Metz au sommet, une semaine d’événements, voici une semaine princière où l’esprit et l’art triomphent et qui a pour théâtre la ville de Metz.

Mardi 28 mai. Conférence de l’écrivain israélien Aharon Appelfled à Saint-Pierre aux Nonnains à l’occasion de la sortie en librairie de son dernier livre « Les eaux tumultueuses ».

Aharon Appelfeld est ce merveilleux écrivain de langue hébraïque que la France a découvert par le Prix Médicis Étranger en 2004. Depuis, quatre traductions ont permis au public français de prendre conscience de l’immensité de cet écrivain qui vit à Jérusalem. C’est l’écrivain israélien le plus traduit dans le monde. Sa tristesse profonde, liée à un humour féroce et à une recréation de la langue hébraïque acquise grâce à Martin Buber et Samuel Agnon, en fait l’un des grands témoins d’aujourd’hui. Être juif, et être écrivain cela n’est pas une rareté, loin de là. Mais l’écrivain Appelfeld est celui qui ne veut pas apporter de réponses mais poser principalement des questions.

Pendant près de deux heures, dans le cadre émouvant de l’église Saint Pierre aux Nonnains, il a répondu aux nombreuses questions, évoquant son enfance, il est né le 16 Février 1932 à Czernowitz en Bucovine, partie alors de l’empire Austro-hongrois, (l’actuelle Cernovcy ukrainienne), ses parents juifs laïques et ses grands-parents très pieux avec qui il parlait en Yiddish, puis l’assassinat de sa mère au tout début de la guerre, sa séparation dans un camp d’avec son père qui sera tué, sa fuite puis son séjour dans un forêt où il vit parmi un groupe de très dangereux bandits, la lie de la lie, son existence menacée au quotidien, son errance, puis son arrivée en Palestine, il a 11ans. Déstructuré, il se ressource dans l’étude de l’hébreu, refusant de parler l’allemand, la langue dans laquelle il a été élevé mais aussi la langue des assassins. Écrire pour lui c’est comme chanter et la musique est inséparable de l »écriture.


Je n’ai pas l’impression d’écrire sur le passé. Le passé en lui-même est un très mauvais matériau pour la littérature. La littérature est un présent brûlant, non au sens journalistique, mais comme une aspiration à transcender le temps en une présence éternelle.

Comme Milan Kundera, Aharon Appelfeld est un écrivain au-delà de l’histoire, et il ne s’occupe que des hommes et de leurs relations entre eux, leur vie, leurs amours, leurs souffrances. Sans donner des leçons de morale, il témoigne aussi bien sur le mal dans le monde, que sur l’amour qui le sauve.

Appelfeld semble la fusion miraculeuse de Kafka et de Proust. Mais il y a en lui tout autre chose: une naïveté, une innocence d’écriture. Son écriture apparemment simple fait toujours écho à l’enfant qui est en lui, qui ne l’a jamais quitté, et lui a permis de survivre.

Gil Pressnitzer dans Esprits nomades

Aharon Appelfeld a été invité à Metz par « Littérature et Journalisme »


Vendredi 31 mai.à L’Arsenal, les grandes scènes internationales se l’arrachent… Il s’appelle Boris Berezovsky, il est pianiste.

Une fulgurance, une puissance, une sacrée personnalité il interprétera avec l’Orchestre national de Lorrraine le concerto pour piano n°3 en ré mineur op. 30 de Rachmaninov.

En seconde partie de programme l’ONL jouera la symphonie n°15 de Dimitri Chostakovitch


Vendred 31 mai, Samedi 1er et dimanche 2 juin le Ballet de l’opéra-Théâtre de Metz métropole se met à l’heure espagnole et rend hommage à Manuel de Falla

Nuit dans les jardins d’Espagne. chorégraphie de Laurence Bolsigner. avec Charlotte Cox et Gleb Lyamenkoff

Une créativité et un regard original où l’éternel jeu de la séduction et de l’amour prend des allures de défi clanique. Un travail, une gestuelle, une fine sensibilité lovée dans un érotisme brûlant et contenu tout à l’honneur de Laurence Bolsigner et des danseurs du ballet de l’opéra-Théâtre de Metz-Métropole

L’Amour sorcier ( El Amor brujo). Chorégraphie de Thierry Malandain, Ballet Biarritz. avec Solène Burel et Gleb Lyamenkoff

Thierry Malandain, indubitablement inspiré par les peintures de la Renaissance italienne met en scène les deux danseurs principaux, (Solène Burel et Gleb Lyamenkoff) dans une presque nudité magnifique tels Eve et Adam chassés du Paradis terrestre, ils s’attirent, s’enlacent et se fuient dans des mouvements scandés par le rythme lancinant de la musique.

Chaque danseur devient statue sous la caresse des lumières sur les bustes, et se transforme en chef d’oeuvre de Michel-Ange ou de Rodin par une exaltation somptueuse des corps. La célèbre Danse du feu par la sauvagerie primale des sens qui rappelle quelque peu le Sacre du printemps de Stravinsky inspirée des effets de voiles de Loïe Fuller et exaltée par les chants gitans porte la passion jusqu’à son acmée. On appréciera le beau travail sur les éclairages et le raffinement des costumes.

Deux fort belles chorégraphies imaginatives, élégantes et soignées


Une semaine éblouissante avec ce petit supplément d’âme qui rend plus fort

Pierre-Alain Lévy


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