When in the 19th century, Lord Elgin was shopping on Parthenon hill in Athens


La chronique de Pierre-Alain LÉVY.


Lord Elgin a depuis belle lurette fait oublier dans la mémoire des Grecs, la personnalité solaire de Lord Byron et son sacrifice à leur cause. Si ce dernier est mort sur les ruines de Missolonghi, comme le glorifie Delacroix, en se battant contre les Turcs pour l’indépendance de la Grèce, les sublimes métopes du Parthénon pillées par Lord Elgin et depuis présentées au British Museum à Londres ne cessent d’envenimer les relations entre les deux capitales. Athènes réclame jusqu’à présent en vain, la restitution de son patrimoine inaliénable.

Objectivement, le moins que l’on puisse dire, la pratique de lord Elgin fut en son temps pour le moins délictueuse, et cet usage de la force diplomatique pour piller les trésors artistiques d’un pays en état de faiblesse ( à savoir la Grèce), au prétexte d’intentions généreuses fut à l’origine d’un néologisme: l’elginisme.

Mais rendons à César ( enfin quand j’écris « rendons »…), n’oublions pas qu’un certain de nos fameux écrivains français, devenu ministre de la culture du Général de Gaulle, avait au temps de sa prime jeunesse lui aussi pillé un patrimoine artistique, celui d’Angkor la capitale du royaume Khmer, il s’appelait André Malraux, et l’on pourrait poursuivre… ( ce dernier terme étant au demeurant plutôt cocasse !)


Mais revenons à nos statues du Parthénon, voila que la dispute reprend force depuis que l’on a appris que certaines d’entre elles feraient partie de l’exposition consacrée au Corps grec et qui doit se tenir le printemps prochain dans ce même British Museum.

Les autorités grecques utilisent avec finesse plusieurs arguments juridiques mis en avant par les anglais pour exhiber ces chefs d’oeuvre et les retournent en leur faveur. Le premier d’entre eux est la gratuité. En effet pour tout visiteur du musée londonien l’ensemble du Parthénon peut être admirer gratuitement sans avoir à acheter un billet d’entrée. Et c ‘est l’argument britannique philanthropique jeté en pâture pour continuer à exposer ces oeuvres. En revanche dans le cadre de la prochaine exposition thématique 2015 qui se tiendra dans cette extension du British, la galerie Sainsbury, et consacrée au Nu grec, le visiteur devra payer un droit d’entrée, donc transgresser l’esprit du «modus vivendi» initial ! Quelques statues du Parthénon devant constituer le coeur même de l’exposition à venir.

Le second argument est tout à la fois d’ordre archéologique et symbolique souligné par les historiens de l’art. Ces métopes et autres statues du Parthénon, forment un ensemble unique, et il est invraisemblable d’en séparer quelques éléments que ce soit.

Dans ce débat, les responsables du British Museum marchent sur des oeufs, c’est le moins que l’on puisse dire, et à lire dans la presse anglaise leurs commentaires gênés, l’on pourrait peut-être penser le temps prochain d’une restitution de ces ineffables trésors afin qu’ils retrouvent Athènes et leur colline si chère à Périclès, chiche !

Pierre-Alain Lévy avec Timothy Orpington, correspondant de Wukali à Londres.


WUKALI 04/07/2014


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