire précédent et en Angleterre, mais heureusement que la justice évolue pour trouver des vraies circonstances atténuantes et ne punissant plus aussi durement ces vraies victimes. Mais, bon. Bien sûr, la force de leur amitié d’enfance fera que toutes les deux se retrouveront.

Voilà résumé Quand Dieu était un lapin. Un peu roman à l’eau de rose, mais quand même en mieux. Pour autant, il y a une suite de clichés parfois un peu trop lourds, les personnages sont plus qu’esquissés, ils n’ont aucune profondeur psychologique, aucun n’est vraiment attachant car trop « artificiel ».

Mais je ne veux pas être trop méchant, aussi je vous donnerai un conseil si un jour il fait beau : Quand Dieu était un lapin est un livre parfait pour lire à la plage, peu importe s’il finit avec des tâches de goûter ou d’huile solaire, si les pages sont gondolées par l’eau de mer où s’il pèse le double à cause des grains de sable qui se sont insinués entre les pages, il y a peu de chance que vous voudriez le relire !

Emile Cougut


Quand Dieu était un lapin

Sarah Winman

Flammarion. 19€90


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