History of the French anthem


Tandis que l’on s’apprête à célébrer l’Armistice du 11 novembre 1918, petit retour sur l’histoire de la Marseillaise.


Dans la ville de Strasbourg, une plaque commémorative est apposée sur l’actuel immeuble où est installée la Banque de France. C’est dans ce même immeuble que résidait alors en 1792 le baron Frédérich de Dietrich alors maire de la ville, et où fut créée La Marseillaise.

Le 24 avril 1792, à l’occasion de l’entrée en guerre contre les Austro-Prussiens, de Dietrich organise une fête patriotique suivie d’une réception à laquelle assiste un jeune capitaine du Génie, né en 1760 à Lons-le-Saulnier, Claude Joseph Rouget de Lisle.

Le premier magistrat de la ville propose au jeune officier de composer un chant pour accompagner la marche des Volontaires de l’Armée du Rhin. «Monsieur de Lisle, lui dit-il, vous qui parlez le langage des dieux, vous qui maniez avec succès la lyre d’Orphée, faites-nous donc quelque beau chant pour ce peuple soldat qui surgit à l’appel de la Patrie, et vous aurez bien mérité de la Nation.»

En rentrant chez lui, Rouget de Lisle a l’attention attirée par une affiche placardée sur les murs de la ville et dont le texte commence ainsi: «Aux armes, Citoyens! L’étendard de la guerre est déployé !». De retour chez lui, il compose toute la nuit avec exaltation:« Les paroles me venaient avec l’air, l’air me venait avec les paroles; mon émotion était au comble, j’étais comme animé d’une fièvre ardente», dira-t-il plus tard !

Le lendemain, il fait entendre l’œuvre à l’un de ses amis, le lieutenant Masclet, qui, enthousiasmé, apporte les dernières retouches. Puis le jeune capitaine poète se rend chez le Maire, dont l’ accueil est aussi chaleureux. Une invitation est lancée le soir même à plusieurs personnalités.

Au cours du dîner, accompagné par le compositeur et une des dames invitées au clavecin, le Maire Dietrich (1), qui était un bon ténor, entonne pour la première fois le Chant de Guerre pour l‘Armée du Rhin. (et non point Rouget de Lisle comme on le voit par erreur dans le tableau d’ Isidore Pils (musée des beaux-arts de Strasbourg, photo d’illustration de l’article)

La composition produit une forte impression sur l’ auditoire et le 29 avril la Garde Nationale joue l’ œuvre sur la Place d’armes (actuelle Place Kléber) pour accueillir les Volontaires du Rhône et de la Loire

L’ hymne se répand bientôt dans différentes régions grâce à des voyageurs. Il est chanté en juin par l’un d’eux, un provençal du nom de François Mireur, lors d’une réunion patriotique à laquelle assistent de nombreux marseillais. Il est médecin de son état, membre très actif d’un de ces clubs des Amis de la constitution, il deviendra par la suite chef d’état-major de Bernadotte et du général Bonaparte. Le lendemain, jour de départ des Volontaires pour Paris, le texte est publié par le Journal des départements méridionaux. Tout au long de la route vers Paris, les Volontaires marseillais, auxquels on a distribué des feuillets, chantent l’ œuvre de Rouget de Lisle, qui prend son nom définitif de La Marseillaise. Elle sera bientôt propagée dans l’ Europe entière par les armées de la république et sera adoptée par la Convention le 14 Juillet 1795 ((26 messidor an III). Sous l’Empire, à partir de 1804, il lui sera préféré Le Chant du départ et l’oeuvre ne reviendra en grâce qu’en 1830 sous Louis-Philippe.

Hélas, le destin de Rouget de Lisle ne fut pas à la hauteur du succès de son œuvre, car s’il échappa de justesse à la guillotine après Thermidor- à la différence du malheureux Dietrich, il mourut (1836), alors que La Marseillaise était jugée séditieuse et retombait dans une période d’ oubli dont seule la Troisième République devait bien plus tard l’extirper. Le capitaine poète ne connut jamais le succès universel de son œuvre.

Celle-ci, bien plus qu’un chant révolutionnaire, bien plus qu’un hymne national, est un hymne universel à la Liberté. Et ce n’est pas étonnant qu’ il ait ressurgi, chaque fois que la Liberté était à nouveau menacée ou bafouée par la poigne sanglante de la tyrannie, sur les barricades de 1848 mais aussi durant la Grande Guerre de 1914-1918 ; une célèbre scène du film de Jean Renoir, La Grande Illusion (1937), l’ exprime avec une force émotive extraordinaire. Une scène comparable a lieu, avec une action décalée durant la deuxième guerre mondiale dans le film Casablanca (1942) de Michael Curtiz avec Humphrey Bogart, Paul Henreid, et Ingrid Bergman. Dans un autre film précisément intitulé La Marseillaise et datant de 1938, Jean Renoir la met en scène, alors que de sinistres bruits de bottes se faisaient entendre en Europe.

L’hymne national français fut adapté par de nombreux compositeurs classiques( Gossec, Berlioz, Verdi (Hymne des Nations), Rossini, Schumann, Elgar, Tchaïkovski (Ouverture 1812), Kodaly, Chostakovitch (musique du film New Babylon), de jazz ( Django Reinhardt) ou de variété Serge Gainsbourg, les Beattles, et bien d’autres encore !

Le sculpteur François Rude glorifie La Marseillaise par un bas relief qui orne le pilier droit de l’Arc de triomphe (côté avenue des Champs-Élysées)

Pour l’écrivain et historien écossais Thomas Carlyle (1795-1881) La Marseillaise est restée « le chant qui fait bouillir le sang dans les veines, qu’on chante avec des pleurs et du feu dans les yeux, avec un cœur bravant la mort »

Marc Lazar


Marc Lazar est docteur en médecine et ancien président de l’ Orchestre d’Harmonie de la Ville de Bouzonville(O.H.V.B.) et du Conservatoire municipal de Musique Jean Marie Georgin



ÉCOUTER VOIR

La Marseillaise chantée par Roberto Alagna


Texte de La Marseillaise

Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L’étendard sanglant est levé, (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Égorger vos fils, vos compagnes !

Refrain :

Aux armes, citoyens,
Formez vos bataillons,
Marchons, marchons !
Qu’un sang impur
Abreuve nos sillons !

Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (bis)
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !

Refrain

(dit couplet des enfants)
Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n’y seront plus,
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus (bis)
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre


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