Lu dans la presse.

Christian Bourquin a annoncé vendredi soir une baisse de subventions de 3,5 millions d’euros pour l’opéra de Montpellier. A l’Agglo, Jien-Pierre Moure s’inquiète de la disparition de 250 emplois.

A l’issue du conseil d’administration de l‘Opéra-Orchestre national de Montpellier Languedoc-Roussillon du 29 mars dernier, Jean-Pierre Moure espérait enfin « sortir d’un épisode qui n’a que trop duré ». En actant le départ du directeur général Jean-Paul Scarpita après plusieurs mois de conflit social et en acceptant de compenser en partie le désengagement financier de la Région, le président de l’Agglomération de Montpellier pensait en effet repartir sur de bonnes bases pour « sauver ce magnifique outil, ce bijou, créé il y a 30 ans pas Georges Frêche« .

Vendredi soir pourtant, Christian Bourquin a annoncé en conseil d’administration que la subvention du Conseil général ne s’élèverait qu’à 500 000 euros contre les 4 millions prévus (à l’origine la Région contribuait à hauteur de 9 millions d’euros sur un budget de 24 millions). Une décision inattendue qu’il aurait justifiée par les propos tenus par Jean-Pierre Moure dans la presse mi-avril. Ce dernier a dénoncé hier « le non respect des engagements initiaux » du Conseil régional et la mise en péril de l’institution. « Dans le cas où Christian Bourquin maintiendrait sa décision, il devra porter, seul, la responsabilité, d’une part du dépôt de bilan de l’association qui gère l’Opéra et l’Orchestre et d’autre part la perte de 250 emplois », prévient le président de l’Agglomération qui exige qu’un nouveau CA se tienne dans les dix jours.

Il est vrai que la tension est grande entre les deux présidents, notamment autour de la question de l’éviction de Jean-Paul Scarpita, soutenu face à ses détracteurs par la Région mais poussé vers la sortie par une Agglo pressée de mettre fin aux « tensions humaines paralysantes ». Cela justifie-t-il « de condamner à mort une entreprise », s’interroge François Charles Noury, porte-parole de l’intersyndicale qui a obtenu le départ du directeur général. « C’est totalement surréaliste, commente-il. Nous avons le sentiment que Scarppita est vraiment un pantin dans l’argumentaire et qu’en fin de compte ça fait longtemps que le Conseil régional veut retirer ses subventions. »

A la Région, on explique plutôt cette décision comme un coup de pied dans la fourmilière face à la lenteur des changements réclamés, notamment le passage de l’opéra sous le statut d’EPCC (établissement public de coopération culturelle). Le président du conseil d’administration Christian Ramette a d’ailleurs démissionné de son poste vendredi soir au cour de la réunion, remplacé par Bernard Serrou, que la Rgéion « reconnaît comme une personne qualifiée », en tant que président intérimaire.

Il est certain que la réaction épidermique de Jean-Pierre Moure hier devrait provoquer une nouvelle réponse de la part de Christian Bourquin. D’ici le nouveau conseil d’administration pour l’instant fixé pour dans quinze jours, la situation pourrait donc évoluer. Dans le cas contraire « il faudra assumer, politiquement, d’être celui qui a détruit une institution qui a mis 30 ans à se monter et qui est reconnue nationalement et internationalement », prévient François-Charles Noury.

Marine Desseigne

La Marseillaise/ L’Hérault du jour.com


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