« The Sky and the sea », three lectures by Alain Corbin, historian, emeritus Professor at Paris University.


Le ciel et la terre


Alain Corbin
La chronique de Félix DELMAS


On connait Alain Corbin, cet historien professeur émérite à l’Université Paris-I qui est un des spécialistes mondiaux de l’histoire du sensible et des sens. Pour ceux qui ne l’on pas encore fait, il est urgent de lire «La douceur de l’ombre» sur les perceptions des arbres, mais aussi« L’Harmonie des plaisirs» ou «Le Miasme et les jonquilles» ce brillant essai sur l’odorat et la représentation sociale aux XVIII et XIX siècles.

Ce grand historien a tenu une série de trois conférences à la Bibliothèque Nationale de France en 2014 que les éditions Champs histoire viennent de publier sous le titre : «Le ciel et la mer ».

Trois conférences, trois thèmes : le climat, la mer, l’eau. Il les aborde en historien, c’est-à-dire qu’il brosse les rapports que l’homme, depuis le début de l’humanité a eu avec les variations climatiques, avec la mer et plus exactement avec la mer vue du rivage, avec l’eau aussi bien douce que vive, stagnante que salée. A chaque époque, ce rapport est différent. Il évolue au gré des temps, des civilisations, de l’état de la science, des mythes, des peurs, etc. Les bains de mer, par exemple, furent d’abord à but thérapeutique avant de devenir ludique. Pour autant, même au XIX siècle, ils pouvaient être festifs comme au Pays Basque.

L’influence du temps sur l’humeur personnelle a fait l’objet de nombreuses descriptions depuis longtemps. Il suffit de lire certaines lettres de Madame de Sévigné. Et le calendrier révolutionnaire, avec le nom des mois, des jours montre bien la volonté de l’époque d’inscrire la vie quotidienne dans le rythme du temps, de la nature. La luminothérapie n‘est que le dernier avatar d’une longue suite d’études médicales sur l’influence du soleil sur la santé. Quant à l’eau, autant elle peut être bienveillante, porteuse de vie, autant elle peut transporter une mort invisible. Une source dans la mythologie grecque est toujours représentée par une nymphe gironde, sensuelle, généreuse. Un marais avec son eau stagnante est souvent perçu comme une forme une porte des enfers avec ses feux follets. Toutes les descriptions du paradis, placent une fontaine (de l’eau pure, courante) en son centre mais aucune ne fait mention à une mer (l’eau salée, impropre à la consommation).

Alain Corbin nous livre ici une vision du rapport de l’homme avec la nature que nous avons peu l’habitude de lire. Ce ne sont que des conférences, aussi chacune doit suivre un format assez court, trop court pour certain. Mais rien n’empêche le lecteur de se reporter aux auteurs, aux chercheurs auxquels l’auteur fait référence.

Félix Delmas


Le Ciel et la mer

Alain Corbin

Éditions Champs Histoire. Flammarion.6€


Illustrations de l’entête: Alain Corbin. photo France Culture


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