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La Chronique littéraire d’Émile COUGUT.


Le chamanisme est plus connu du grand public comme une manifestation folklorique de peuplades plus ou moins sous développées ou refusant « la modernité », ou par le biais de gourous et autres mouvements liés au « New-age » et qui ne sont pour leur très grande majorité des sectes déguisées.

Le chamanisme est aussi un sujet d’études pour les ethnologues. Quelques messins savent qu’un ancien président de l’université Paul Verlaine, entré en politique, a fait sa thèse d’état sur le chamanisme.

Entre la littérature scientifique et savante et l’escroquerie intellectuelle, il existe peu d’ouvrages pour initier ou tout du moins pour avoir une première approche simple, objective, compréhensible de ce qu’est le chamanisme. Cette lacune, pour le grand public profane vient d’être en très grande partie comblée par la parution des 20 clés pour comprendre le chamanisme, la collection réunissant Albin Michel et le Monde des Religions.

Le chamanisme vient du vocabulaire des Toungouses de Sibérie orientale qui a connu une diffusion rapide au XVIII siècle. La pensée chamanique, qui connaît des déclinaisons dans le monde entier, a pour fondement l’idée que l’homme est un élément de la nature parmi tous les autres en étroite interdépendance avec eux. Pour les adeptes de cette religion, tous les éléments de la nature sont animés par des puissances invisibles, les esprits animaux, ceux de la forêt, les ancêtres, etc. Le monde visible et le monde invisible ne sont jamais séparés mais en continuelle interaction. Ce postulat a pour conséquence que le groupe ne peut subsister que s’il y a un échange continuel entre ces deux mondes dont chacun nourrit l’autre. Dans ce cadre, une maladie, un malheur n’est que la conséquence inéluctable de déséquilibres ou de transgressions commises par un ou des humains. D’où la nécessité de pratiquer des rites spécifiques pour rétablir l’équilibre et l’harmonie. Ils ne peuvent être faits que par des chamans, sorte de prêtres médecins, car ils ne sont pas sans risques pour celui qui les exécute. Il peut, dans ses voyages dans le monde immatériel, rencontrer des esprits néfastes allant même jusqu’à ne pas lui permettre de revenir dans le monde matériel

Les plantes, certains lieux, la scapulomancie, l’art, la musique sont des moyens pour les hommes de communiquer et de recevoir les messages des esprits.

Plusieurs chapitres de ce petit livre sont consacrés au chamanisme dans diverses parties du globe, montrant l’importance de cette religion : l’Amérique, l’Afrique, l’Asie. Il est dommage qu’il n’y ait rien sur l’Océanie et le chamanisme des aborigènes d’Australie.

Un livre facile à lire pour entrer dans un univers très éloigné de notre pensée occidentale.

Emile Cougut


20 Clés pour comprendre le chamanisme

Éditions Albin-Michel et Le Monde des religions. 9€90.


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