Kings of France’s deaths. Interesting studies along centuries written by numerous and all famous historians


La chronique d’histoire de Félix DELMAS.


19 monarques, la mort de 19 monarques est décrite dans ce livre. J’ai bien écrit monarque, car dans cette liste se trouvent deux empereurs, un roi devenu empereur (Charlemagne) et donc 16 rois, mais tous ont régné sur la France, enfin la France telle qu’elle était à l’époque de leur règne. Chacun fait l’objet d’un article d’une vingtaine de pages écrit par un historien spécialiste de la période et du monarque concerné. Pour les amateurs de biographies royales, c’est un vrai plaisir de retrouver Jacques le Goff pour Saint Louis ou Jean-François Solon pour Henri III. Ce qu’ils écrivent nous l’avons déjà lu, mais une « piqûre de rappel » est toujours bénéfique surtout quand elle est donnée avec talent.

Les Derniers jours des rois est l’occasion, pour chaque auteur, de faire un bref, et généralement brillant, résumé de l’action du monarque concerné, ou des conséquences de sa mort. A chaque fois, nous tournons une page de l’histoire de France en commençant par Charlemagne dont nous honorons cette année le 1 200 anniversaire de sa mort (ceci n’étant qu’un petit « clin d’œil » à l’administrateur en chef de Wukali qui a l’intelligence chaque année de nous rappeler que l’histoire, la culture sous toutes ses formes ont aussi été faites par des hommes dont il faut conserver la mémoire).

Les travaux des égyptologues ont montré que la mort du pharaon était redoutée car ouvrant une période d’incertitude que les ennemis de l’empire mettaient à profit pour l’agresser (par exemple la guerre déclenchée à la mort de Ramsès II et l’affirmation du pouvoir de son fils Merenptah). Au début de la royauté, il en été de même en France. Bien sur à la mort des monarques morts en exil comme les Napoléon, Charles X ou Louis-Philippe, ce problème ne se posait pas, la France avait un gouvernement jugé comme légitime aussi bien à l’intérieur que par les autres pays, mais, à la mort d’Hugues Capet, s’il n’avait pas associé son fils Robert au pouvoir, nul ne sait qui serait monté sur le trône « des Francs ». Si la succession par progéniture mâle nous semble une évidence, cela ne l’était pas à l’origine de la royauté. Charlemagne et les premiers capétiens, jusqu’à Philippe-Auguste prenait soin d’associer leur fils ainé au pouvoir de leur vivant, ce qui évitait bien des problèmes dans une société où, à la base, la royauté était élective.

Certains articles peuvent laisser le lecteur tout au moins interrogatif : soit les circonstances du décès du monarque concerné sont peu connues, voire ignorées par manque de sources, mais leur mort n’a pas entrainé des troubles particuliers ou des problèmes juridiques nouveaux (par exemple Charles V ou Louis XI) et l’on ne peut que regretter, vu les analyses de certaines contributions comme pour Henri III, que la mort de Charles IV (qui a vu l’apparition de la loi salique, une des causes de la Guerre de 100 ans), voire de Jean I, ne fassent l’objet d’aucun article. Leur décès a ouvert des périodes d’incertitudes ou l’apparition de nouvelles règles de dévolution du pouvoir assurant sa continuité.

La mort de certains monarques est connue et a fait l’objet de dizaines de contribution. Les derniers jours, les dernières minutes de Louis XVI ou de Napoléon Ier ont été décrites à d’innombrables reprises. Mais vu l’importance de ces monarques dans l’histoire de France leur présence dans ce livre est une évidence.

La préface de Patrice Gueniffey est très intéressante. La théorie du « double corps » du roi (le politique et l’humain) est parfaitement exposée, bien que, de fait, elle ne concerne que ceux qui sont morts quand ils régnaient encore. L’évolution du cérémonial des funérailles est parfaitement expliquée, la « mise en scène » de la mort, voulue par le roi (Louis XIV) ou par les mémorialistes (Henri III), et sa signification font l’objet d’une analyse poussée, du moins quand ce fut possible (Henri IV est mort trop vite). Mais de fait, elles sont loin d’être une constante et surtout ne sont le reflet de l’idéologie de l’époque : le Roi est plus qu’un homme : c’est un symbole. Aussi la mort de Louis XV, en quelque sorte, est beaucoup plus « humaine »…

Le Roi, n’est pas un homme comme un autre, surtout en France où son statut « d’oint du Seigneur » lui confère dans la société une place particulière. Mais c’est aussi un homme, un homme, comme tous les autres, seul face à la mort. Un homme qui pense, dans une société totalement chrétienne, à son salut. Au-delà des deux corps du roi, les 19 monarques qui font l’objet d’un article se comportent comme des hommes, des hommes en totale symbiose avec « l’idéologie » de leur époque.

Les Derniers jours des rois est un livre, malgré certains oublis, qui développe l’évolution de l’image de la royauté, à travers ses titulaires, sur plus d’un millénaire.

Félix Delmas


Les Derniers jours des rois

Sous la direction de Patrice Gueniffey

Georges Minois, Laurent Theis, Laurent Feller, Jacques Le Goff, Philippe Contamine, Jacques Heers, Didier Le Fur, Jean-François Solnon, Jean-Pierre Babelon, Françoise Hildesheimer, Jean-Christian Petitfils, Simone Bertière, Patrice Gueniffey, Thierry Lentz, Daniel de Montplaisir, Jean-Paul Bled, Arnaud Teyssier et Eric Anceau

Éditions Perrin Histoire 19,90 €


ÉCOUTER VOIR

Mort de Louis XVI, lundi 21 janvier 1793


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